La chute des rendements obligataires en août passe à l’histoire et plombe les actions

Faits saillants

  • L’effondrement des rendements obligataires s’est poursuivi au cours d’une période marquée par la valse-hésitation des discussions commerciales.
  • La courbe de rendement s’est inversée pour la première fois depuis 2007.
  • Les rendements des actions canadiennes étaient nuls, tandis que les marchés américains, mondiaux
  • Dans le secteur des matériaux, la montée des cours aurifères a alimenté les gains des actions canadiennes.

Le grand titre pour les marchés financiers portait sur l’effondrement des rendements obligataires, qui se poursuivait sur fond de menaces commerciales et de gazouillis du président des États-Unis. Le taux des obligations à 30 ans du Trésor américain est passé sous la barre des 2 % pour la toute première fois, soulevant ainsi la crainte d’une récession économique à venir. La volatilité s’est accentuée et un climat d’aversion au risque s’est installé, avec pour effet de faire monter les rendements des titres à revenu fixe et d’affaiblir les marchés des actions.

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Les rendements des titres à revenu fixe défient l’ordre établi

Le 21 août, la courbe de rendement mesurant l’écart entre le taux 10 ans et le taux 2 ans s’est inversée (ce qui signifie que les obligations du Trésor américain à 10 ans se sont négociées à un niveau plus bas que leurs équivalentes à 2 ans) pour la première fois depuis 2007. Les notions économiques traditionnelles suggèrent qu’une courbe de rendement inversée peut être annonciatrice d’une récession (reportez-vous au bulletin Sous la loupe de GLC : La courbe de rendement inversée), comme c’était le cas en 2008 – 2009. Une attention accrue des médias sur cet événement dans les marchés financiers n’a fait qu’augmenter l’aversion au risque déjà présente avec l’exacerbation, tout au long du mois, des inquiétudes liées aux différends commerciaux et à la croissance mondiale. Tournant le dos aux occasions de revenu, les investisseurs se sont rués vers les obligations dans une volonté de préservation du capital. Ainsi, les investisseurs en titres à revenu fixe canadiens ont obtenu un rendement de près de 2 % pour le mois, contre des rendements nuls au Canada et négatifs à peu près partout ailleurs au chapitre des actions mondiales.

La dichotomie entre le recul des rendements obligataires au mois d’août et les conditions économiques générales est absolument étonnante. À l’échelle macroéconomique canadienne, un taux d’inflation ferme, des ventes au détail solides attribuables à la plus forte croissance des salaires depuis dix ans (4,5 % sur douze mois) et une croissance du PIB meilleure que prévu entraîneraient normalement une hausse des rendements. Par conséquent, le rapport prospectif entre le risque et le rendement qu’offre le marché obligataire, surtout sous l’angle des gains en capital, nous paraît contraire à de nombreux avis traditionnels quant aux rendements des titres à revenu fixe. Des gains considérables pour le mois et des gains de 8,7 % pour l’année à ce jour (à la fin d’août) ne sont pas la norme; il faut donc prévoir un mouvement compensatoire de recul au cours des prochains mois.

Dynamisé par l’or, le marché des actions canadiennes en tête de peloton au mois d’août

Le marché des actions canadiennes a mieux fait que le marché des actions américaines (indice S&P 500), le marché des actions des pays développés du monde (indice mondial MSCI) et le marché des actions des pays émergents (indice MSCI Marchés émergents) pour la simple raison que seul le marché canadien est demeuré en territoire positif au cours du mois (avec une maigre hausse de 0,2 %), tandis que les autres ont essuyé des pertes plus importantes de 2,0 %, de 2,1 % et de 2,7 % respectivement. Sept des onze secteurs canadiens ont enregistré des rendements positifs. Le secteur des matériaux (près de 12 % de la pondération de marché de l’indice S&P/TSX) a fait la joie des investisseurs canadiens, grâce à la hausse des cours aurifères (de 7,1 % pour le mois, s’établissant à 1 529,31 $) dans un contexte de fuite vers les valeurs refuge. Des secteurs plus petits comme ceux des biens de consommation de base (p. ex. vente de détail d’aliments), des technologies de l’information (Shopify a fait des gains de plus de 20 %) et des services aux collectivités, secteur axé sur les rendements, ont affiché de solides rendements de moins de 10 % au cours du mois et contribué à la bonne tenue de l’indice S&P/TSX. Les reculs qui ont pesé sur le marché canadien pendant la période étaient attribuables à trois secteurs de forte taille. Les secteurs de l’énergie et de l’industrie ont essuyé des pertes s’expliquant surtout par la chute des cours pétroliers, tandis que les secteurs liés aux transports (précisément la fabrication d’avions, de trains et de voitures) ont subi une baisse prononcée de leurs cours. Les actualités ont braqué leurs feux sur le secteur de la finance, qui a publié des résultats partagés et fait état de cibles ratées quant à la croissance des bénéfices, ce qui s’est traduit par une variation nette de -2,7 % pour ce secteur. Ainsi, la Banque Nationale et la Banque de la Nouvelle-Écosse ont battu les prévisions de bénéfices, BMO les a ratées et TD a publié des résultats conformes aux attentes. Les cours bancaires ont réagi aux nouvelles comme il fallait s’y attendre, avec de vigoureux gains de 4,6 % et de 3,5 % pour la Banque Scotia et la Banque Nationale respectivement, puis avec une forte baisse pour BMO qui a tiré la moyenne vers le bas. La bonne nouvelle pour les investisseurs, c’est que RBC, Banque Scotia et CIBC ont toutes opté pour une hausse de leur dividende. Du côté de la santé, les actions liées au cannabis ont poursuivi leur trajectoire en dents de scie, retranchant les rendements enregistrés plus tôt cette année aussitôt qu’ils avaient été obtenus et plaçant le secteur à la fin du peloton, compte tenu d’un rendement de -13,0 % pour le mois.

Le marché des actions américaines a redonné le plus clair des gains enregistrés plus tôt au cours de l’été. Trois personnes influentes ont donné aux marchés des actions d’amples raisons de faiblir : le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell a formulé des commentaires qui ont frustré les attentes des marchés quant à de nouvelles baisses de taux tandis que les présidents Trump et Xi se sont engagés dans des échanges protectionnistes au coup pour coup en matière de commerce. Ne souhaitant pas faire bande à part, l’Europe a vu ses tensions politiques continuer de peser sur les marchés. À preuve, les actions européennes ont peiné à enregistrer des résultats hebdomadaires vigoureux tout au long d’un mois où les progrès dans le dossier du Brexit ont créé le malaise tant dans les rencontres du G7 que dans le rendement des actions du Royaume-Uni.

Le souhait d’un retour à la normale

La fin de l’été sonne la reprise de la routine – les enfants retournent sur les bancs d’école et les parents reprennent le chemin du boulot. Revenir à une situation que l’on connaît bien a quelque chose de réconfortant. Tandis que les marchés risquent de faiblir en réaction aux politiques débattues à coup de gazouillis (ou encore à la tendance qu’ont les médias d’insister sur les scénarios les plus sombres), la confiance des investisseurs, elle, peut continuer de s’épanouir. En sachant que leurs programmes de placement gérés par des professionnels sont élaborés de manière à résister aux variations des marchés, les investisseurs sont à même de récolter les avantages à long terme d’une bonne diversification et d’une harmonisation avec leur niveau de risque et leur horizon de placement.

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