Les marchés rebondissent, l’attention se portant sur la « nouvelle réalité » du monde d’après la pandémie

Faits saillants

  • Les marchés mondiaux d’actions et d’obligations ont fortement rebondi sous l’effet des programmes de relance des banques centrales et des gouvernements.
  • Les rendements des obligations souveraines se sont stabilisés; les écarts de taux des obligations provinciales et de sociétés ont commencé à se resserrer, ce qui a permis aux obligations de la catégorie investissement d’enregistrer des gains importants.
  • Les cours pétroliers se sont effondrés, la demande mondiale se heurtant à un mur avec la suspension de nombreuses industries et des voyages à travers le monde.
  • Les gouvernements ont commencé à dévoiler leurs plans de déconfinement pour l’après-pandémie, offrant ainsi un aperçu de la « nouvelle réalité ».

Le mois d’avril a été marqué par une forte progression des marchés mondiaux des actions et des obligations, sous l’effet des mesures de relance budgétaires et monétaires et du ralentissement apparent de la propagation de la COVID-19. 

L’indice S&P 500 a mené le peloton pour les marchés boursiers mondiaux avec un spectaculaire rebond en avril, enregistrant un gain de près de 13 %, ce qui représente sa meilleure performance mensuelle depuis janvier 1987. L’indice composé S&P/TSX général du Canada suivait de près, enregistrant lui aussi un rendement à deux chiffres. D’importantes disparités ont été observées entre les différents secteurs au Canada. Le secteur des matériaux a ouvert la voie, affichant une hausse de 33 %, grâce aux résultats solides des producteurs d’or. Le secteur des technologies de l’information est arrivé en deuxième position, en hausse de 29,3 %, après une augmentation de 50 % au cours du mois de sa position dans Shopify, société facilitant le commerce en ligne. La valeur de Shopify a augmenté de 70 % depuis le début de l’année et celle-ci est désormais la troisième société ouverte en importance au Canada, derrière la RBC et la TD. Le grand secteur canadien de l’énergie (qui représente toujours 13,5 % de l’indice) a connu une hausse impressionnante (près de 13 %) en regard de la quasi-implosion des prix du pétrole à la mi‑avril.

Pour voir le rapport complet, avec la totalité de ses sections, tableaux et diagrammes, veuillez consulter le document PDF ci-joint, figurant à la fin de cet article.

Les obligations ont bénéficié des mesures des banques centrales

Les actions et les obligations ont rebondi avec l’afflux de liquidités des banques centrales, ce qui a contribué à faire monter le prix de presque tous les actifs. En avril, les rendements obligataires se sont stabilisés, et les écarts de crédit ont recommencé à se resserrer après l’évolution spectaculaire des rendements des obligations souveraines en mars. Enfin, les marchés sont passés d’un état de panique, où « l’argent liquide (et seul l’argent liquide) est roi », à une perspective où les titres à revenu fixe dans leur ensemble ont un effet stabilisateur. Les produits de crédit, comme les obligations de sociétés de la catégorie investissement, ont été ajoutés aux nombreux achats d’obligations par les banques centrales. Les titres de créances de sociétés américaines de bonne qualité battent de nombreuses autres grandes classes d’actifs mondiales en offrant des rendements supérieurs de plus de trois écarts types à leur norme, enregistrant des rendements de trois écarts types au-dessus de la moyenne.

Qu’est-il arrivé aux cous pétroliers?

Le 20 avril 2020 restera dans les mémoires comme le jour où le West Texas Intermediate (WTI), indicateur le plus commun des cours du pétrole en Amérique du Nord, a chuté de 50 dollars en deux heures – un autre événement historique qui s’ajoute aux nombreux autres qui se sont produits jusqu’à présent pendant la crise COVID-19. À la fin du mois d’avril, les cours pétroliers ont subi une diminution spectaculaire de près de 69 %. 

La dynamique entre offre et demande était déjà fragile pour les marchés mondiaux du pétrole au début de 2020. D’autres mauvaises nouvelles pour les cours pétroliers sont ensuite venues de la Chine au début du mois de janvier. La situation a empiré à mesure qu’ont été mises en place les interdictions de voyage, les fermetures de frontières et les mesures de confinement, qui ont entraîné la chute brutale de la consommation de pétrole. Ce qui était un léger déficit de l’offre mondiale à la fin de 2019 (c’est-à-dire plus de demande que d’offre) s’est rapidement transformé en un excédent augmentant rapidement (l’offre dépassant la demande). Pour aggraver les choses, la capacité mondiale de stockage du pétrole inutilisé est maintenant atteinte, ou près d’être atteinte, ce qui est à l’origine de la spectaculaire volatilité des prix à la baisse observée en avril. 

Pourquoi ne pas arrêter la production? En quelques mots : « cela est plus facile à dire qu’à faire ». La fermeture d’une plateforme est coûteuse en ce qui a trait aux pertes de revenu, mais il faut aussi tenir compte des frais fixes et des risques permanents. Les producteurs doivent poursuivre l’extraction d’une quantité minimale de pétrole afin de protéger leurs activités et maintenir les réservoirs et puits en bon état pour une reprise de l’exploitation. Les producteurs jonglent aujourd’hui avec un équilibre délicat : ils doivent réduire le volume et engager des frais pour redémarrer la production ou maintenir la production et vendre à des prix sans valeur économique. 

Comme beaucoup des réalités associées à la pandémie de COVID-19, la suite des choses est bien incertaine. Si l’activité économique rebondit lentement au cours des prochains mois et que l’OPEP et la Russie respectent leurs engagements de réduction de la production, l’offre excédentaire de pétrole se résorbera avec le temps et les prix devraient augmenter. D’ici là, nous croyons que les cours pétroliers demeureront volatiles à court terme. Pour en savoir davantage sur ce qui est arrivé aux cours pétroliers, écoutez le plus récent balado de GLC.

La reprise du marché en avril est-elle justifiée?

Nous voyons deux raisons principales pour lesquelles les investisseurs ont été encouragés à se rabattre sur les actions si rapidement après l’une des plus fortes liquidations de l’histoire récente :

  • Les gouvernements et les banques centrales ont répondu plus agressivement et beaucoup plus rapidement que lors de la grande crise financière de 2008/2009. Mondialement, les pays représentant 84 % de la production économique mondiale ont injecté en moyenne 8 % de leur PIB dans leurs économies, pour un total dépassant les 8 milliards de dollars américains. On ne peut être tout à fait certain que cela soit suffisant, mais on peut à tout moins affirmer sans se tromper que c’est un bon début.
  • En avril, nous avons commencé à voir des signes de l’atteinte du pic de l’épidémie (et de l’aplanissement de la courbe des nouvelles infections) dans de nombreuses régions. Les gouvernements ont ainsi profité de l’occasion pour réfléchir à la réouverture des entreprises et des industries et planifier les différentes étapes de celles-ci.

Notre optimisme s’appuie sur ces raisons. Nous sommes toutefois conscients de l’incertitude concernant la durée et la gravité des répercussions économiques de la pandémie.

Dans le meilleur des cas, nous sommes tout au début d’une reprise. La « bonne approche » pour la réouverture des économies ne pourra être déterminée qu’a posteriori, et le moment choisi est un facteur essentiel. Advenant une réouverture trop rapide des économies, les scientifiques soulèvent le risque très réel d’une nouvelle flambée du virus; alors qu’une réouverture trop tardive pourrait être fatale pour des entreprises autrement en bonne santé. 

Contrairement à de nombreux événements passés, nous nous attendons à ce que les nouvelles médicales prennent le pas sur les experts du monde des affaires pour déterminer la réaction des marchés. Le capitalisme ne triomphe jamais de la nature humaine – surtout quand il s’agit de la sécurité et de la santé des personnes. Avant même de pouvoir réfléchir la valeur d’un dollar, nous savions que la maladie n’est pas une bonne chose. La nature humaine trouve toujours le moyen de nous remettre à l’ordre. 

Ce que nous savons, c’est que les reprises économiques n’attendent jamais que « tout soit clair » pour s’amorcer. Collectivement, tandis que les investisseurs tentent de calculer l’incidence des événements à venir, nous devons nous attendre à ce que les grandes fluctuations quotidiennes des valeurs, tant à la hausse qu’à la baisse, se poursuivent alors que nous demeurons dans l’incertitude. 

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