La double guerre commerciale de Donald Trump fait baisser les marchés

Highlights

  • Devant les tensions commerciales, les investisseurs se tournent vers les valeurs sûres
  • Net repli mensuel des marchés boursiers
  • Solides rendements obligataires et nouvelle inversion de la courbe de rendement
  • L’automobile, les banques et l’énergie subissent le gros des pertes

En mai, rien n’a autant tenu le monde en haleine que les décisions de politique commerciale du président Trump, pas même le tout dernier épisode de la série Game of Thrones. Durcissement de ton, suspension des négociations et tarifs douaniers : telles ont été les armes dirigées par la Maison-Blanche contre la Chine et le Mexique en mai… même si ce sont surtout les marchés boursiers et la confiance des investisseurs qui ont souffert! Tant aux États-Unis qu’au Canada, la réaction des marchés boursiers a été une baisse (de 6,6 % et de 3,3 %, respectivement). Le repli mensuel a été rude, mais les deux marchés affichent toujours un rendement cumulatif annuel dans les deux chiffres.

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Tout est une question de croissance mondiale

La surenchère des droits de douane peut nuire profondément à certains secteurs et faire varier grandement le coût de divers produits, mais c’est sur l’économie mondiale qu’elle a le plus d’effet. Sans surprise, les investisseurs se sont repliés vers les valeurs sûres comme l’or et les titres à revenu fixe. Les obligations canadiennes ont enregistré un très solide rendement de 1,7 % pour le mois, car l’inquiétude à l’égard de l’économie mondiale, avivée par la montée des tensions commerciales, a provoqué une chute des taux de rendement. L’incertitude causée par l’escalade des tensions politiques érode la confiance des investisseurs, freine l’investissement des entreprises et étouffe la croissance.

Les tensions commerciales ont plombé les secteurs de l’automobile, des banques et de l’énergie

Étant donné l’escalade des tensions commerciales, à commencer par l’échec des négociations commerciales avec la Chine (les droits de douane sur les importations américaines de produits chinois sont passés de 10 % à 25 %) et les menaces de nouvelles barrières douanières sur les produits mexicains, l’appétit pour le risque des investisseurs s’est évaporé, infligeant de lourdes pertes à l’indice S&P 500 en mai. Après avoir clôturé le mois d’avril à des sommets historiques, l’indice S&P 500 s’est replié pendant quatre semaines (ce qui ne s’était pas produit depuis octobre 2014), et il a connu son pire mois de mai depuis 2010.

Les marchés canadiens ont mieux fait que leurs homologues américains, en grande partie grâce au secteur des technologies de l’information (TI), qui a été le plus performant du mois grâce à l’envolée de Shopify (+14 %). Ce titre a progressé en raison d’un bénéfice supérieur aux prévisions pour le premier trimestre et de la révision à la hausse des prévisions financières. À part les TI, qui doivent leur progression à un seul titre, ce sont les secteurs défensifs comme les services aux collectivités et les biens de consommation de base qui ont inscrit les meilleurs rendements, alors que les secteurs plus cycliques ont été au cœur des reculs boursiers du mois de mai. Le secteur de la consommation discrétionnaire s’est replié (-8,7 %), en particulier le segment des fournisseurs de pièces automobiles. Le secteur des matériaux a reculé de 4,5 %, mais la situation aurait pu être pire si les titres aurifères ne s’étaient pas appréciés grâce à la ruée vers les valeurs sûres. Le secteur des services financiers s’est replié de 5,1 % en raison des bénéfices ternes des banques et des pressions exercées par la baisse des taux de rendement. Le secteur de l’énergie, malmené par la chute des prix du pétrole, a perdu 5 % pour le mois. Le prix du pétrole américain WTI a chuté de 16,3 % en mai, l’inquiétude grandissante suscitée par un ralentissement de la croissance mondiale et une hausse des stocks américains ayant fait craindre une surabondance de l’offre.

Nouvelle inversion de la courbe de rendement

Après la suspension des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, en début de mois, les taux obligataires se sont effondrés pour l’ensemble des échéances (recul mensuel de 38 points de base pour les obligations à 10 ans du Trésor américain et de 22 points de base pour les obligations à 10 ans du gouvernement du Canada, en mai). À la fin de mai, les menaces de barrières tarifaires lancées par le président Trump à l’encontre du Mexique ont créé la surprise et les attentes des marchés financiers concernant une réduction du taux directeur de la Réserve fédérale américaine ont augmenté (ce qui était peut-être l’objectif de Donald Trump). Le taux des obligations à 10 ans du Trésor américain a une nouvelle fois été dépassé par le taux des billets à trois mois, ce qui a créé une inversion de la courbe de rendement, comme en mars 2019. (Pour en savoir plus sur les inversions de la courbe de rendement, consultez la section Conseils de pro du dernier article Sous la loupe de GLC). Dans le segment à revenu fixe canadien, les titres les plus performants ont été les obligations d’État tandis que les obligations de sociétés se sont dépréciées, car les investisseurs ont réduit leur exposition au risque de crédit.

Quand la réalité rejoint la fiction

Un mois comme celui que nous venons de vivre rappelle aux investisseurs la valeur des titres à revenu fixe, qui atténuent la volatilité des placements, surtout en période de hausse de l’incertitude économique. Comme nous l’avons constaté en mai, au sein d’un portefeuille diversifié, la valeur d’une composante à revenu fixe assortie d’un niveau de risque approprié augmente à mesure que s’accroît l’incertitude sur les marchés. En période de fluctuations des marchés, nous recommandons de laisser la « course aux abris » et les réactions impulsives à ceux qui sont prêts à déroger à leurs objectifs de placement à long terme. Les gazouillis sur Twitter et les tactiques commerciales sont dignes des rebondissements d’une série télévisée à succès et nous pensons que les décisions imprévisibles de l’administration Trump en matière de droits de douane, de relations commerciales et de politiques alimenteront la volatilité des marchés encore quelque temps.

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