Le marché en revue, numéro de juillet : La plupart des sociétés montent en flèche, certaines perdent la face

Un billet de 100 $ plié en forme d’avion devant un ciel bleu parsemé de nuages

Les tensions commerciales et la volatilité de la monnaie qui en a découlé ont accentué l'incertitude dans l'univers des placements, sans pour autant faire dérailler l'élan haussier des cours boursiers ou des rendements obligataires.

L’économie, les bénéfices des sociétés et les échanges commerciaux ont fait bouger les marchés financiers en juillet 2018

Trois thèmes ont dominé l’actualité et fait bouger les marchés financiers :

■       Données économiques : Les données sur l’emploi, les ventes au détail et la croissance du PIB en Amérique du Nord ont été meilleures que prévu.

■       Bénéfices des sociétés : Hormis quelques exceptions notoires, les sociétés nord-américaines ont satisfait les investisseurs grâce à de solides bénéfices. 

■       Tensions commerciales : Le ton est monté entre les pays (principalement en ce qui concerne les États-Unis), certaines menaces étant même devenues réalité en juillet, ce qui a eu une incidence négative sur les prix des marchandises et les valeurs monétaires.

La vigueur des résultats économiques et des bénéfices de sociétés a dynamisé les marchés boursiers, ce qui a incité la Banque du Canada à hausser les taux d’intérêt, exerçant ainsi une pression à la baisse sur les rendements obligataires canadiens dans un contexte de hausse des rendements. Pendant ce temps, les tensions commerciales et la volatilité de la monnaie qui en a découlé ont accentué l’incertitude dans l’univers des placements, sans pour autant faire dérailler l’élan haussier des cours boursiers ou des rendements obligataires.

Un vent d’été souffle sur les données économiques

Les données économiques publiées récemment se sont avérées meilleures que prévu. Le PIB américain annualisé (au deuxième trimestre) a crû de 4,1 % par rapport au trimestre précédent (la plus forte croissance enregistrée en presque quatre ans), un résultat attribuable en partie à la forte consommation des ménages. Le Canada a également enregistré de solides résultats en mai quant à son PIB – un rebond après la période de faiblesse enregistrée en avril en raison des conditions météorologiques et de la hausse des cours pétroliers juste avant l’été. Le PIB canadien a enregistré une croissance annualisée d’environ 3 % au deuxième trimestre. Les rapports portant sur le marché du travail au Canada et aux États-Unis ont réjoui tant les investisseurs boursiers que les investisseurs obligataires. Les gains sur le marché de l’emploi ont été nettement plus élevés que prévu. Le marché du travail aux États-Unis a attiré 601 000 nouveaux travailleurs (la deuxième hausse en importance en plus de 15 ans), tandis que 75 600 emplois ont été créés au Canada (la plus importante croissance en six ans). Autre signe de l’expansion économique de fin de cycle : le taux d’inflation global au Canada a atteint 2,5 % en juillet, un sommet en six ans, grâce à la hausse des cours du pétrole (comme pourront le confirmer tous ceux qui ont fait une escapade en voiture cet été).

La Banque du Canada a noté que la composition de la croissance économique canadienne est en train de changer : les exportations et les investissements des entreprises sont à la hausse, alors qu’il y a un ralentissement du côté de l’immobilier et de la consommation. L’économie canadienne attendait ce changement sain, et dont on peut se réjouir, depuis bon nombre d’années. La Banque du Canada a relevé les taux d’intérêt de 25 points de base pour les porter à 1,5 % le 11 juillet dernier, comme on s’y attendait. La tendance haussière des taux d’intérêt, qui est lente et constante, se poursuit et constitue un frein pour les titres à revenu fixe.

Bénéfices : la plupart des sociétés montent en flèche, certaines perdent la face

Malgré quelques échecs notoires, les bénéfices des sociétés canadiennes et américaines ont été très robustes, ce qui est en partie attribuable aux taux d’imposition réduits aux États-Unis. L’excellente saison des résultats financiers publiés a relégué au second plan l’inquiétude liée aux échanges commerciaux. Même si le discours sur les échanges commerciaux a été de plus en plus bruyant, les marchés boursiers se sont concentrés sur les résultats des entreprises, ont aimé ce qu’ils ont vu et ont récompensé le cours des actions avec une hausse constante.

 “Plus ils sont gros, plus dure est la chute."

Joe Walcott, champion du monde, poids mi-moyen, 1901 à 1904.

La publication des bénéfices de Facebook a causé la déception, et le cours de l’action a établi un nouveau record quant à la perte de valeur essuyée en une seule journée par une société américaine cotée en bourse (près de 120 milliards de dollars). Compte tenu des évaluations élevées, Facebook était susceptible de causer la déception, mais avant de vous apitoyer sur le sort de l’enfant modèle des grands noms du secteur des TI, sachez que l’action de Facebook a connu une hausse inouïe de 43 % de la fin mars à la fin juillet 2018. Après la perte record enregistrée à la fin de juillet, les investisseurs ne font que retrouver les cours boursiers atteints en avril dernier. Facebook se classe toujours au cinquième rang mondial des sociétés en fonction de la capitalisation boursière.

Le discours sur les échanges commerciaux de plus en plus bruyant

Les marchés doivent surmonter un mur d’inquiétudes en raison des craintes liées aux échanges commerciaux, les actions américaines et canadiennes ayant connu une hausse d’environ 9 % et 8 % respectivement depuis la correction apportée en mars lorsque la rhétorique a commencé à s’amplifier. Alors que les tensions politiques relatives aux échanges commerciaux s’intensifiaient en juillet, de modestes gains ont permis d’apaiser les inquiétudes. Les investisseurs ont été ravis de l’issue positive des discussions entre le président de la Commission européenne, M. Juncker, et le président Trump, les États-Unis et l’Union européenne ayant accompli des progrès vers la résolution de certains différends commerciaux. Par ailleurs, même si les négociations entourant l’ALENA ont récemment pris une tournure défavorable en juin, les esprits se sont calmés en juillet. Malgré tout, il a été un peu surprenant de voir les marchés financiers ne porter que peu d’intérêt aux échanges politiques au coup pour coup qui ont récemment teinté les négociations commerciales. Soit les investisseurs sont optimistes quant à l’ampleur que peuvent prendre les guerres commerciales, soit ils sont tombés dans la complaisance (et la complaisance est rarement une stratégie viable à long terme). 

Pendant ce temps, les marchandises et les devises n’ont pas échappé aux retombées des échanges commerciaux. Les prix des marchandises ont diminué compte tenu de l’incidence négative que d’autres différends commerciaux pourraient avoir sur la croissance. Les cours pétroliers ont chuté abruptement en juillet. Les actions canadiennes du secteur de l’énergie ont fléchi, mais dans l’ensemble, elles ont réussi à résister à la tendance baissière des prix du pétrole pour le mois. Cela dit, le secteur canadien des matériaux n’a pas eu cette chance et a fait les frais de la chute des prix du cuivre et de l’or.

Les devises sont devenues le dernier champ de bataille de la guerre commerciale. En juillet, la Chine a continué de laisser le yuan se déprécier par rapport au dollar américain, rendant du coup les exportations chinoises beaucoup plus abordables lorsque la devise est reconvertie en dollars américains.

Un marché haussier qui dure et perdure

Le marché haussier de l’indice S&P500 devrait passer à l’histoire en devenant, le 22 août 2018, le marché haussier le plus long de l’indice, après un peu plus de 113 mois!

Nous sommes conscients que le marché haussier actuel pourrait se prolonger (p. ex. les programmes d’allègement des impôts américains ont donné un nouveau souffle aux bénéfices des sociétés), mais dans l’ensemble, nous sommes d’avis que les marchés en sont dans les dernières phases du cycle. Pour cette raison, nous conseillons aux investisseurs de ne pas se montrer trop optimistes et de se garder d’investir au-delà de leur seuil de tolérance au risque (consultez le document Perspectives des marchés financiers au terme du premier semestre (GLC) Ouvre un nouveau site dans une nouvelle fenêtre pour connaître nos stratégies de positionnement les plus récentes quant aux cycles du marché).

En bref : N’hésitez pas à évoquer des souvenirs et à célébrer ce jalon historique des marchés financiers (ce que nous faisons!). Il suffit de ne pas s’emballer (ce que nous nous gardons de faire!), puisque demain est un autre jour (ce que nous savons!). 

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