La réponse des marchés boursiers aux bénéfices supérieurs aux attentes du mois d’octobre

Faits saillants

  • Les indices MSCI Marchés émergents et S&P 500 ont entraîné de modestes hausses des marchés boursiers au cours du mois
  • Les gains des sociétés américaines ont constitué une agréable surprise; la croissance des bénéfices sur douze mois s’avérant quasi nulle
  • Les craintes liées aux échanges commerciaux et aux Brexit se sont apaisées; les résultats de l’élection fédérale attisent le mécontentement de l’Ouest canadien
  • Une année après la légalisation du cannabis, les rendements sont modestes et ont une incidence limitée sur l’indice composé S&P/TSX

En octobre, les marchés boursiers ont connu davantage de bonnes que de mauvaises surprises, ce qui a occasionné des résultats positifs modestes à un chiffre, dans la foulée des indices MSCI Marchés émergents et S&P 500 américain. Des bénéfices supérieurs aux attentes pour les sociétés ont permis d’améliorer les perspectives pour les investisseurs, tandis que les enjeux liés aux tensions commerciales et au Brexit se sont avérés moins importants que prévu. Les marchés ont également senti les répercussions positives de la politique monétaire conciliante de la Réserve fédérale américaine, celle-ci ayant annoncé une nouvelle baisse des taux d’intérêt de 0,25 %. Le 17 octobre a marqué l’anniversaire de la légalisation du cannabis récréatif au Canada, les investisseurs ayant connu bien des hauts et des bas au cours de cette première année débridée. 

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Les marchés boursiers ont affiché des gains tandis que les bénéfices des sociétés américaines ont agréablement surpris

Avant la fin du mois, plus de la moitié des sociétés aux États-Unis et en Europe avait dévoilé leurs résultats financiers pour le troisième trimestre. Après un été de préoccupations grandissantes quant au ralentissement de la croissance économique mondiale, on s’attendait à ce que la croissance des bénéfices des sociétés américaines diminue de façon importante (jusqu’à -5 % sur douze mois). Jusqu’ici, les bénéfices des sociétés américaines se montrent supérieurs aux attentes, la croissance de leurs bénéfices sur douze mois s’avérant quasi nulle. Ces résultats ont donné aux investisseurs de bonnes raisons d’être optimismes dans un contexte autrement assez lugubre. Ainsi, l’indice S&P 500 a enregistré un gain de 2 % (en devise locale, 1,4 % en dollars canadiens), sa croissance cumulative pour l’année s’établissant ainsi à 21,2 % (en devise locale, 17,1 % en dollars canadiens). Les marchés boursiers ont également senti les répercussions de la baisse des taux de 0,25 % par la Réserve fédérale pour la troisième fois cette année. La Réserve fédérale a laissé deviner son intention de prendre une pause dans le cycle d’assouplissement, en indiquant qu’aucune autre baisse n’est à prévoir à moins que l’économie ne connaisse un ralentissement important. Toutefois, les marchés obligataires ne semblent pas y croire tout à fait. En effet, le marché obligataire intègre tout de même la probabilité importante d’une autre baisse des taux d’ici la mi-2020.

Seulement quelques sociétés canadiennes ont dévoilé leurs résultats financiers en octobre; et les résultats des sociétés qui l’ont fait n’ont impressionné personne – particulièrement au sein des secteurs de l’énergie et des services de communication. Les secteurs des matériaux, de l’industrie et de la finance (généralement des secteurs cycliques) ont affiché les rendements les plus élevés au Canada. Les fluctuations de change, plus précisément la force du dollar canadien, ont contribué à freiner l’enthousiasme général pour les actions, particulièrement en regard de la situation observée chez de nos voisins du Sud.

Pendant ce temps, les sociétés européennes ont offert des rendements cadrant avec les attentes (-4 %). Comme pour le Canada, les fluctuations de change ont représenté un vent de tête pour l’indice FTSE 100 du Royaume-Uni, qui dépend en grande partie des exportations. En effet, celui-ci a chuté de 2,2 %, les risques liés au Brexit dur apparaissant moins importants faisant augmenter la livre sterling de 5 %.

Les souscripteurs de titres à revenu fixe ont connu un mois d’octobre plus difficile que les investisseurs boursiers. L’indice composé FTSE a connu une baisse de 0,2 % en octobre, principalement en raison des obligations à long terme. Les rendements obligataires ont reculé en Amérique du Nord, avant de grimper plus tard au cours mois en raison des perspectives plus positives à l’égard des négociations du Brexit et de l’apaisement des craintes liées à une récession imminente. Les rendements canadiens ont progressé parallèlement aux rendements mondiaux, soutenus par des données sur l’emploi très solide au Canada. Les rendements des obligations du gouvernement canadien de 10 ans et de 2 ans ont atteint leur plus haut niveau en trois mois. En dépit d’un récent déclin, les rendements des titres à revenu fixe canadiens demeurent très solides du point de vue de leur progression depuis le début de l’année.

Brexit, Wexit et commerce

Deux enjeux clés ayant miné la confiance des investisseurs pendant la majeure partie de l’année ont fait l’objet de légères éclaircies en octobre. L’état des négociations entre les États-Unis et la Chine s’est amélioré après que les deux pays se soient mis d’accord sur les bases d’un accord commercial « secondaire ». La situation relative au Brexit s’est également améliorée après qu’une entente ait été conclue entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (bien que l’entente fasse l’objet d’un autre délai, cette fois-ci reportant la date limite en janvier 2020); toutefois, le pays se dirige maintenant vers une élection générale. Pendant ce temps, les marchés financiers ont à peine pris acte de l’élection canadienne (ce qui est peut-être une bonne chose, car les mouvements brusques du marché en fonction des débats politiques du jour sont rarement bienvenus). La campagne houleuse (du point de vue canadien), et les résultats de l’élection ont ranimé bien des tensions entre les provinces de l’Ouest et celles de l’Est du Canada, l’Alberta souhaitant acquérir une plus grande autonomie du gouvernement fédéral, dont le commandement est centré en Ontario – ce qui a donné lieu au terme « Wexit ».

Un an plus tard, les sommets atteints par les actions liées au cannabis sont chose du passé

Le secteur canadien de la santé a connu les pertes les plus importantes en octobre, principalement plombé par les sociétés canadiennes de cannabis. Le rendement des actions liées au cannabis nous rappelle à quel point investir est un marathon et non un sprint. Un an après la légalisation du cannabis, force est de constater que les deux dernières années illustrent parfaitement l’adage boursier « acheter la rumeur, vendre la nouvelle ». La folie du cannabis a permis à l’indice de la santé S&P/TSX d’enregistrer une hausse fulgurante de 102 % dans l’année précédant la légalisation. Dans l’année suivant la légalisation, les rendements du secteur ont chuté de 49 %. Il est certes malavisé de fonder son jugement sur une période aussi courte, mais rappelons que l’espoir qui sous-tendait la légalisation était de mettre à mal le marché noir et d’enrichir les investisseurs. Le bilan réel? Deux années débridées et un très modeste rendement annualisé de 6 %. Non seulement les actions liées au cannabis ont elles perdu la moitié de leur valeur, les ventes sont bien en deçà des attentes et la plupart des sociétés perdent de l’argent, tandis que les prix de détail sont près du double de ceux du marché clandestin. Malgré l’attention médiatique démesurée, le parcours exalté des actions n’a pas eu d’effet considérable sur l’indice composé S&P/TSX dans l’ensemble. Mis à part les quelques jours forts en émotions de la saga Valeant Pharmaceuticals, le secteur de la santé (dont les actions liées au cannabis représentent désormais environ 50 % par rapport à environ 70 % au plus fort de la période) n’est pas parvenu à obtenir une pondération de plus de 3 % dans l’indice élargi au cours des dix dernières années.

Quoi qu’il en soit, l’intérêt pour les actions de producteurs de cannabis n’est pas près de s’estomper. « Détenez-vous des actions liées au cannabis? » demeurent l’une des questions les plus couramment posées aux experts en placement de GLC cette année, tant par les conseillers financiers et les investisseurs. La réponse rapide est « non ». Depuis la fin du mois d’octobre, les portefeuilles gérés par GLC ne détiennent plus d’actions liées au cannabis. Pourquoi? Un analyste en actions de GLC, Andrew O’Brien, présente dans la dernière édition du bulletin Sous la loupe de GLC les thèses de placement pour les marchés haussiers et baissiers pour cette industrie émergente qui suscite beaucoup d’intérêt. Vous trouverez « The Green Rush - Exploring Canada’s Cannabis Industry »  (en anglais seulement) au même endroit que le Sommaire des perspectives et le bulletin Sous la loupe de GLC dans la page Web Nouvelles et renseignements de GLC.

 

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