L’optimisme des investisseurs a fait place au pessimisme, puis à la crainte à l’Halloween

Faits saillants

  • La hausse des cas de COVID-19 continue d’entraver la reprise économique en Amérique du Nord et en Europe.
  • Les marchés boursiers et la confiance des investisseurs ont reculé en raison de l’incertitude entourant l’élection américaine au cours du mois.
  • Les taux obligataires ont fortement augmenté au début du mois, pour finalement revenir à leur point de départ.

La plupart des marchés boursiers ont reculé en octobre, car les nouvelles concernant l’élection américaine et la hausse du nombre de cas de COVID-19 ont dominé l’actualité au même titre que la première chute de neige de l’année. Par contre, les titres des producteurs de cannabis ont progressé. Oui, je sais… il arrive que les marchés évoluent de façon logique!

Pour voir le rapport complet, avec la totalité de ses sections, tableaux et diagrammes, veuillez consulter le document PDF ci-joint, figurant à la fin de cet article.

Alors que les feuilles prenaient leurs couleurs automnales, l’humeur des investisseurs est passée d’une phase d’optimisme face aux sources de préoccupation à une phase d’aversion au risque, le moment étant venu de consolider les gains et de fermer les écoutilles. 

Au début d’octobre, les marchés boursiers ont progressé à la faveur d’une politique monétaire conciliante et de la promesse de nouvelles mesures de relance budgétaire. Les investisseurs ont apparemment ignoré les risques élevés et l’incertitude liés aux valorisations boursières exagérées, de même que les tendances préoccupantes de la crise sanitaire – ils ont choisi de « gravir le mur d’inquiétude ». C’est alors que le président Trump a été infecté par le virus de la COVID-19 et qu’il a été hospitalisé. Même s’il s’est rétabli à temps pour un débat présidentiel étonnamment civilisé, l’incertitude entourant l’élection américaine et les craintes des répercussions de la pandémie mondiale sur l’économie ont fortement assombri l’humeur des investisseurs pendant le reste d’octobre. 

Enfin, vers la fin du mois, le secteur technologique a perdu un peu de son lustre. Après des mois de rendements spectaculaires qui avaient alimenté les gains de l’ensemble du marché, les nouvelles ventes de sociétés comme Apple ont déçu. Au moment d’annoncer leurs résultats du troisième trimestre, la plupart des sociétés technologiques à mégacapitalisation n’ont pas fait état des prévisions suffisamment optimistes que les marchés attendaient. Cette situation a déclenché un décrochage significatif des indices de référence nord-américains, qui se sont repliés d’environ 5 % au cours de la dernière semaine du mois. 

D’autres actifs risqués, comme le pétrole, ont aussi éprouvé des difficultés en octobre. Les cours de l’or noir ont considérablement baissé durant le mois (de 11 % pour le West Texas Intermediate) sous l’effet des préoccupations persistantes autour de l’offre mondiale excédentaire et des prévisions de demande déjà fragiles. Encore une fois, les rumeurs et les prises de position à l’égard de nouvelles mesures de relance budgétaire du gouvernement américain ont intensifié la volatilité sans qu’aucun progrès ne soit accompli à l’approche de l’élection. Les marchés ont vraisemblablement besoin (et souhaitent de toute évidence) de nouvelles mesures de relance. Ils finiront bien par obtenir quelque chose. Dans l’intervalle, les marchés continuent d’osciller au gré de la rhétorique sur le type et l’ampleur de nouvelles mesures de soutien budgétaire et le moment où elles devraient être mises en œuvre, tandis que le nombre quotidien des nouvelles infections au virus continue d’établir des records et que le nombre des hospitalisations grimpe. 

Outre les événements qui se sont produits au coup par coup au cours du mois, le portrait global des marchés financiers en octobre reflétait l’acceptation du fait qu’une certaine révision à la baisse des attentes de croissance et des hypothèses de reprise était nécessaire au vu de l’intensification des craintes liées au virus – compte tenu surtout de la situation en Europe et dans d’autres régions où les restrictions ont été accrues.

Davantage un rebond qu’un sentiment d’euphorie

Tous les secteurs du marché boursier canadien ont inscrit des résultats négatifs en octobre, à l’exception notable du secteur de la santé qui a enregistré un très solide rendement mensuel de 7 %. Pourquoi ce secteur a-t-il progressé alors que tous les autres trébuchaient sous le poids de l’incertitude et de l’inquiétude? La réponse tient au cannabis (il ne s’agit pas là d’une recommandation du produit, mais seulement d’un commentaire sur les marchés). Ce segment fortement volatil, qui représente près de 39 % du secteur canadien de la santé, avait le vent dans les voiles en octobre. Il s’est redressé, après un recul d’une ampleur presque équivalente en septembre (ce qui ne veut pas dire que le reste de l’année a été beaucoup mieux : le rendement total de l’indice S&P/TSX du cannabis depuis le début de l’année est de -50 %). Il aurait été plus intéressant de signaler une remontée attribuable à une hausse soudaine de la demande des consommateurs causée par l’afflux constant de nouvelles liées à la politique et à la COVID-19, mais les résultats de ce segment en octobre relèvent davantage d’un redressement du marché que d’un sentiment d’euphorie.

La Banque du Canada réduit ses achats d’obligations

Le 28 octobre, la Banque du Canada a laissé son taux du financement à un jour à 0,25 % et a déclaré qu’elle ne prévoyait pas le modifier avant 2023, au plus tôt. Elle a par contre annoncé un rajustement de son programme d’assouplissement quantitatif. Elle réduira en effet ses achats hebdomadaires de titres à 4 G$ (ce qui représente toujours plus de 200 G$ par année), mais ses achats seront surtout concentrés du côté des obligations à long terme. On s’attendait à ce que cette nouvelle ait pour effet de diminuer les taux obligataires; or, ces derniers ont augmenté pour frôler leurs sommets des quatre derniers mois avant de redescendre pour clôturer le mois là où ils l’avaient commencé. Le marché canadien des titres à revenu fixe n’a enregistré que des rendements légèrement négatifs pour le mois, qui ont érodé des résultats toujours solides depuis le début de l’année.

Élection aux États-Unis – le décompte se poursuit

Au moment d’écrire ces lignes, le jour de l’élection aux États-Unis était passé, mais l’incertitude persistait quant à l’identité du prochain occupant du Bureau ovale en 2021. Voici ce qui nous savions à ce moment :

  • Il n’y a pas eu de vague bleue démocrate (c’est-à-dire un balayage des démocrates à la Chambre des représentants, au Sénat et au Bureau ovale).
  • Compter tous les votes et résoudre les querelles juridiques qui en résultent devraient prendre des jours, voire des semaines.

La réaction initiale des marchés financiers a été un rebond après le repli de la fin d’octobre, car l’incertitude quant à l’événement même s’était dissipée. Même si les pires craintes d’une élection contestée persistent, elles sont considérées comme gérables. Au cours des jours et des semaines à venir, nous prévoyons le retour d’une certaine volatilité sur le marché, car la poussière retombera et les cours des actifs s’ajusteront en fonction des événements qui se produiront. Pour l’instant, les marchés apprécient la perspective d’une impasse politique soutenue à Washington (D.C.), un résultat qu’ils accueillent habituellement de façon favorable. Il y a toutefois un bémol : l’impasse devrait devenir un obstacle dans la voie vers de nouvelles mesures de relance budgétaire, qui pourraient être mises de côté pendant la passation des pouvoirs. 

Au-delà du court terme, la réaction du marché devient plus nuancée. Les problèmes à long terme devraient porter principalement sur l’approche du parti gagnant en ce qui concerne des questions comme les relations commerciales des États-Unis – qui jouent un rôle déterminant pour l’économie canadienne. Les investisseurs finiront bien par revenir aux données fondamentales du marché pour alimenter leurs attentes de rendement à long terme. À cette fin, nous croyons que la capacité de l’économie mondiale à surmonter les obstacles imputables à la crise sanitaire revêtira une importance largement supérieure aux couleurs politiques du prochain président des États-Unis. 

Pour en savoir plus sur les répercussions éventuelles de l’élection américaine sur les marchés financiers – et pour lire une section spéciale sur le processus complexe d’une élection contestée aux États-Unis, consultez les plus récentes perspectives des marchés de GLC par Brent Joyce, chef des stratégies de placement.

© GLC, 2020. Vous ne pouvez ni reproduire, ni distribuer, ni utiliser autrement toute partie du présent article sans l’autorisation écrite préalable de GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée.Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.