Le marché haussier de l’indice S&P 500 établit un record, les inquiétudes au sujet du commerce affaiblissent les résultats des marchés canadien et émergents au troisième trimestre de 2018

Les États-Unis et le Canada parviennent à une entente sur le commerce après des mois d’incertitude. Le marché haussier de l’indice S&P 500 se poursuit. Les actions de cannabis montent en flèche. Les taux de rendement augmentent et les endements du marché obligataire faiblissent. 

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T3 2018 : Craintes au sujet des échanges commerciaux ou les États-Unis contre le monde jusqu’à la toute fin

Les échanges commerciaux constituaient la principale préoccupation des investisseurs sur les marchés financiers au troisième trimestre, alors que nous assistions à une dynamique opposant les États-Unis au reste du monde. Des négociations acariâtres et l’imposition de tarifs de part et d’autre ont semé l’incertitude tant pour les investisseurs que pour les entreprises, ce qui a nui aux marchés des capitaux du monde entier. Exception faite des États-Unis, l’instigateur en chef des brouilleries, où la confiance des investisseurs a pris appui sur une réforme fiscale propice aux bénéfices des sociétés, des données économiques vigoureuses, ainsi que le marché haussier le plus long jamais enregistré.

La confiance à l’égard des actions canadiennes était plutôt chancelante au cours de la période en partie, mais non uniquement en raison de l’incertitude entourant les échanges commerciaux, tandis que des retards dans les projets d’oléoducs et certaines données économiques (comme la dette des ménages et la valeur des maisons) ont joué les trouble-fête. La chute des cours aurifères a pesé sur le secteur des matériaux. La hausse des rendements obligataires est une bien mauvaise nouvelle pour l’or; de même, la robustesse du dollar américain et le niveau modeste de l’inflation mondiale n’aident en rien les cours du métal jaune. Autre facteur préjudiciable au secteur des matériaux : la tendance de gains s’étant manifestée en début d’année pour les actions de fabricants de produits de la forêt s’est renversée, accentuant du coup la faiblesse, au moment où nous avons pu observer les premiers signes d’un effritement du marché de l’habitation états-unien.

À contre-courant, le secteur canadien de la santé surfe sur le haut de la vague créée par la légalisation prochaine de la marijuana à usage récréatif. En effet, ce petit secteur canadien a enregistré des gains de 31 % au cours du trimestre, profitant de l’intérêt de la part de grandes sociétés mondiales de biens de consommation courante (bon nombre d’elles devant composer avec un ralentissement des perspectives de croissance), qui se tournent vers les projets cannabiques du Canada pour accéder à de nouveaux marchés et saisir des occasions d’innovation dans le but de diversifier leurs activités et de dynamiser leurs perspectives de croissance.

L’administration américaine a également adopté une approche musclée du commerce avec la Chine, et le potentiel d’une véritable guerre commerciale entre les deux pays continue de susciter de vives inquiétudes. La confiance des investisseurs est à la baisse et il reste à voir si les risques politiques éclipseront la prudence économique. Il n’est pas étonnant que les rendements des marchés émergents soient demeurés anémiques : la somme des tensions commerciales sino-américaines, de la vigueur du billet vert, du ralentissement de la croissance économique et du resserrement des conditions financières vient s’ajouter aux difficultés propres à la Turquie, à l’Argentine, au Brésil et au Venezuela.

Pendant ce temps, les rendements obligataires canadiens ont également reculé au cours du trimestre. Par ailleurs, les taux de rendement ont augmenté tant au Canada qu’aux États-Unis : la Réserve fédérale américaine a agi selon les attentes en majorant ses taux en septembre tandis que la Banque du Canada devrait lui emboîter le pas en octobre. Grâce à la hausse des taux de rendement, les obligations de sociétés ont fait mieux que leurs homologues, mais pas suffisamment pour maintenir les résultats trimestriels en territoire positif pour les investisseurs.

AEUMC : Le Canada pousse un soupir de soulagement à minuit moins une au troisième trimestre de 2018

Aux dernières heures du dernier jour du trimestre, le Canada et les États-Unis ont conclu une entente de principe visant à réformer l’ALENA au moyen du nouvel AEUMC (Accord États-Unis–Mexique–Canada), au terme de 13 mois de négociations. Il est crucial d’avoir un accord commercial avec nos principaux partenaires d’exportation, même au prix de certaines concessions. L’AEUMC nous prémunit contre les possibles conséquences économiques des menaces américaines les plus acerbes. Il permet effectivement de lever le voile d’incertitude qui planait sur l’investissement des entreprises et qui, à notre avis, retenait le marché boursier canadien depuis plusieurs mois. Nous nous attendons donc à ce que l’accord ait une incidence positive nette sur l’économie du Canada, le huard et les actions canadiennes.

Les banques centrales sur la voie de la normalisation de la politique des taux (lire : hausse)

La Banque du Canada a régulièrement cité l’incertitude entourant le sort de l’ALENA comme un risque négatif pour l’économie canadienne; l’issue favorable à laquelle nous venons d’assister lui permet désormais de poursuivre la normalisation de ses taux sans se soucier de ce risque. Nous nous attendons à ce que la banque centrale canadienne continue de relever ses taux, la prochaine hausse venant vraisemblablement en octobre, et croyons que deux autres hausses sont à prévoir en 2019.

À très court terme, le contexte de taux plus élevés représente un vent contraire pour les rendements du marché de titres à revenu fixe. Cependant, les titres de premier ordre conservent leur valeur en tant qu’outil d’atténuation du risque et devraient donc demeurer une composante clé du portefeuille diversifié à long terme de la plupart des investisseurs. La gestion active du portefeuille de titres à revenu comme moyen permettant de bien négocier la courbe de taux et d’obtenir des rendements additionnels à l’aide d’instruments de crédit (c.-à-d. obligations provinciales, prêts hypothécaires et obligations de sociétés de la catégorie investissement) nous offre également de meilleures perspectives de rendement.

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