Les marchés imperturbables devant les grands événements d’actualité au troisième trimestre

Les marchés imperturbables devant les grands événements d’actualité au troisième trimestre

La « grande nouvelle » pour les marchés boursiers au troisième trimestre était... que les nouvelles semblaient avoir peu d’importance. Examinons les événements majeurs qui se sont produits pendant le trimestre et qui ont eu peu d’effets tangibles sur la stabilité de la trajectoire ascendante.

Des attaques contre des civils en Europe et en Amérique du Nord, une recrudescence des tensions géopolitiques, des démonstrations de force militaire et des confrontations verbales entre les leaders nord-coréen et américain ont à peine fait frémir les marchés boursiers.

Pendant ce temps, les marchés ont marqué une pause on ne peut plus discrète tandis qu’un violent tremblement de terre secouait le Mexique et qu’un trio d’ouragans dévastait les Antilles et le sud des États-Unis.

Une annonce de la Réserve fédérale américaine quant à son intention de commencer à réduire son bilan distendu, le discours enflammé de Washington et la renégociation de l’ALENA n’ont pas réussi à éveiller l’intérêt des marchés.

La faible volatilité ayant caractérisé 2017 jusqu’à maintenant s’est donc poursuivie. Cette année, seulement 4 % des jours de bourse de l’indice S&P 500 ont donné lieu à des variations supérieures à 1 %, et nous attendons toujours que se produise une seule variation supérieure à 2 %. Cette faible volatilité s’écarte nettement des moyennes passées. Au cours de la dernière décennie, on comptait habituellement chaque année environ 25 % de jours de variations supérieures à 1 %, et 7 % de jours de variations supérieures à 2 %.

En septembre, la fourchette des opérations intrajournalières pour l’indice S&P 500 s’est rétrécie davantage alors que les sommets et les creux des opérations quotidiennes ont enregistré des résultats moyens de seulement 0,4 % selon les données colligées par Bloomberg. Nous ne nous attendons pas à ce que les marchés soient à ce point sourds aux événements mondiaux et géopolitiques indéfiniment.

Les bénéfices des sociétés font réagir les marchés

Qu’est-ce qui a retenu l’attention des marchés boursiers au cours du trimestre? Les bénéfices, et plus précisément les excellents résultats publiés au deuxième trimestre ainsi que les perspectives favorables quant à une croissance mondiale synchronisée. De façon générale, les actions nord-américaines ont pris appui sur une croissance meilleure que prévu des gains des sociétés, ce qui a donné pour résultat une remontée lente mais certaine. Aux États-Unis, il s’agissait de la poursuite d’une progression soutenue (au troisième trimestre, l’indice S&P 500 a atteint son 39e sommet de clôture de 2017). Au Canada, le trimestre a commencé lentement, car l’indice composé S&P/TSX a attendu jusqu’en septembre avant de rebondir à la suite d’un printemps et d’un été plutôt ternes.

Rebonds du TSX en septembre

Après avoir avancé péniblement pendant le plus clair de 2017, l’indice composé S&P/TSX a profité d’une reprise et affiché le plus vigoureux gain mensuel depuis juillet 2016, avec une hausse de 3 % en septembre.

Le grand secteur canadien de l’énergie a enregistré les meilleurs résultats. Les cours pétroliers sont montés en flèche en septembre grâce à l’amélioration des données fondamentales (un resserrement de l’offre et une forte demande mondiale) et à la dépréciation du dollar américain. La synchronisation de la croissance mondiale devrait servir de vent arrière aux actions canadiennes, et plus particulièrement aux actions du secteur cyclique des ressources.

Le secteur canadien de la finance a également connu un solide mois de septembre. Prenant acte du fort élan de l’économie canadienne, la Banque du Canada a relevé ses taux d’intérêt à deux reprises au cours du trimestre. En juillet, elle les a majorés de 0,25 %, ce qui constituait une première hausse en près de sept ans. Encore plus étonnante fut la décision de relever à nouveau les taux de 0,25 % en septembre, ce qui a eu pour effet de retirer effectivement toute mesure de stimulation introduite dans la foulée de l’effondrement des cours pétroliers.

Les taux plus élevés ont profité aux cours des actions des banques et des compagnies d’assurance du Canada. À l’inverse, le pic des rendements a entraîné un repli du marché obligataire canadien. La hausse des rendements a également donné lieu à une forte appréciation du dollar canadien (lequel a enregistré une hausse de 7 % par rapport au dollar américain au cours du trimestre).

Dans le marché des titres à revenu fixe, l’indice canadien des obligations de sociétés est arrivé bon premier. La duration plus courte de l’indice des obligations de sociétés (comparativement à celle de l’indice élargi des obligations canadiennes) s’est traduite par une sensibilité moindre à la hausse des taux.

Une plus grande fermeté de la part des banquiers

Les banques centrales du monde continuent de privilégier une ligne plus dure (c’est-à-dire la hausse des taux ou la réduction des mesures de relance économique), ce qui exerce une pression à la hausse sur les taux d’intérêt à l’échelle mondiale.

Il n’est pas impossible que la Banque du Canada relève à nouveau ses taux d’ici la fin de l’année, car les données économiques du Canada s’avèrent meilleures que prévu et les cours pétroliers se maintiennent au-dessus de la barre des 50 $ US. Cependant, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, ainsi que d’autres représentants ont indiqué qu’ils surveillaient de près les effets des hausses rapides pour voir comment l’économie assimile l’appréciation du huard et les rendements plus élevés. Par ailleurs, les risques géopolitiques liés à la Corée du Nord et à d’autres pays pourraient mettre un frein à la hausse des taux plus vite que prévu.

En ce qui concerne les autres banques centrales, la Réserve fédérale américaine a annoncé son intention de procéder à des réductions de son bilan à compter d’octobre. La présidente de la Fed, Janet Yellen, a exprimé ses inquiétudes quant à un resserrement « trop graduel », ramenant ainsi à l’avant-plan le spectre d’une nouvelle hausse des taux en décembre. Pendant ce temps, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a revu à la baisse les prévisions d’inflation de la BCE et laissé tel quel le taux d’intérêt directeur, du moins pour le moment.

C’est la faute de la météo

Nos lecteurs assidus savent que nous avons l’habitude d’insister sur les avantages d’une vision à long terme lorsqu’il est question de marchés financiers et d’économie. Nous croyons que cette approche sera particulièrement profitable aux investisseurs lorsque des données économiques seront publiées au cours des prochains mois. Plus précisément, nous nous attendons à ce que les données économiques (surtout celles qui émanent des États-Unis) comportent un biais vers le bas, compte tenu du passage d’ouragans particulièrement dévastateurs. Par la suite, nous pourrions voir une dynamisation temporaire des données à mesure que seront entamés les travaux de reconstruction dans les régions touchées.

Nous avons généralement une vision optimiste des marchés des actions nord-américains. Les consommateurs se trouvent en bonne posture, nous assistons à un rebond des investissements des entreprises et, au début de la saison des ouragans, l’économie américaine profitait d’une croissance raisonnable. De plus, les perspectives de croissance mondiale semblent désormais optimistes et synchronisées.

De façon générale, nous sommes d’avis que les tendances économiques sous-jacentes demeureront positives et favorables aux marchés des actions, tandis que les investisseurs en titres à revenu fixe risquent de devoir composer avec les vents contraires engendrés par la hausse des taux.

Tableau 1: Sommaire des résultats des principaux marchés

Rendements du marché* Septembre T3 2017 Cumul
Indice composé S&P/TSX 2,8 % 3,0 % 2,3 %
Indice S&P 500 1,9 % 4,0 % 12,5 %
 - en dollars canadiens 1,6 % -0,1 % 4,4 %
Indice MSCI EAEO 2,4 % 2,8 % 8,6 %
 - en dollars canadiens 1,9 % 0,7 % 8,8 %
Indice MSCI Marchés émergents 0,3 % 6,7 % 21,3 %
Indice obligataire universel FTSE TMX Canada** -1,3 % -1,8 % 0,5 %
Indice obligataire toutes les sociétés FTSE TMX Canada** -1,1 % -1,3 % 1,5 %

 * Monnaie locale (sauf indication contraire); cours seulement
 ** Rendement total, obligations canadiennes

Tableau 2: Devises et marchandises ($ US, variation en %)

  Niveau Septembre T3 2017 Cumul
$ CA 0,802 $ 0,1 % 7,8 % 0,802 $
Pétrole (West Texas) 51,67 $ 9,4 % -3,8 % 51,67 $
Or 1 283 $ -2,5 % 11,3 % 1 283 $
Indice CRB Reuters-Jefferies 183,09 $ 1,2 % -4,9 % 183,09 $

Tableau 3: Résultats sectoriels du marché canadien

Résultats sectoriels de l’indice composé S&P/TSX* Septembre T3 2017 Cumul
Indice composé S&P/TSX 2,8 % 3,0 % 2,3 %
Énergie 7,4 % 5,7 % -9,9 %
Matériaux -4,0 % 2,9 % 1,6 %
Industrie 3,4 % 2,3 % 13,4 %
Consommation discrétionnaire 5,5 % 4,2 % 15,7 %
Biens de consommation de base -0,3 % -3,1 % 0,5 %
Santé 5,2 % -10,5 % -9,3 %
Finance 3,8 % 3,7 % 4,5 %
Technologies de l’information 2,8 % 3,1 % 12,5 %
Télécommunications -1,3 % 1,2 % 6,6 %
Services aux collectivités -2,3 % -2,9 % 4,6 %
Immobilier -1,1 % -2,2 % 1,0 %

* Cours seulement
Source : Bloomberg, MSCI Barra, Financière Banque Nationale, FTSE TMX Global Debt Capital Markets Inc.

© GLC, 2017. Vous ne pouvez ni reproduire, ni distribuer, ni utiliser autrement toute partie du présent article sans l’autorisation écrite préalable de GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée.

Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.