Mon souvenir le plus marquant du marché haussier record

La séquence haussière du S&P 500 est devenue la plus longue de l’histoire et, pour l’occasion, nous avons demandé à nos gestionnaires de portefeuille, négociateurs et analystes ainsi qu’à d’autres spécialistes de nous raconter ce qu’ils ont retenu des événements extraordinaires qui se sont produits au cours de l’ascension vertigineuse de l’indice vers le sommet, jusqu’à aujourd’hui.

Voici ce qu’ils nous ont dit :

Le marché haussier a démarré à un niveau extrêmement bas

« C’était surréaliste. Je regardais les grands titres défiler à l’écran et j’avais peine à croire ce que je lisais. Des institutions bien établies qui fermaient leurs portes, des inquiétudes quant à l’éventualité d’une panique bancaire, des mises à pied massives dans toutes les entreprises avec lesquelles nous faisions affaire, etc. Je n’avais jamais rien vu de tel auparavant dans ma carrière.

J’avais été témoin du lundi noir en 1987, au tout début de ma carrière – une débâcle d’une journée qui avait dérangé tout le monde pendant un certain temps, mais qui s’était terminée rapidement. En revanche, la grande crise financière a duré très longtemps et a changé les perceptions à l’égard du marché boursier. J’espère ne jamais revivre une crise de cet ordre de mon vivant. En mars et en avril 2009, le pessimisme était si profond que nous savions qu’il était temps de commencer à redéployer des capitaux. Depuis, nous regardons avec étonnement ce marché gravir ce qu’on appelle communément le "mur d’inquiétude". » Patricia Nesbitt, vice-présidente principale, Actions (GIGWL) 

« Je me souviens surtout des histoires de personnes comme des négociateurs et des courtiers qui travaillaient à Bear Stearns, par exemple, alors que tout s’écroulait autour d’eux. La crise financière a privé des gens de leur gagne-pain, et des personnes avec qui j’avais travaillé pendant des années et bâti une relation fondée sur le respect mutuel disparaissaient soudainement. Il est bouleversant d’être directement témoin de l’incertitude à laquelle les gens de cette industrie peuvent être confrontés lorsque les marchés changent de direction. Cela m’oblige à me rappeler que c’est un privilège de faire carrière dans la gestion des avoirs des investisseurs et me motive à essayer de faire de mon mieux chaque jour.

L’importance de la gestion des risques et de la diligence raisonnable est la meilleure leçon que la gestion financière m’a permis d’apprendre au cours des dix dernières années. Les gens supposent qu’en tant que gestionnaire de portefeuille, mon unique préoccupation consiste à trouver le prochain titre gagnant. Cependant, la recherche d’idées n’est qu’une partie du processus de placement, et ce n’est sans doute pas la plus importante. Je m’applique autant à éviter les titres “mauvais” ou “perdants” et à préserver le capital qu’à repérer les prochaines actions intéressantes sur lesquelles j’arrêterai mon choix. Il s’agit en fait de définir un processus et d’exercer la rigueur nécessaire pour le mener à bien jour après jour. » Rob Lee, vice-président, Actions

 

« En tant que gestionnaires de portefeuilles, nous étions aux premières loges. Je me rappelle avoir assisté à des conférences téléphoniques d’analystes mondiaux planifiées en urgence le dimanche après-midi alors que de grandes sociétés financières s’effondraient. À mon souvenir, cela n’était jamais arrivé auparavant et ne s’est jamais reproduit par la suite.

Chaque jour, une nouvelle partie du système financier mondial s’effondrait et il n’existait aucun précédent sur lequel nous appuyer. Nous prenions les événements comme ils venaient. Ce n’était pas facile et personne n’était à l’abri des coups durs pendant cette période, mais nous avons également tiré des enseignements précieux et réaffirmé à quel point il est important dans notre domaine de prendre du recul, d’évaluer la situation et de continuer à faire preuve de rigueur. » Ron Hanson, chef des placements

« Nous avons tous été durement éprouvés par les mauvaises nouvelles qui se succédaient et les cours boursiers qui ne cessaient de chuter. Je me souviens d’une journée en particulier où je faisais une présentation devant des conseillers financiers. Un homme a déclaré que rien de ce que je disais ne pouvait lui faire croire que les choses iraient mieux – le krach était irréversible et la situation ne ferait que s’empirer. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à croire que nous étions sur le point de toucher le fond du baril. Lorsque les gens ne s’attendent qu’au pire, tout signe d’amélioration peut provoquer un revirement. » Nancy Harris, vice-présidente principale, Marketing et Développement des affaires

 « En 2008, une mauvaise nouvelle n’attendait pas l’autre. La liquidité du marché obligataire s’est détériorée. Les investisseurs ont perdu toute confiance dans la qualité du crédit. Les réactions exagérées des marchés se multipliaient pendant cette période, et ceux qui se sont laissés influencer par celles-ci ont pu facilement (et de façon répétée) essuyer des pertes énormes. Il est devenu plus important que jamais de croire en la recherche fondamentale sur le crédit et de s’en tenir à sa stratégie de placement. Je me souviens d’avoir revu mes analyses à maintes reprises. C’est ce qui nous a permis de surmonter plutôt bien la crise malgré les difficultés.

Je me souviens que tout le monde disait que les taux ne pouvaient pas descendre plus bas et que les taux d’intérêt ne pouvaient pas devenir négatifs. Puis, les taux nominaux de plusieurs pays sont passés en territoire négatif (certains s’y trouvent encore à ce jour), et les épargnants sont toujours aux prises avec des taux extrêmement bas. Il ne faut jamais dire jamais! » Janet Salter, vice-présidente, Revenu fixe

« C’est pendant la crise financière que j’ai passé les journées les plus intenses de ma carrière. En tant que négociatrice, je regarde les graphiques des cours à longueur de journée. J’avais vécu le lundi noir et la bulle technologique, mais je n’avais jamais vu des fluctuations des marchés et une volatilité d’une ampleur aussi importante. On a observé des fluctuations intrajournalières de 4 %, de 5 % et de 6 %. J’ai ainsi appris à ne jamais tenir les choses pour acquises; il faut surveiller les ordres et les opérations attentivement, car le vent peut tourner soudainement et on veut éviter à tout prix de faire fausse route. » Carol Fewer, négociatrice, Actions

La mise en place de plans de sauvetage d’urgence et de mesures extraordinaires de relance monétaire

«Ce n’était pas le bon "remède" pour un système mal en point. Nous le savions, mais il vient un moment où un médecin doit simplement maintenir un patient en vie jusqu’à ce qu’on trouve enfin le bon médicament. » Ruth Ann McConkey, présidente, GLC Groupe de gestion d’actifs

L’Europe en état de crise

 «Comme j’ai grandi au cours des années d’expansion en Irlande – la période du “Tigre celtique” – et que j’ai ensuite été témoin de l’effondrement du marché immobilier, la crise de la dette souveraine en Europe m’a paru particulièrement intéressante, au-delà de ses conséquences sur le marché financier. L’"expérience" que constitue l’Union européenne a toujours fait des sceptiques en raison des importantes différences culturelles entre les épargnants qui font preuve de prudence et de rigueur dans des pays comme l’Allemagne, et les dépensiers des pays périphériques, au sud. Ces différences ont occupé l’avant-plan au cours de cette période.

Ce dont je me souviens le plus, c’est que la Grèce, un pays comptant moins de 12 millions d’habitants, est devenue le centre d’attention des marchés financiers mondiaux. Les rendements des obligations grecques préoccupaient tout le monde – une réalité que l’on aurait eu du mal à imaginer auparavant. Nous ne saurons probablement jamais à quel point nous étions près d’un “Grexit”, mais cet épisode a mis à rude épreuve la détermination de l’Union européenne. » Andrew O’Brien, directeur, Stratégies de placement

« À la fin de 2009, je travaillais à Londres, en Angleterre, lorsque la crise de la dette a frappé la Grèce. Au début, aucun d’entre nous ne s’en souciait particulièrement : comme la Grèce ne représentait que 3 % du PIB de la zone euro, nous ne voyions pas ce qui pourrait mal tourner. En fait, tout a mal tourné. Les taux d’intérêt et le chômage ont atteint des sommets. Les obligations d’État grecques, qui étaient auparavant des produits liés aux taux d’intérêt souverains, sont devenues des produits de crédit à risque élevé. Alors que les acteurs du marché regardaient de plus près ce qu’ils avaient raté, les préoccupations se sont étendues au Portugal, à l’Irlande, à l’Italie et à l’Espagne (des pays cruellement surnommés PIIGS – pigs signifiant “cochons” en anglais).

Cette semaine, la Grèce est finalement sortie de son plan de sauvetage, mais le marché boursier du pays reste en baisse de 60 % par rapport aux niveaux d’avant la crise, la dette dépasse 170 % du PIB et le chômage reste supérieur à 20 % (le chômage des jeunes se situe à 43 %). Il s’agit d’une importante leçon sur la nécessité de ne pas sous-estimer l’importance des difficultés financières et les risques de contagion. Quand je regarde les difficultés financières en Turquie et le PIB du pays qui ne représente que 5,7 % du PIB de la zone euro, je me demande "qu’est-ce qui pourrait mal tourner?" » Mark Hamlin, vice-président, Revenu fixe

 

Quand Trump remporte les élections

« Nous savions que si Trump gagnait, les marchés seraient rapidement touchés. Ainsi, le lendemain de l’élection, Brent (Joyce) et moi étions au bureau avant le lever du soleil. À l’ouverture des marchés, un communiqué était prêt. Les marchés ont d’abord chuté, mais, vers 10 h, ils ont commencé à remonter. Je ne pouvais pas le croire : je ne m’attendais pas à autant de résilience de la part des investisseurs (et du marché haussier). » Christine Wellenreiter, vice-présidente, Marketing et Communications

Un long marché haussier qui ne s’essouffle pas

« Ce qui me frappe le plus, c’est la stabilité des marchés au cours des dernières années, malgré le bruit ambiant et les événements qui ont eu lieu. Nous avons souvent entendu d’autres personnes mentionner à quel point les marchés étaient déréglés et volatils, mais, en voyant les écarts-types continuer à baisser, nous avons su que ce n’était tout simplement pas le cas. Maintenant que les taux d’intérêt montent et que les marchés changent de direction, je pense que, dans le débat opposant la gestion passive et la gestion active, le balancier reviendra vers la gestion active et que l’on fera appel aux gestionnaires actifs pour effectuer une judicieuse sélection de titres pouvant atténuer la volatilité et préserver le capital à long terme. » Brandon Hutchison, vice-président adjoint, Groupe de solutions de portefeuille

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