Octobre a été un mois d’épouvante pour les investisseurs, compte tenu de la volatilité accrue (morbide) dans les marchés des actions et des obligations

Au cœur de la correction boursière d’octobre : la hausse des taux d’intérêt et les préoccupations quant aux perspectives pour les bénéfices des sociétés. Au moins les obligations parviennent-elles à renouer avec le « revenu ».

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Les marchés des actions en octobre ou l’ode aux sensations fortes

Nul besoin de se lancer à la poursuite d’octobre rouge au cours de la période... il était à la portée de tous. En effet, les rendements des marchés s’apparentaient à une mer rouge avec le retour en force de la volatilité, mettant à mal tant les actions que les titres à revenu fixe et entraînant des reculs considérables pour les bourses du monde entier. Tous les principaux marchés des actions du monde ont perdu beaucoup de terrain en octobre. Exception faite des États‑Unis, l’ensemble des marchés ont complètement effacé leurs gains réalisés à ce jour pour 2018 (l’indice S&P 500 maintient son avance à ce jour, mais celle-ci est désormais bien mince).

Nombre de fantômes, de gobelins et de leaders politiques sont responsables de la débâcle (on n’a qu’à penser aux tensions avec l’Arabie saoudite, aux inquiétudes au sujet du cadre fiscal italien, aux difficultés du Brexit et aux élections de mi-mandat aux États-Unis), mais au cœur de cette correction des marchés se trouvaient la hausse des taux d’intérêt et les préoccupations quant aux perspectives pour les bénéfices des sociétés. Élevé, le taux de croissance actuel des bénéfices des sociétés américaines ne peut être soutenu. Qui plus est, dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, les bénéfices futurs ont une valeur moindre lorsqu’ils sont actualisés, et c’est justement ce qui constitue la base du calcul de l’évaluation des actions des sociétés. La réévaluation résultante des titres signifie que certains des secteurs les plus en avance ont subi le plus fort du rajustement (notamment les technologies de l’information et la santé).

Retour de la notion de « revenu » dans l’expression « revenu fixe »

Les taux d’intérêt sont demeurés à des niveaux bas et ultrabas pendant plus longtemps que ne l’avaient prévu bien des gens. C’est le résultat d’un effort synchronisé quasi mondial par les banques centrales visant à susciter et à soutenir la reprise économique décennale qui a suivi la grande crise financière. En octobre, pour la première fois depuis juin 2011, le rendement global de l’indice obligataire universel FTSE Canada s’est établi au-dessus de la barre des 3 %, ayant presque doublé depuis le creux historique de 1,64 % déploré en janvier 2015.

Bien que la hausse des taux et les vents contraires qu’elle représente pour les rendements obligataires soient une préoccupation pour les investisseurs en titres à revenu fixe, les qualités d’atténuation de la volatilité des instruments à revenu fixe demeurent entières. Une mise en contexte du rendement des titres à revenu fixe canadiens en octobre s’impose. Le résultat de −0,6 % de l’indice de référence des titres à revenu fixe canadiens pour le mois paraît bien anodin par comparaison à la raclée subie par les investisseurs en actions avec la chute de l’indice composé S&P/TSX, dix fois plus marquée que celle de l’indice obligataire. Pour les investisseurs équilibrés, le surrendement de presque 6 % des obligations canadiennes signifiait une volatilité et un recul beaucoup moins importants (donc la préservation d’une plus grande part de capital) que ceux qu’ont connus les investisseurs en actions seulement au cours du mois. De plus, à mesure que les rendements atteignent des niveaux supérieurs absolus, il en va de même de la solidité des capacités de production de revenu des obligations, lesquelles permettent de contrer les effets de la hausse des taux.

Pour les investisseurs obligataires, la bonne nouvelle est que, petit à petit, le marché des obligations assure le retour du « revenu » dans le revenu fixe.

Malgré l’inconfort du processus, un peu à l’image d’un régime amaigrissant accompagné d’activité physique, le contexte de hausse constante des rendements permet aux investisseurs en titres à revenu fixe de retrouver une situation meilleure. Or, après presque quatre années de régime amaigrissant et d’activité physique au fil des rendements à la hausse, les investisseurs équilibrés commencent enfin à voir pourquoi ils doivent saluer l’actuel contexte obligataire assaini.

Brent Joyce, CFA, chef des stratégies de placement, GLC  

Les corrections : un phénomène normal, mais désagréable

Nous continuons de croire que la présente correction des cours ne marque pas encore le début d’un véritable marché baissier. Nous surveillons de près bon nombre d’enjeux pour les marchés (comme les élections américaines de mi-mandat, le Brexit et les tensions commerciales sino-américaines); cela dit, nous considérons comme normales et justifiées les raisons sous-jacentes du récent repli des marchés. À notre avis, la hausse des rendements obligataires (en particulier aux États-Unis) est tout à fait de mise compte tenu de la force élémentaire de l’économie américaine. Encore qu’un certain mouvement à la hausse des obligations canadiennes soit également de circonstance (étant donné le soulagement des tensions commerciales avec l’AEUMC, la croissance économique supérieure aux attentes et la stabilité de l’inflation), nous ne croyons pas que la Banque du Canada doive majorer son taux avec autant d’énergie et d’intensité que la Réserve fédérale américaine.

De même, les corrections des cours ont tendance à augmenter et non à réduire la clarté quant aux conditions du marché. Des périodes comme celle que nous traversons actuellement contribuent à écarter des marchés baissiers déclarés en ramenant les mesures des actions à l’intérieur de paramètres plus raisonnables. À titre d’exemple, au cours des douze derniers mois, les évaluations boursières (ratio cours-bénéfice) de l’indice S&P 500 se sont envolées au point de se situer à des niveaux impossibles à soutenir dans un contexte où la Réserve fédérale américaine indiquait ses prévisions de hausses. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, au lendemain de la correction des cours d’octobre. Aux États-Unis, les ratios cours-bénéfice ont été ramenés en dessous ou près des creux historiques depuis le début de 2016 – ils ne sont pas nécessairement « bon marché », mais certainement « meilleur marché » et plus réalistes compte tenu des prévisions de bénéfices des sociétés américaines.

La notoriété du mois d’octobre

Historiquement, octobre est connu pour ses corrections boursières; il faut toutefois se rappeler que les corrections sont fréquentes et normales, et ne signalent pas forcément l’arrivée d’un marché baissier. Nous jugeons que l’actuel repli des marchés des actions constitue une correction à trajectoire normale, mais ce n’est pas parce qu’elle est normale qu’elle ne met pas à rude épreuve la discipline des investisseurs. Nous croyons toujours au caractère opportun d’une position neutre entre les actions et les titres à revenu fixe.

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