Perspectives des marchés de mi-année 2018 : La volatilité fait son retour

Symboles du dollar et point d’interrogation avec un histogramme qui s’estompe à l’arrière-plan

Après une période étonnamment calme, la volatilité a fait son retour dans les marchés financiers au cours de la première moitié de 2018 : actions, obligations et monnaies y ont toutes goûté.

Pour consulter le rapport complet sur les perspectives, avec la totalité de ses sections, tableaux et diagrammes, veuillez ouvrir les fichiers PDF paraissant à la fin de cet article.

Avance. Recule. Avance encore... que vient-il ensuite?

L’année s’est amorcée dans l’enthousiasme à l’égard des marchés mondiaux des actions. Grâce à des bénéfices vigoureux du côté des sociétés et à des données économiques positives, de nombreux indices ont franchi des sommets inégalés au cours des premières semaines de 2018, mais le vent d’optimisme a rapidement tourné. Les inquiétudes au sujet de la hausse des rendements obligataires ont joué un rôle clé dans la correction boursière survenue dans la plupart des principaux marchés en début d’année.

Dès le mois de mars, le calme était revenu. Les bénéfices des sociétés sont demeurés vigoureux, ce qui a permis aux cours des actions de se relever, bien que plus lentement, plus modestement et moyennant une plus grande volatilité.

Décidément, les investisseurs en obligations canadiennes en ont vu de toutes les couleurs jusqu’à maintenant. Les craintes au sujet des échanges commerciaux et la révision des attentes pour l’économie canadienne, auxquelles il faut ajouter la hausse de l’inflation, ont donné lieu à des variations considérables au cours de la période : à deux reprises, l’indice a perdu plus de 1,5 % pour progresser par la suite de 1,75 % et 2,37 % respectivement.

Ultimement, la séquence du marché haussier est demeurée intacte.

■       Actions et obligations canadiennes ont réussi à afficher des rendements modérément positifs.

■       Les actions américaines ont produit des gains annuels cumulatifs modestes.

■       Les actions internationales ont clôturé la période en territoire légèrement négatif sur la base de la monnaie locale, tandis que la faiblesse du huard a profité aux rendements des investisseurs canadiens.

Actions canadiennes
Nous ne recevons pas (encore) l’amour que nous méritons

La confiance à l’égard des actions canadiennes est demeurée généralement chancelante. Les préoccupations liées aux échanges commerciaux, la faiblesse des cours de l’énergie au pays et le niveau élevé d’endettement des consommateurs dans un contexte de hausse des coûts d’emprunt et de resserrement des règles hypothécaires ont tous nui à la perception qu’ont les investisseurs du Canada. Le dollar canadien a reculé de plus de 4 % par rapport au dollar américain.

À l’échelle sectorielle, voici comme s’est joué le début de 2018 :

■      Bien que le secteur des technologies de l’information ait enregistré des résultats fort appréciables au Canada, il n’est pas parvenu à influer substantiellement sur les rendements de l’indice dans l’ensemble, compte tenu de sa relativement faible pondération.

■      Le secteur de l’industrie a eu un apport plus qu’acceptable, les sociétés recevant des revenus à l’étranger ayant profité de la faiblesse du huard.

■       Le secteur de l’énergie a réussi à engranger des gains positifs modestes (brisant finalement le mur de négativisme grâce à des gains au deuxième trimestre), pour ensuite causer la déception en n’arrivant pas à suivre la progression des cours pétroliers. Les producteurs pétroliers canadiens ont pâti des écarts de prix du pétrole plus grands et plus volatils (Western Canadian Select par rapport à US WTI) en raison d’un accès restreint aux pipelines, tandis que les producteurs axés sur le gaz naturel ont continué de composer avec la faiblesse des cours du gaz naturel canadien.

■       Le secteur poids lourd de la finance a tiré de l’arrière sur fond de préoccupations au sujet du ralentissement du marché de l’habitation au pays, lesquelles ont éclipsé la vigueur des résultats financiers des banques.

■       Les services aux collectivités et les télécommunications, deux secteurs sensibles aux taux d’intérêt, ont été la proie à une faiblesse considérable, en raison de la hausse des rendements des obligations nord-américaines.

Actions américaines
Les cinq fantastiques récidivent!

Malgré un bref soubresaut au premier trimestre, les actions des sociétés à très grande capitalisation ont continué de dominer l’indice S&P 500. Les cinq titres phares (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google) ont produit de solides gains, à commencer par Netflix, qui a enregistré un rendement remarquable de 104 % depuis le début de l’année. Pendant ce temps, la hausse des rendements obligataires a pesé sur les secteurs défensifs axés sur les rendements, comme les télécommunications et les biens de consommation de base.

Deux indices de référence américains se sont distingués : le NASDAQ a été le grand meneur au chapitre des gains, profitant de sa forte pondération en titres technologiques. Puis, après avoir tiré de l’arrière pendant le plus clair de 2017, l’indice américain des titres à petite capitalisation (l’indice Russell 2000) a mieux fait que l’indice des titres à grande capitalisation. Le marché reconnaît que les sociétés américaines plus petites et tournées vers l’intérieur sont en quelque sorte à l’abri de la volatilité des échanges commerciaux et de la monnaie, elles tirent avantage de la réforme fiscale et elles sont surtout tributaires de la vigueur de l’économie américaine.

Le saviez-vous?

Le marché haussier de l’indice S&P 500 dure depuis maintenant 111 mois, ce qui en fait le deuxième au chapitre de la longévité jamais enregistré.

Actions internationales
Marchés modestes et politique volatile

Une certaine modération de la croissance économique et une récurrence des tensions politiques ont pesé sur les marchés européens des actions au cours de la période.

■       L’Italie a finalement réussi à former un gouvernement, mais pas avant d’avoir suscité des craintes au sujet d’une crise de l’euro et d’une nouvelle mouture du Brexit, puis semé incertitude et scepticisme quant à d’éventuels programmes fiscaux.

■       La faiblesse a affligé les actions du Royaume-Uni, malgré certains progrès dans les discussions sur le Brexit, avec une première entente ayant été conclue sur les modalités de la période de transition.

L’appréciation du yen a constitué un vent contraire pour les actions japonaises en nuisant à la compétitivité des sociétés exportatrices fortement pondérées dans l’indice Nikkei.

Après les vigoureux résultats de 2016 et de 2017, les marchés émergents tirent de l’arrière depuis le début de l’année. Le resserrement de l’accès aux liquidités à l’échelle mondiale (attribuable à la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis et à l’appréciation du billet vert) ainsi que les signes d’un ralentissement de la croissance économique en Chine, en Europe et au Japon ont en effet pesé sur ces marchés. De plus, l’agitation politique et l’instabilité de la monnaie dans des régions comme la Turquie, l’Argentine et le Brésil ont ébranlé la confiance des investisseurs.

Titres à revenu fixe
Un chemin cahoteux

L’indice obligataire universel FTSE TMX Canada a produit un rendement total positif pour la première moitié de 2018, mais en contrepartie, les investisseurs obligataires ont dû composer avec une forte volatilité des marchés. Le changement de trame de fond, où la propension au risque a cédé la place à l’aversion au risque, s’est traduit par d’importantes variations pendant la période, l’indice reculant à deux reprises de plus de 1,5 % avant de revenir en territoire positif. Au cours du deuxième trimestre, le rendement des obligations du gouvernement du Canada de dix ans a dépassé la marque de 2,5 % (son plus haut niveau depuis quatre ans), mais a par la suite reculé en réponse aux craintes au sujet du commerce mondial, ramenant ainsi l’indice obligataire universel FTSE TMX Canada en territoire positif. Les rendements des obligations américaines de dix ans ont franchi le cap de 3,0 % pendant la période, mais ont ultimement clôturé le trimestre à 2,86 %, soit 46 points de base de plus qu’en début d’année. Au bout du compte, les obligations à long terme ont mieux fait que les obligations à plus court terme, et les obligations de sociétés ont damé le pion aux obligations d’État. Les obligations à rendement élevé et les obligations de sociétés de la catégorie investissement ont tiré profit de leur taux de rendement effectif supérieur alors que les écarts de crédit ont oscillé, puis clôturé la période à peu près inchangés.

Dignes de mention

Un certain nombre d’événements ont bousculé les marchés et défrayé la chronique au cours du premier semestre de 2018 :

Mesures prises par les banques centrales

L’accès aux capitaux bon marché caractérise le présent marché haussier, et la brusque correction boursière en début d’année a constitué un signe manifeste que les investisseurs espéraient prolonger la fête. Bien que la réponse des marchés ait fait hésiter les banques centrales, la plupart d’entre elles poursuivent néanmoins le chemin vers la normalisation des taux (lire : hausse des taux).

La Réserve fédérale américaine a procédé à deux majorations de 0,25 % et continue d’indiquer que de nouvelles hausses trimestrielles sont à prévoir. La Banque du Canada a augmenté ses taux de 0,25 % en janvier et laisse également entendre qu’il y aura d’autres hausses. Des préoccupations au sujet des échanges commerciaux et l’endettement des ménages ont donné lieu aux attentes voulant que la Banque du Canada n’annonce de nouvelles majorations qu’à la suite de la Réserve fédérale. Prenant acte du contexte de croissance décente mais en voie de ralentir et de l’inflation qui demeure en dessous des cibles, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle mettrait fin à son programme d’achat d’actifs en décembre 2018, mais qu’elle laisserait les taux d’intérêt tels quels jusqu’à l’été 2019.

Échanges commerciaux

L’incertitude au sujet des échanges commerciaux est revenue à l’avant-plan après l’annonce du président Trump que les États-Unis allaient imposer des tarifs aux importations d’acier et d’aluminium. Les pays visés par ces mesures ont répliqué avec leurs propres tarifs sur une multitude de produits des États-Unis. Les négociations entourant l’ALENA se poursuivent, mais d’importants sujets de discorde subsistent, surtout au chapitre des automobiles. Il appert maintenant que les discussions pourraient s’étirer jusqu’en 2019. Par ailleurs, les États-Unis et la Chine ont amorcé un match de représailles réciproques au sujet des tarifs proposés sur une vaste gamme de produits, ce qui a suscité de l’inquiétude chez les investisseurs quant aux effets indésirables d’une éventuelle guerre commerciale sur la croissance économique mondiale. L’incertitude a pesé sur la plupart des marchés des actions et tiré les rendements des obligations mondiales vers le bas après les sommets du premier trimestre.

Évaluations boursières

Les ratios cours/bénéfice se sont resserrés depuis le début de l’année compte tenu de la vigueur des bénéfices. En effet, de nombreuses sociétés surpassent les attentes et relèvent leurs indications prospectives, entraînant du coup une révision à la hausse des évaluations consensuelles des bénéfices. La croissance des bénéfices est la plus marquée aux États-Unis, où les résultats sont dopés par les réductions d’impôt, la baisse du fardeau réglementaire et les dépenses budgétaires.

Perspectives des marchés financiers de mi-année 2018

Le temps est venu d’ajuster les voiles

De nombreux signes nous indiquent que nous sommes à la toute fin du cycle économique, une période souvent caractérisée par une volatilité accrue, des possibilités de hausses abruptes du cours des actions, des corrections de cours rapides et des rendements obligataires croissants. À notre avis, le moment est mal choisi pour se montrer trop audacieux et adopter un positionnement énergique, adapté à un cycle en croissance, pour tenter de tirer le maximum de gains de l’exposition au risque. Il faut se garder d’extrapoler les tendances dans les secteurs phares du moment (les technologies de l’information ou les obligations à rendement élevé).

Même si nous entrevoyons encore de la croissance dans les bénéfices des sociétés, nous anticipons un ralentissement de la cadence. Pour ce qui est des titres à revenu fixe, nous nous attendons à ce que les taux de rendement se hissent plus haut et continuent d’exercer de la pression sur les rendements obligataires dans l’ensemble, mais à cette étape, nous sommes d’avis que l’attrait des titres à revenu fixe comme outil d’atténuation du risque a augmenté et continue de le faire.

Selon nos perspectives des marchés financiers pour le deuxième semestre de 2018, nous devrions observer des gains à un chiffre dans le cours des actions. D’autre part, nous nous attendons à ce que les investisseurs en titres à revenu fixe obtiennent un rendement total allant de zéro à 1 % pendant cette même période. Nous jugeons qu’une position neutre (concordant avec la tolérance au risque) est celle qui convient le mieux à l’investisseur d’aujourd’hui. Elle lui procure une exposition à la croissance du marché des actions sans lui faire courir un risque excessif pour son niveau de tolérance. Pour en savoir plus sur ce que pourraient nous réserver les marchés financiers pour la suite de 2018 et au-delà de cette période, veuillez lire le rapport de GLC sur les perspectives des marchés financiers de mi-année 2018.

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