Rebond du marché en janvier – Trop élevé et trop rapide

Après la forte baisse de décembre, le mois de janvier revient en force avec des gains importants pour les actions et les prix du pétrole.                                                                            

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Le meilleur rendement de janvier depuis 1987 permet au marché de revenir aux niveaux d’avant décembre

Les principaux marchés boursiers mondiaux ont rebondi en janvier, traçant un « V » presque parfait en remontant après la forte correction de la fin de 2018. Bien que le S&P 500 ait établi un record en enregistrant le meilleur début d’année sur un mois en 32 ans, il a été devancé par l’indice composé S&P/TSX, qui a surclassé le S&P 500, toutes les bourses européennes et les marchés émergents. Le raffermissement du huard canadien a nui au rendement des placements étrangers après conversion en dollars canadiens. Fait peu commun, les investisseurs en titres à revenu fixe ont pu profiter de l’élan des actions et obtenir eux aussi un rendement mensuel positif. Comme c’est souvent le cas lorsque le marché est volatil, le balancier des fluctuations de prix et de la confiance des investisseurs a tendance à osciller excessivement à la hausse comme à la baisse. Par conséquent, même si un répit est bienvenu à la suite de la baisse de prix de décembre que nous considérions comme exagérée et qui a effacé la majeure partie des gains de 2018, il faut se garder de croire que la tendance à la hausse de janvier est là pour de bon. On peut considérer qu’un rendement de 8,5 % (le rendement de l’indice composé S&P/TSX pour janvier) est respectable pour le marché boursier sur une année entière, et encore plus sur un mois. Comme nous ne prévoyons ni une stagnation des marchés au cours des 11 prochains mois ni une progression en ligne droite, nous nous attendons à de la volatilité et à une légère remontée des prix à court terme.

Qu’est-ce qui a changé? Pas autant de choses qu’on pourrait penser                         

Mis à part une légère remontée par rapport aux creux de décembre, il ne devrait pas y avoir assez de raisons pour que l’optimisme débordant des investisseurs justifie un gain aussi important que celui enregistré en janvier. Les investisseurs se rappelleront peut-être que la chute de décembre a été précipitée par la crainte d’un ralentissement de l’économie mondiale ainsi que par un certain nombre de questions géopolitiques qui ont créé de l’incertitude et mis à mal leur confiance. Plus précisément, la suspension des services publics aux États-Unis, le Brexit et les différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine étaient au sommet des préoccupations. En janvier, alors que les marchés étaient à la hausse, chacune de ces questions est demeurée présente et très préoccupante. Plus tard au cours du mois, une résolution (provisoire) à la fermeture partielle du gouvernement américain a été adoptée et des signes positifs quant aux échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine ont été observés, ce qui a soutenu une partie des gains. Cela dit, les attentes quant au ralentissement de la croissance mondiale ont très peu évolué. Des données économiques meilleures que prévu (p. ex., la création d’emplois aux États-Unis) ont été publiées et, comme certains investisseurs méfiants craignaient possiblement un « atterrissage brutal » de l’économie, ils ont été soulagés de constater que les récents résultats ont été meilleurs que ce qu’ils appréhendaient. Toutefois, dans l’ensemble, des signes indiquent toujours une modération de la croissance pour les économies mondiales et les estimations de la croissance économique et de la croissance des bénéfices des sociétés pour 2019 continuent d’être révisées à la baisse en ce début d’année 2019.

Ce qui nous rassure, ce sont les résultats du quatrième trimestre de 2018 quant aux bénéfices des sociétés. Jusqu’à maintenant, 333 sociétés de l’indice S&P 500 et 41 des 239 sociétés de l’indice composé S&P/TSX ont communiqué leurs résultats. Les bénéfices ont dépassé les estimations des analystes pour 60 % des sociétés de l’indice S&P/TSX et 72 % des sociétés de l’indice S&P 500, et la croissance des bénéfices sur douze mois se situe actuellement à 5,7 % et à 14,3 % pour ces indices respectivement.

Vers la fin du mois, la Réserve fédérale américaine a annoncé qu’elle modifiait ses plans de hausse des taux afin d’adopter une position plus accommodante. Ce changement a eu des répercussions sur la Banque du Canada et entraîné une baisse des rendements obligataires qui a procuré aux investisseurs en titres à revenu fixe de bien meilleurs résultats que ceux auxquels ils s’attendaient pour le début de 2019. L’indice obligataire universel FTSE TMX Canada a progressé de 1,34 % en janvier. Les obligations de sociétés ont mené le bal, la Réserve fédérale américaine ayant confirmé le 30 janvier qu’elle n’entendait pas jouer les trouble-fêtes sur les marchés financiers. Contrairement aux attentes, la Réserve fédérale américaine a interrompu ses hausses de taux et annoncé qu’elle était prête à faire preuve de souplesse relativement à la réduction de son bilan. Cette mesure a calmé les investisseurs, qui craignaient que le processus de « normalisation » des taux de la Réserve fédérale ne ralentisse les conditions économiques au point de provoquer une récession.

Marché boursier canadien : Les actions de producteurs de cannabis s’enflamment. L’or noir monte

Il était fascinant d’observer les secteurs à rendement élevé du Canada en janvier. Le secteur de la santé a produit un rendement impressionnant de 43,2 %, car les actions de producteurs de cannabis ont encore une fois suscité un très fort engouement. L’évolution en montagnes russes du secteur se poursuit puisqu’il s’agit de la troisième hausse majeure (supérieure à 40 %) depuis 12 mois, en alternance avec trois replis importants (supérieurs à -30 %). Il ne faut pas oublier que ce secteur ne représente qu’une infime partie de l’indice composé S&P/TSX (environ 2 %) et que, par conséquent, sa contribution pondérée au rendement total a une incidence moindre que ce que laissent croire les grands titres (seulement 0,69 % du rendement total de 8,5 %). Les excellents rendements de l’indice composé S&P/TSX sont principalement attribuables aux importants secteurs de l’énergie et de la finance au Canada. Les prix du pétrole canadien ont enregistré une forte reprise, tant en chiffres absolus que par rapport au pétrole des autres pays du monde; les écarts entre les prix du Canadian Western Select et du West Texas Intermediate ont diminué considérablement, passant de 50 $ US en octobre à environ 10 $ US actuellement. Ce répit pour le secteur de l’énergie au Canada fait suite à la décision du gouvernement de l’Alberta de réduire la production; ce n’est pas le contexte idéal pour un redressement des prix, et la solution à long terme que représente une augmentation de la capacité d’exportation demeure empreinte d’incertitude. Les actions des banques canadiennes ont rebondi après avoir chuté de -12,7 % au quatrième trimestre de 2018. Le dynamisme des actions des banques est une deuxième consolation offerte par l’évolution des rendements obligataires. La baisse des rendements obligataires est encourageante pour ce qui est des conditions d’emprunt au Canada, et les mouvements des taux ont également mis fin à la baisse linéaire de la courbe de rendement, qui évolue maintenant de façon latérale et se redresse même légèrement. Ce n’est pas le meilleur contexte pour les prêteurs, mais le thème commun de nombreux mouvements des actions en janvier était d’éviter le pire par un « moindre mal » par rapport à ce qu’on avait cru au départ ou à que ce que les creux de décembre n’avaient laissé prévoir.

恭禧發財 Gong Xi Fa Cai : L’année du Cochon portera chance  

Alors que la Chine célèbre l’année du Cochon (une année sous le signe de la chance), l’optimisme renaît en raison du ton actuel des négociations entre les États-Unis et la Chine concernant les échanges commerciaux et d’un nouveau programme de la banque centrale chinoise visant à renforcer le système bancaire du pays et à faire évoluer la politique fiscale et monétaire vers un mode favorable à la croissance. Toutes les expansions mondiales survenues depuis la crise financière étaient accompagnées d’une reprise de l’économie chinoise, mais les événements actuels, même s’ils sont positifs, n’en sont qu’à un stade précoce et sont pour le moins précaires. Comme l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon semblent entrer dans une phase de ralentissement, le moment ne pourrait être mieux choisi pour que l’économie chinoise reprenne de la vitesse plus tôt que prévu. Malheureusement, il demeure illusoire de s’attendre à un synchronisme aussi parfait. La réaction de l’économie chinoise au cours des prochains trimestres de 2019 pourrait décider de la perception des investisseurs à l’égard de la croissance mondiale, à savoir une propension au risque (c.-à-d. un solide rendement des marchés boursiers mondiaux) ou une aversion au risque (c.-à-d. un solide rendement des obligations). Ainsi, tout en profitant de l’occasion de célébrer l’optimisme qui accompagne le Nouvel An chinois, nous suivons de près ces événements en fonction de nos attentes à l’égard de la croissance mondiale et des marchés financiers.

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