Revue des marchés de 2017: les actions, les obligations et l’économie dépassent les attentes

Revue des marchés de 2017: les actions, les obligations et l’économie dépassent les attentes

Les marchés des actions ont profité de la croissance économique mondiale synchronisée et de l’inflation modeste qui se sont traduites par de solides bénéfices du côté des sociétés, ainsi que des résultats supérieurs aux attentes établies au début de 2017.

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Les marchés des actions du monde ont réalisé de forts gains en 2017

L’année s’est amorcée dans l’enthousiasme suscité par le programme favorable aux entreprises de la nouvelle administration Trump, mais aussi avec une part d’incertitude à l’horizon à l’égard des politiques commerciales et de celles sur l’immigration. Les tentatives manquées de mettre en oeuvre des interdictions de voyager et de réformer le système de santé ainsi que la guerre de mots avec la Corée du Nord ont préoccupé le président Trump et les médias, tout comme le fort roulement du personnel à la Maison-Blanche. Vers la fin de l’année, les politiciens de Washington ont finalement formulé une réforme fiscale, les décideurs ayant adopté la loi très attendue juste avant le congé de Noël.

L’économie canadienne a connu une croissance étonnamment forte, incitant la Banque du Canada à majorer les taux d’intérêt par deux fois; ces hausses ont presque fait doubler le rendement des obligations de deux ans par rapport au début de l’année, en plus de faire progresser le huard de cinq cents.

À l’extérieur de l’Amérique du Nord, la force de la croissance économique et le maintien de politiques monétaires expansionnistes ont soutenu les marchés des actions de l’Europe et du Japon. Le climat politique européen a favorisé les marchés, et a été marqué par la victoire d’Emmanuel Macron (avec un programme centriste pro-européen) lors de l’élection présidentielle française, en mai. La banque centrale du Japon, quant à elle, n’a pas encore délaissé sa politique extrêmement conciliante de taux d’intérêt négatifs.

Les marchés émergents ont tiré parti à la fois du contexte de croissance mondiale synchronisée et de la croissance durable.

Les marchés des actions ont enregistré des niveaux de volatilité historiquement bas, surtout aux États-Unis. L’indice S&P 500 a évité un repli de 3 % pour la première fois depuis 1995. L’indice VIX, qui donne une mesure prévisionnelle de la volatilité de l’indice S&P 500, a touché un creux historique de 8,54, a enregistré une moyenne annuelle de 11,1, et pas une seule fois n’a dépassé sa moyenne à long terme de 19,4. À l’extérieur des États-Unis, de façon similaire, les marchés des actions ont affiché des niveaux de volatilité inférieurs à la normale.

Sous la surface, deux enjeux dominants (souvent opposés) ont provoqué de la turbulence tant sur les marchés des actions que sur ceux des obligations.

Sur un premier front est intervenue la reflation : des fluctuations du marché fondées sur la perspective voulant que l’économie mondiale connaisse une expansion synchronisée qui entraînera une hausse de l’inflation et la normalisation de la politique monétaire. Aux États-Unis, la politique budgétaire expansionniste a eu pour effet d’exacerber les attentes visant la reflation. Lorsque cet enjeu est devenu prédominant (surtout durant les quatre derniers mois de l’année), les rendements obligataires ont augmenté et les titres faisant partie des secteurs cycliques (finance, énergie, matériaux et industrie) ont également bénéficié de la situation. Les marchés comme le Canada et les marchés émergents ont tiré avantage de la reflation.

Sur un second front est entrée en jeu l’idée selon laquelle la croissance économique pâlirait, l’inflation demeurerait une source d’incertitude et les politiques d’encouragement fiscal américaines ne verraient jamais le jour. Durant la période où ce point de vue était en vogue (surtout du mois de mars au mois d’août), les rendements obligataires ont baissé, et les investisseurs se sont mis à la recherche de possibilités de croissance durable, notamment des actions de sociétés dont les perspectives de croissance uniques ne sont pas exclusivement tributaires d’une forte croissance économique sous-jacente. Ces actions se trouvent principalement dans les secteurs des technologies de l’information et de la santé. Dans ce contexte, l’indice S&P 500, dont la pondération en titres des secteurs précités se chiffre à 38 %, est mieux positionné que l’indice S&P/TSX, qui affiche quant à lui une pondération minime de 4 %.

Pour les marchés émergents, les deux enjeux ont eu ensemble l’effet d’une double dose d’adrénaline. Ces marchés présentent une exposition importante aux secteurs cycliques traditionnels, mais les possibilités de croissance novatrice abondent également. L’exposition sectorielle des marchés émergents est désormais plus largement répartie, de sorte que le secteur des technologies de l’information est maintenant le plus représenté au sein de l’indice MSCI Marchés émergents, avec une pondération de 28%.

Un rendement positif pour le marché des titres à revenu fixe

En plus des perspectives en dents de scie en ce qui a trait à la reflation, un thème dominant pour les marchés obligataires nord-américains a été l’aplanissement de la courbe de rendement. La Réserve fédérale a pratiqué trois hausses de taux, tandis que la Banque du Canada les a relevés à deux reprises. Ces décisions des banques centrales ont nourri la hausse des rendements à court terme. Les rendements obligataires à plus long terme n’ont toutefois pas suivi la même ascension alors que l’inflation est restée modérée, donnant lieu à l’aplanissement de la courbe de rendement. Les rendements obligataires du monde ont également continué à être plombés par des politiques monétaires expansionnistes en Europe et au Japon.

Le rendement positif enregistré pour l’année s’est avéré légèrement supérieur à ce que nous avions prévu pour 2017 alors que les sommets atteints par les rendements des obligations du gouvernement du Canada de dix ans n’ont pu être maintenus en fin d’année, et que les résultats de l’indice dans leur ensemble ont été dopés par le resserrement des écarts de crédit. Les obligations à rendement élevé se sont démarquées sur le marché des titres à revenu fixe, tirant avantage de leur taux de rendement effectif supérieur et du rétrécissement des écarts de crédit.

L’indice obligataire universel de rendement total FTSE/TMX Canada a affiché un degré plutôt élevé de volatilité, enregistrant en mi-année une baisse allant du sommet au creux de -3,55 %, une variation attribuable au changement de cap de la Banque du Canada dans sa position quant à sa politique. Après n’avoir pas écarté la possibilité d’exercer une baisse de taux, et ce, pendant la majeure partie du premier semestre de 2017, la Banque du Canada a reconnu que le pays jouissait d’une excellente dynamique macroéconomique et a relevé les taux de financement à un jour de 25 points de base en juillet et en septembre, annonçant la deuxième hausse plus tôt que bien des observateurs l’avaient prévu. En conséquence, le rendement des obligations canadiennes a bondi, surtout dans la partie courte de la courbe, où le rendement des obligations de deux ans a plus que doublé en trois mois (de juillet à septembre). De façon similaire, le rendement des obligations canadiennes de dix ans a été porté à la hausse. En septembre, il a presque dépassé celui des bons du Trésor américains de dix ans, pour ensuite tendre à la baisse durant le reste de l’année après que la Banque du Canada eut plus clairement adopté un ton accommodant, atténuant les attentes quant à de nouvelles hausses de taux. Ces fluctuations du marché obligataire ont comprimé le différentiel de rendement des obligations de deux ans entre les États-Unis et le Canada, et ont contribué au raffermissement du dollar canadien.

Les actions canadiennes ont avancé péniblement pendant le plus clair de 2017

Bien que l’économie canadienne ait connu une belle lancée, le marché des actions canadiennes a été l’un de ceux ayant obtenu les moins bons résultats en 2017. Le rendement total enregistré pour l’année demeure somme toute respectable, à 9,1 %. Les investisseurs canadiens ne doivent pas oublier que les marchés des actions ne procurent pas de rendements qui se découpent nettement par année civile. L’indice S&P/TSX a exceptionnellement bien fait en 2016, surpassant l’indice S&P 500 de 11 % en matière de cours en dollars canadiens, en plus d’offrir un ratio dividende/cours supérieur. Sur le plan du rendement total, l’indice S&P/TSX affiche une hausse cumulative de 32 % depuis deux ans, comparativement à un rendement total de 24 % en dollars canadiens pour l’indice S&P 500.

L’économie canadienne a dépassé les attentes et a été l’une de celles qui se sont distinguées au chapitre des résultats économiques en 2017. De solides gains du côté de l’emploi et la hausse des prix des logements ont continué à stimuler les dépenses de consommation au pays. Les actions canadiennes ont avancé péniblement pendant le plus clair de 2017 avant de réagir à la reflation et à la remontée des prix du pétrole durant les quatre derniers mois de l’année. Le sous-rendement relatif de l’indice composé S&P/TSX s’explique en grande partie par ses pondérations sectorielles. En effet, les secteurs de l’énergie et de la finance constituent plus de la moitié de l’indice (chacun de ces secteurs ayant moins bien fait que leur semblable américain), alors que la pondération combinée des secteurs favoris de l’année, à savoir les technologies de l’information et la santé, n’est que d’un maigre 4 %, comparativement à 38 % au sein de l’indice S&P 500.

La hausse de taux décrétée en septembre par la Banque du Canada a insufflé aux actions des sociétés financières un dynamisme qui tombait à point nommé et a contribué à l’obtention d’un rendement respectable de près de dix pour cent pour le secteur. Avant la hausse, les sociétés financières avaient vu leur cours stagner alors que la courbe de rendement s’était aplanie et que les manchettes négatives au sujet de l’explosion des prix des logements, du surendettement des consommateurs et d’un scandale comptable visant le prêteur alternatif Home Capital avaient ébranlé la confiance des investisseurs. L’incertitude entourant l’ALENA a également nui aux perspectives à l’égard des actions canadiennes, les pourparlers entre les États-Unis, le Canada et le Mexique relativement à l’accord (entamés en août) ayant conduit à peu de progrès sur les questions litigieuses.

Pétrole

Le pétrole a finalement terminé l’année en hausse de 12,5 %, mais son parcours n’a pas été linéaire. Le brut est entré en territoire baissier en juin, pour ensuite remonter de 42 % durant le reste de l’année. Les prix mondiaux du pétrole ont été soutenus par l’OPEP et ses alliés qui ont accepté de prolonger la baisse de production pétrolière jusqu’à la fin de 2018. Des signes indiquant une hausse de la demande future (la croissance mondiale synchronisée aidant) ont également concouru à la montée des prix du brut. Malheureusement, en raison d’une série de difficultés qui ont touché uniquement le Canada (principalement en lien avec des pipelines), le prix de référence du pétrole brut au Canada (soit le prix du Western Canada Select) a chuté de 21 % à la fin de l’année, pour terminer l’année en baisse de 8,5 % par rapport au prix inscrit en début d’année.

Les actions américaines ont poursuivi leur ascension en 2017

Le marché haussier qui a duré 106 mois est maintenant le deuxième plus long jamais enregistré, et l’indice S&P 500 a atteint un total impressionnant de 62 nouveaux sommets en 2017.

L’économie américaine continue de bien se porter. Les mesures de la confiance des entreprises et des consommateurs ont atteint des niveaux record durant l’année. Les sociétés technologiques à très grande capitalisation que sont Amazon, Facebook, Apple, Microsoft et Alphabet ont le plus contribué à la croissance durable. Ce marché a connu quelques légères accalmies durant l’année alors que les investisseurs s’inquiétaient de savoir si le vent avait tourné, mais ces soubresauts ont été de courte durée. Les titres bancaires ont également obtenu d’excellents résultats, profitant des taux d’intérêt plus élevés, de la déréglementation et de la perspective d’une réforme fiscale.

Les thèmes de la croissance mondiale synchronisée et de la croissance durable ont influé grandement sur les actions internationales

Le caractère constructif des événements politiques récents et la croissance européenne étonnamment forte ont stimulé les marchés des actions européens. C’est avec un soupir de soulagement que les investisseurs ont accueilli la victoire du candidat pro-européen Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle française, en mai. Leur détermination a toutefois été remise à l’épreuve plus tard dans l’année devant l’incertitude liée à la politique allemande et espagnole.

Alors que la politique a certes fait couler beaucoup d’encre, l’attention du marché a été davantage axée sur la poursuite de la reprise économique en Europe. La croissance et l’inflation ont augmenté en 2017, tandis que le chômage a reculé pour atteindre les points les plus bas de la courbe du cycle. Les actions ont également tiré avantage du maintien de la politique monétaire expansionniste dans la région. La BCE n’a avancé qu’à petits pas dans le retrait progressif des mesures de stimulation, tandis que l’euro a profité de l’embellie économique ambiante et s’est apprécié de 14, 1 % par rapport au dollar américain pour l’année.

L’indice FTSE 100 du Royaume-Uni a été à la traîne de ses semblables de par le monde dans un contexte où le Brexit continue d’assombrir les perspectives pour les entreprises. Par ailleurs, la baisse des revenus réels (une conséquence de la hausse de l’inflation et de la stagnation des salaires) a freiné les dépenses et la confiance des consommateurs. Les négociations sur le Brexit ont néanmoins mené à une avancée positive en décembre. Certaines questions ont été résolues, mais les investisseurs ne sont pas sans savoir qu’il reste encore fort à faire.

Les actions japonaises ont affiché d’excellents résultats, une bonne partie des gains ayant été faits au cours des quatre derniers mois de l’année. Cette progression a coïncidé avec la victoire du premier ministre Shinzo Abe lors d’une élection déclenchée subitement en octobre. Compte tenu de l’inflation qui se situe encore bien loin de la cible de 2 % fixée par la Banque du Japon, la victoire d’Abe pourrait signifier la poursuite de sa politique monétaire laxiste et de ses réformes économiques, que l’on connaît sous le nom d’« Abénomie ». En dépit de l’inflation insuffisante, l’économie japonaise s’est améliorée tranquillement, profitant d’un rebond au chapitre des dépenses des entreprises et des consommateurs qui s’est traduit par sept trimestres de croissance d’affilée et un taux de chômage à son plus bas depuis 23 ans.

Les changements qui touchent les actions des marchés émergents leur ont permis de cumuler les avantages de la croissance mondiale synchronisée et de la croissance durable. Après avoir peiné à suivre la cadence des marchés développés durant la majeure partie des six dernières années, les marchés émergents sont ceux qui ont le mieux fait en 2017. Plus particulièrement, les éléments cycliques des marchés émergents ont été bien servis par la reprise du commerce mondial et la stabilité du dollar américain. Un peu comme aux États-Unis, les actions de sociétés technologiques présentant des possibilités de croissance durable se sont fort bien comportées, les actions « BAT » de l’Asie (soit celles des géants de l’Internet Baidu, Alibaba et Tencent, qui forment la version asiatique des actions « FAANG », aux États-Unis) ayant d’ailleurs progressé.

Les perspectives des marchés financiers de 2018 reflètent un équilibre

À l’amorce de 2018, la conjoncture et les marchés des capitaux mondiaux se dirigent selon nous vers la fin du cycle économique. Nous pensons que l’économie mondiale dispose d’un momentum suffisant et que l’inflation et les conditions financières demeureront favorables assez longtemps pour que nous continuions à privilégier les actions par rapport aux titres à revenu fixe. Dans le cadre de nos perspectives, nous notons que l’attrait relatif des  actions relativement aux obligations sur une base rajustée en fonction du risque s’est amoindri. Nous atteignons ainsi l’équilibre, puisque nous assumons un risque modéré grâce à une légère surpondération en actions. Pour en savoir plus sur ce que pourraient nous réserver les marchés financiers en 2018 et au-delà de cette période, veuillez lire le rapport de GLC sur les perspectives des marchés financiers de 2018. File opens in a new window

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