L’incertitude quant au commerce et aux pipelines nuit au Canada tandis que le marché haussier de l’indice S&P 500 bat un record

En août, le marché boursier américain a marqué l’histoire en atteignant de nouveaux sommets records et en enregistrant sa plus longue séquence haussière de tous les temps. Pendant ce temps, les actions canadiennes étaient aux prises avec l’incertitude entourant les échanges commerciaux et le projet d’expansion de pipeline.

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Le marché haussier le plus détesté de l’histoire

En août, l’indice américain S&P 500 a marqué l’histoire en atteignant de nouveaux sommets records et en enregistrant sa plus longue séquence haussière de tous les temps lorsqu’il a franchi le cap des 3 453 jours sans correction boursière de 20 % ou plus. On l’a surnommé « le marché haussier le plus détesté de l’histoire » et pour cause : la progression de 329 % depuis les creux de mars 2009 jusqu’au 31 août 2018 s’est accompagnée d’une litanie d’inquiétudes et de menaces nuisibles à la confiance des investisseurs (hésitation dans la reprise économique, ultimes programmes de relance, corrections « éclair »). Cette séquence haussière a pris naissance au cœur de la pire crise financière au pays et s’est nourrie des taux d’intérêt historiquement bas, des interventions sans précédent de l’État et de l’éclosion de géants technologiques mondiaux. Il se peut que les livres d’histoire retiennent le parcours du marché bien plus que sa destination (Le S&P 500 passe à l’histoire en enregistrant le plus long marché haussier à ce jour).

Et puisque nous sommes sur le sujet des jalons historiques et des géants technologiques de ce monde, Apple est devenue la première société entièrement ouverte ayant une valeur marchande de plus de mille milliards de dollars ($ US), suivie de près par Amazon, à 982 milliards de dollars ($ US). Les deux sociétés représentent à elles seules 7,9 % de la pleine valeur marchande de l’indice S&P 500.

Les pipelines et les tensions commerciales créent des vents contraires pour le Canada

Le marché boursier canadien n’est pas parvenu à suivre l’époustouflante cadence record de son voisin du Sud. Malgré une vigueur remarquable au chapitre des données économiques et des bénéfices des sociétés de part et d’autre de la frontière (ainsi qu’une hausse considérable du cours des actions canadiennes de cannabis, ce qui a profité à notre petit secteur de la santé), le Canada a dû composer avec des difficultés de taille au mois d’août. Deux questions ont tout particulièrement accentué les préoccupations des investisseurs canadiens : l’incertitude au sujet des échanges commerciaux et les contraintes quant aux pipelines.

Les négociations entourant l’ALENA s’éternisent

Les nouvelles voulant que les discussions entre les États-Unis et le Mexique aient abouti à une entente de principe entre les deux pays ont provoqué une réaction d’inquiétude devant la possible exclusion du Canada de la nouvelle mouture de l’ALENA. Les négociations entre le Canada et les États-Unis ont repris de plus belle, mais le mois s’est conclu sans que les parties aient ratifié d’entente (ni bilatérale entre les États-Unis et le Canada, ni trilatérale entre le Mexique, les États-Unis et le Canada). L’expiration du délai déclaré par le président Trump à la fin du mois n’a fait qu’alimenter l’incertitude. Bien qu’il soit possible d’arriver à une entente qui inclut le Canada ou encore à une entente distincte pour le Canada, à très court terme, tout ce processus est une source de défis et d’instabilité pour les affaires, au détriment des résultats à court terme de l’indice composé S&P/TSX. La situation a entraîné un recul des rendements obligataires canadiens, ce qui a permis aux titres à revenu fixe du Canada de revenir en territoire positif.

Le projet de pipeline se heurte à un mur  

La décision de la Cour d’appel fédérale d’annuler l’autorisation, par le cabinet, du projet d’expansion de pipeline Trans Mountain a fait fuir les investisseurs du secteur canadien de l’énergie. La décision, considérée comme préjudiciable pour l’économie canadienne en général et le secteur canadien de l’énergie en particulier, a pris tout le monde par surprise.

Les contraintes imposées aux oléoducs depuis des années constituent un important facteur qui explique l’escompte des cours pétroliers canadiens. Maintenant, devant le report inévitable du projet albertain, l’industrie pétrolière au Canada doit faire face à d’autres obstacles qui sapent ses efforts d’expansion dans des marchés étrangers au-delà des États-Unis. Au cours des cinq dernières années, le pétrole de source canadienne Western Canada Select (WCS) s’est négocié à un escompte de 17 $ en moyenne (c.-à-d. l’écart de prix) comparativement au pétrole de source américaine West Texas Intermediate (WTI). Peu de temps après l’annonce de la Cour d’appel fédérale à la fin août, l’écart s’est élargi pour atteindre 27 $ le baril, mettant davantage à mal la rentabilité des sociétés pétrolières canadiennes.

Outre les effets néfastes sur les cours, l’annonce a également terni la réputation du Canada aux yeux des investisseurs. L’incapacité du Canada à mener à bien un projet majeur d’infrastructures (surtout un projet qui semblait s’appuyer sur la certitude additionnelle que lui procurait le fait d’appartenir au gouvernement fédéral et d’être approuvé par celui-ci) remet en question le climat favorable aux entreprises canadiennes.

À présent, bien que les retards dans l’expansion du pipeline Trans Mountain et la poursuite des négociations autour de l’ALENA empêchent les investisseurs de bien évaluer le rapport entre le risque et le rendement qu’offrent les entreprises d’ici, à plus long terme, ces mêmes investisseurs continueront de se tourner vers les données fondamentales des actions – comme la vigueur des bénéfices des sociétés et le caractère raisonnable des évaluations – car les entreprises réagissent aux perspectives de croissance mondiale dans l’ensemble qui, elles, demeurent relativement bonnes.

"Se prononcer contre l’économie mondiale, c’est comme se prononcer contre la météo : elle continuera d’exister, quoi que
vous en pensiez."
John S. McCain (1936-2018) politicien américain et officier militaire.

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