Trois facteurs ayant stabilisé les cours boursiers après la hausse frénétique de janvier

Bénéfices robustes, diminution des tensions commerciales et ralentissement des taux d’intérêt : autant de facteurs qui ont contribué à la stabilisation des cours boursiers après la hausse frénétique de janvier.

Les actions mondiales ont affiché de l’effervescence au début de l’année 2019. L’indice mondial MSCI, tous les pays (qui comprend des actions des marchés développés et des marchés émergents) est en hausse de 10,5 % sur une base cumulative en 2019 et de 15,5 % depuis Noël. La hausse soutenue des cours en février s’est inscrite dans la continuation de la reprise de janvier, mais son rythme était beaucoup moins effréné. Les investisseurs semblent donc avoir troqué leur optimisme réactif pour une attitude plus pragmatique (mais tout de même empreinte d’espoir) au sujet des perspectives de croissance des marchés des actions. La hausse constante de l’impulsion des cours a certes suscité plus d’optimisme que ne l’ont fait les manchettes agitant le spectre d’une récession il y a à peine deux ou trois mois de cela.

Les banques centrales adoptent une approche attentiste quant aux hausses de taux d’intérêt

À la source de ces hausses de cours, il y a d’abord les bénéfices des sociétés mondiales, qui ont été meilleurs que prévu. Mais les investisseurs ont aussi été rassurés par d’autres facteurs. Mentionnons l’espoir d’une accalmie des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les perspectives de croissance économique supérieures aux attentes chez cette dernière et les signaux envoyés par les banques centrales, voulant qu’elles feront preuve de prudence quant aux prochaines hausses de taux d’intérêt.

La valeur des obligations ne s’appréciant pas – ou très peu – le revenu procuré par les obligations canadiennes au début de février a tout juste suffi à maintenir leur trajectoire de rendement positif en 2019. Tandis que les marchés des actions se réjouissaient de l’hésitation des banques centrales à poursuivre leurs stratégies de resserrement monétaire, les investisseurs obligataires ont fait une pause pour réfléchir aux conséquences pour les taux obligataires futurs. En février, les mouvements des taux de rendement des obligations se sont limités à de légères fluctuations tantôt positives, tantôt négatives à l’échelle de divers secteurs et durations. À la fin du mois, le modeste gain de 0,2 % enregistré par l’indice obligataire universel FTSE Canada était une victoire, tout bien considéré.

Les prix du pétrole poursuivent leur hausse en février

Les prix du pétrole ont continué de faire de bons progrès, ce qui a influé sur les fluctuations de prix jusqu’à se refléter à la pompe. L’or noir avait vu ses cours fort éprouvés à la fin de 2018, ce qui s’expliquait en partie par les craintes au sujet des échanges commerciaux et des problèmes de production au Canada et dans d’autres pays grands producteurs de pétrole. Bien que tout ne soit pas réglé, ces problèmes se sont depuis atténués. L’incidence de l’économie chinoise sur la croissance mondiale ne doit pas être sous-estimée. Les prévisions de demande mondiale pour le pétrole ont crû au même rythme que l’optimisme devant les efforts déployés par la Chine pour reprendre sa croissance en main et que les possibilités de résolution des querelles commerciales entre elle et les États-Unis. En février, les prix du pétrole ont aussi été stimulés par l’annonce que l’Arabie Saoudite et la Russie réduiraient leur offre, ainsi que par les problèmes d’approvisionnement du pétrole issu d’autres pays, comme le Venezuela. Le pétrole canadien (qui se négociait à très grand escompte en 2018) a aussi vu ses prix avantagés par le gouvernement albertain, qui a réussi à atténuer les contraintes de production sans trop faire glisser les prix.

Le Canada ouvre la voie avec de solides rendements dans les secteurs de l’énergie et de la finance

Malgré certaines données économiques décevantes récemment observées au Canada (comme le taux de croissance annualisé de 0,4 % au dernier trimestre de 2018), il ne faut pas oublier que le marché boursier canadien et l’économie canadienne font deux. Sur la base d’une devise commune, l’indice composé S&P/TSX a surclassé la plupart des marchés des pays développés jusqu’à maintenant en 2019, grâce aux secteurs de l’énergie et de la finance, d’où proviennent environ la moitié de ses gains. Le rythme de croissance intérieure modeste du Canada demeure près des attentes, quoiqu’il était inférieur à celui de nos voisins du Sud. Par contre, alors que l’indice S&P 500 traverse une période haussière soutenue depuis le début de 2019, les actions canadiennes subissent plus de soubresauts, avec des périodes de contre-performance marquée suivies de périodes de fort surrendement.

Le secteur canadien des technologies de l’information a connu le plus grand gain, mais comme il compte pour seulement 4 % de l’indice composé S&P/TSX, ce n’est pas lui qui a le plus contribué aux résultats en février. C’était plutôt le cas du secteur de l’énergie, beaucoup plus important, des hausses de cours observées dans les secteurs sensibles au taux d’intérêt – comme l’immobilier et les services aux collectivités – et dans certains secteurs plus cycliques, comme la finance et l’industrie. Rappelons que le secteur canadien de l’énergie a enfin le vent dans les voiles grâce à la hausse des prix du pétrole.

Dans le secteur de la finance, les hausses de dividendes des quatre grandes banques canadiennes (TD, RBC, CIBC et Banque de Nouvelle-Écosse) ont été bien accueillies par les investisseurs. Les banques n’étaient pas les seules grandes sociétés à annoncer de telles hausses : Suncor (du secteur de l’énergie) a fait de même.

Des éléments à surveiller

Toujours dans les marchandises, les possibilités d’activités de regroupement d’entreprises dans le secteur aurifère ont graduellement porté les cours plus haut. L’offre d’achat non sollicitée de Barrick envers Newmont, de l’ordre de 18 milliards de dollars, est un exemple de société du secteur des matériaux tentant de demeurer pertinente en augmentant son échelle et en maintenant sa position parmi les gros joueurs internationaux.

Les négociations entourant le Brexit ont continué, amorçant leur dernier mois (à moins que la première ministre Theresa May réussisse à faire reporter la date limite du 29 mars 2019). L’effet sur les marchés nord-américains a été minime jusqu’à maintenant, mais cela pourrait changer quand l’Europe et le R.-U. entreront ensemble en terrain inconnu.

La modération demeure un bon principe à suivre : les investisseurs devraient adopter une perspective plus réaliste en constatant que la croissance inouïe affichée en janvier ne se poursuivra pas. Ils pourront profiter du mois de mars s’ils n’oublient pas que la fête pourrait ne pas durer et qu’il vaut mieux ne pas faire d’abus. Sur ce, « Sláinte » (« à votre santé » en gaélique).
 

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