Baladodiffusion : Brent Joyce parle des Perspectives des marchés financiers de mi-année 2018 de GLC

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Brent Joyce se joint à la baladodiffusion pour parler des Perspectives des marchés financiers de mi-année de GLC et des questions à prendre en considération d’ici la fin de 2018.

Christine W. : Bonjour, je me présente : je suis Christine Wellenreiter, vice-présidente, Marketing et Communications pour GLC Groupe de gestion d’actifs. Je reçois Brent Joyce, chef des stratégies de placement de GLC. Dans la baladodiffusion d’aujourd’hui, nous répondrons à des questions courantes et importantes des conseillers sur les marchés financiers et l’économie.

Christine W. : Avant de commencer, j’aimerais vous inviter à vous inscrire à ces baladodiffusions, si ce n’est pas déjà fait. Vous n’avez qu’à chercher GLC gestion d’actifs dans votre lecteur de baladodiffusions préféré. Vous recevrez ensuite les nouveaux épisodes automatiquement dès leur sortie. Vous pouvez évidemment continuer d’accéder à ces baladodiffusions dans le site Web de GLC. Maintenant que cette question est réglée, Brent, êtes-vous en ligne?

Brent Joyce : Oui, et j’en suis ravi, Christine.

Christine W. : Super! Merci beaucoup d’être des nôtres.

Christine W. : Brent, il semblerait que vous ayez été très occupé dernièrement. Je sais que non seulement vous avez voyagé afin de vous entretenir avec les conseillers, mais que vous venez également de publier la revue des marchés financiers de mi-année de GLC, dans laquelle vous avez approfondi bon nombre des sujets et thèmes abordés avec les conseillers dans vos déplacements.

Brent Joyce : Oui, et ces perspectives des marchés financiers de mi-année sont accessibles à tous dans notre site Web.

Christine W. : Excellent. Pour la baladodiffusion d’aujourd’hui, nous avons demandé à un groupe de conseillers de nous soumettre une question – une seule – qu’eux-mêmes ou leurs clients se posent actuellement au sujet de l’économie et du marché boursier afin que vous y répondiez. La première question que j’ai reçue – et elle me semble assez vaste – est la suivante : quelle est votre opinion sur la volatilité des marchés et la croissance mondiale au cours de la prochaine année?

Christine W. : Selon moi, Brent, cette question vise en fait à replacer les choses dans leur contexte. J’ai une bonne idée du type d’investisseur dont il s’agit : une personne qui souhaite mieux comprendre les grands titres quotidiens et mettre certaines nouvelles en perspective, en particulier les épisodes de volatilité qui ont récemment fait couler beaucoup d’encre.

Brent Joyce : Je suis d’accord avec vous, Christine. Et la volatilité ne touche pas seulement les marchés boursiers. Les marchés des titres à revenu fixe ont également fait l’objet d’une volatilité assez importante.

Christine W. : Oui, en effet.

Brent Joyce : Et nous avons la certitude que l’économie mondiale et les marchés financiers continuent de traverser ce qui nous semble être la dernière étape du cycle économique. Cette étape est souvent caractérisée par une volatilité accrue. Les hausses abruptes du cours des actions sont possibles, et c’est exactement ce que nous avons observé au début de l’année, en janvier. Suivent des corrections de cours rapides, comme celles que nous avons connues ces derniers temps. Habituellement, tout cela se produit avec pour toile de fond une augmentation des rendements obligataires.

Brent Joyce : Le problème, c’est qu’il faudrait être bien malin pour prédire exactement à quel moment se produira chaque mouvement des marchés. Nous croyons que la meilleure approche que les clients et les investisseurs devraient adopter dans le contexte actuel est la recherche d’une position neutre, c’est-à-dire une position équilibrée qui est adaptée à leur tolérance au risque et à leur horizon de placement.

Christine W. : D’accord. Je comprends donc que les risques extérieurs sont à éviter, n’est-ce pas?

Brent Joyce : En effet, le moment est mal choisi pour se montrer trop audacieux en adoptant un positionnement énergique, adapté à un cycle en croissance, pour tirer le maximum de gains de l’exposition au risque. Vous pourriez compromettre des années de planification prudente et mesurée.

Christine W. : Je suis d’accord avec vous.

Brent Joyce : Il faut se garder d’extrapoler les tendances des dernières années dans les secteurs chouchous. Je pense aux actions des marchés émergents et des technologies de l’information. Dans le cas des titres à revenu fixe, ce sont les obligations à rendement élevé. Cependant, lorsque nous observons les mouvements de capitaux entre les différents secteurs et que nous discutons avec nos partenaires d’affaires, nous avons l’impression que c’est ce que les gens font.

Brent Joyce : Je ne dis pas que ces secteurs sont à éviter absolument. Ils ont assurément leur place dans un portefeuille bien diversifié. Mais les gens doivent surveiller leur exposition à ceux-ci. Vous savez, le secteur des technologies de l’information aux États-Unis a progressé d’environ 100 % au cours des trois dernières années. Les actions des marchés émergents surclassent un grand nombre de catégories d’actifs, ce qui n’a rien d’étonnant dans un contexte où la croissance mondiale est synchronisée et solide.

Christine W. : Effectivement.

Brent Joyce : Je vous inviterais à mettre en garde les gens que vous connaissez : les actions mondiales sont prisées par de nombreux investisseurs, comme l’indiquent les flux sectoriels. Il faudrait aller au fond des choses et s’assurer que ces portefeuilles mondiaux ne sont pas exposés outre mesure aux marchés émergents non plus. Une certaine exposition peut aller. Cependant, nous devons veiller à tempérer notre enthousiasme, car nous ne sommes plus dans la même situation qu’au cours des deux ou trois dernières années.

Christine W. : En effet, car c’est réellement la fin du cycle économique, n’est-ce pas?

Brent Joyce : Oui. Et c’était le deuxième volet de la question : quelle est mon opinion sur la croissance? Les bénéfices des sociétés continuent d’augmenter, mais nous pensons que le rythme de la croissance des bénéfices devrait ralentir.

Christine W. : Hum hum (affirmative).

Brent Joyce : Ce sont souvent les détails qui comptent. Les niveaux absolus de certains paramètres fondamentaux de l’économie sont favorables aux bénéfices des sociétés et, par le fait même, aux marchés boursiers.

Christine W. : C’est vrai.

Brent Joyce : Mais nous sommes également d’avis qu’ils justifient la poursuite du resserrement de la politique monétaire des banques centrales. S’ajoutera à cela une hausse des rendements obligataires. Contrairement à l’accélération et à la synchronisation dont nous parlions au début de l’année, en janvier, nous observons maintenant des différences d’une région à l’autre, et l’accélération n’est pas universelle. Pour la suite des choses, nous devons donc tenir compte de cette réalité au moment d’établir nos attentes quant au rendement futur des actions et des obligations.

Christine W. : Effectivement.

Brent Joyce : En ce qui concerne les différents marchés, les États-Unis vont mener la croissance mondiale. Ce pays est stimulé de toute évidence par les mesures de relance budgétaire, les réductions d’impôt, etc. En outre, les investissements des entreprises augmentent comme c’est normalement le cas en fin de cycle. En ce qui concerne le Japon, l’Europe et le Canada, ce sont des marchés qui reprennent leur souffle après avoir atteint des niveaux de croissance très élevés l’année dernière.

Christine W. : Exact. Je me souviens que sur le marché canadien, le PIB était très élevé.

Brent Joyce : Oui. Le ralentissement de la croissance est donc souhaitable, car elle sera plus durable.

Christine W. : Hum hum (affirmative).

Brent Joyce : La croissance chinoise se modère, quoique légèrement. Néanmoins, dans ce cas-ci, nous devons faire attention : de la part d’un pays qui contribue autant à la croissance mondiale, même de petits changements sont, en fin de compte, importants.

Christine W. : Oui.

Brent Joyce : Le ralentissement de la croissance en Chine aura également des répercussions sur les perspectives à l’égard des marchés émergents dont j’ai parlé précédemment.

Brent Joyce : Je pense que ce changement dans nos perspectives depuis notre dernier entretien au début de l’année s’explique principalement par la hausse des rendements obligataires...

Christine W. : En effet.

Brent Joyce : … ainsi que l’amélioration des évaluations des actions.

Christine W. : D’accord.

Brent Joyce : Le ratio cours/bénéfice est l’évaluation dont on parle le plus. D’ailleurs, on a constaté une amélioration, tant pour ce qui des cours que des bénéfices.

Christine W. : D’accord.

Brent Joyce : Donc, pour ce qui est des bénéfices, les sociétés à l’échelle mondiale ont affiché une excellente croissance des bénéfices, surpassant largement les attentes des analystes dans bien des cas. Les résultats attendus sont revus à la hausse, ce qui est une bonne chose. En ce qui concerne les cours, les principaux marchés ont fait l’objet de corrections de l’ordre de 10 % environ au cours de l’hiver, et quelques-uns sont revenus à leurs sommets du début de l’année, notamment le marché canadien. Cela dit, les Canadiens se sont mis à s’éloigner du marché intérieur au moment où il commençait à remonter un peu.

Christine W. : Donc, il s’agirait en fait d’une correction que l’on pourrait qualifier de saine.

Brent Joyce : Oui. Essentiellement, la croissance est satisfaisante. Nous devons être conscients du rythme auquel elle évolue et du fait qu’elle commence à ralentir. Les attentes de rendement sont donc modérées pour les actions, et on peut s’attendre à une augmentation de la volatilité. Si vous combinez tous ces facteurs, la meilleure chose à faire selon moi est de recommander aux investisseurs d’adopter une position neutre grâce à une vaste diversification géographique et sectorielle pour ce qui est des actions, tout en conservant une certaine proportion de titres à revenu fixe pour atténuer les risques lorsque le marché des actions sera à la baisse.

Christine W. : C’est logique.

Christine W. : Brent, ma prochaine question provient d’un conseiller qui est inquiet au sujet de ses clients à la retraite. Il s’agit évidemment d’un segment démographique grandissant – des personnes qui ne touchent plus de revenus d’emploi ou d’entreprise, et qui se soucient réellement des options de placement qui peuvent s’offrir à elles en ce moment. Et il est maintenant temps pour elles de puiser dans leurs économies.

Christine W. : La question du conseiller est la suivante : « Comment devons-nous positionner les obligations auprès de nos clients retraités dans le contexte difficile actuel sans immédiatement chercher des solutions plus risquées? » Brent, je ne pense pas que ce soit une question isolée.

Brent Joyce : Non. C’est une question que des gens d’un peu partout au pays me posent.

Brent Joyce : Juste avant d’aborder le cas d’une personne qui doit tirer un revenu de son portefeuille, j’aimerais dire que pour d’autres clients – ceux qui sont dans la phase d’accumulation et qui souscrivent encore des placements – ils devraient s’en tenir à un portefeuille équilibré qui est géré avec rigueur, et continuer à investir. Certains jours, ils achèteront des actions bon marché et d’autres jours, ce seront des obligations. Parfois, ce seront les deux. Cela dit, je vais maintenant répondre à la question de ce conseiller, qui portait sur les personnes qui doivent puiser un revenu à même leur portefeuille sur une base régulière.

Christine W. : D’accord.

Brent Joyce : Donc, comme je l’ai mentionné, la volatilité augmente non seulement pour les actions, mais aussi pour les titres à revenu fixe. L’un des dangers associés au fait d’avoir à retirer des fonds de votre portefeuille pour répondre aux exigences de votre mode de vie est de le faire à un moment inopportun. Nous pourrons parler plus amplement de mon point de vue sur les titres à revenu fixe dans un moment, mais en ce qui concerne les besoins de liquidités immédiats ou à court terme de ces types d’investisseurs, je pense que les conseillers doivent se montrer plus créatifs. L’idée est de séparer les actifs parmi quelques compartiments. Vous aurez donc un compartiment pour une période allant de un à trois ans, par exemple. Cet argent servira à répondre aux besoins liés au mode de vie.

Christine W. : Exact.

Brent Joyce : Et pour cela, il est tout à fait approprié d’investir dans les actifs les plus sûrs, comme le marché monétaire, les certificats de placement garanti – les conseillers et les clients s’intéressent de plus en plus à ces titres maintenant que les rendements ont augmenté un peu – les obligations à court terme ou les fonds hypothécaires. Il s’agit dans tous les cas de choix convenables pour ces types de placements.

Christine W. : Les besoins à court terme, n’est-ce pas?

Brent Joyce : Oui. Ainsi, l’autre partie du portefeuille peut atténuer les préoccupations du client quant à l’éventualité de devoir retirer encore des fonds le mois prochain. Il saura qu’il n’a pas à s’en inquiéter pendant au moins trois ans, car il mettra d’autres fonds de côté. 

Brent Joyce : Ainsi, dans le contexte actuel, je prévois des rendements peu élevés pour les titres à revenu fixe. Nous avons fait du chemin. Si vous examinez les taux d’intérêt au Canada, vous savez que les rendements des obligations d’État de dix ans ont plus que doublé depuis un an et demi.

Christine W. : En effet.

Brent Joyce : Je doute qu’ils doublent encore. Ils en sont peut-être aux deux tiers de leur progression et devraient donc augmenter encore un peu. S’il en est ainsi, pourquoi avons-nous besoin de titres à revenu fixe? Nous en avons besoin comme outil d’atténuation des risques.

Christine W. : C’est exact.

Brent Joyce : Vous savez, je continue de considérer cette catégorie d’actif comme l’un des outils les plus puissants pour atténuer les risques lorsque des ventes massives se produisent sur les marchés boursiers. Et même si la situation actuelle est encourageante pour les actions à court terme, nous sommes parvenus à la dernière étape du cycle économique et il s’agit d’une période délicate. En ce qui concerne les personnes qui ont patiemment conservé leurs positions en titres à revenu fixe, je leur dirais de continuer à faire preuve de patience, car elles en seront bien récompensées et seront heureuses d’avoir tenu bon durant les épisodes de volatilité des marchés boursiers passés et à venir.

Christine W. : Absolument. En ce qui concerne le contexte dans lequel les titres à revenu fixe évoluent, les différents secteurs et les possibilités offertes, avez-vous une opinion sur les titres les plus intéressants et les moins intéressants actuellement, non pas pour les besoins de liquidités immédiats, mais pour ceux à plus long terme?

Brent Joyce : Oui. Un peu comme dans le cas des actions, vous devez connaître les titres à revenu fixe qui composent votre portefeuille. Nous pensons que les titres qui ont affiché un rendement exceptionnel auront de la difficulté à continuer ainsi. Les obligations à rendement élevé entrent sans contredit dans cette catégorie.

Christine W. : Hum hum (affirmative).

Brent Joyce : De nombreux investisseurs en titres à revenu fixe placent leur argent dans des portefeuilles équilibrés de titres à revenu fixe et je m’assurerais que ces portefeuilles ne comportent pas une proportion trop importante d’obligations à rendement élevé. Ces types d’instruments ne sont habituellement pas aussi sûrs que les obligations d’État.

Christine W. : En effet. Ils peuvent être assez volatils, n’est-ce pas?

Brent Joyce : Exactement. Il faut s’interroger sur les titres que l’on possède, la mesure dans laquelle nous sommes à l’aise avec ceux-ci et la façon dont ils se comporteront dans divers scénarios.

Christine W. : Donc, en ce qui concerne les obligations de bonne qualité, sont-elles attrayantes en ce moment?

Brent Joyce : Oui. Les obligations d’État sont les plus sûres, mais je crois qu’elles seront les plus durement touchées si le rendement continue d’augmenter. Les obligations à rendement élevé offrent peu de sécurité, mais leur rendement effectif est quand même intéressant. Cela dit, nous ne pensons pas qu’il est suffisant pour justifier une pondération importante en obligations à rendement élevé à ce stade-ci.

Christine W. : Oui, si l’on tient compte des risques.

Brent Joyce : Les obligations de bonne qualité offrent en quelque sorte le meilleur des deux mondes. Vous bénéficiez d’un élément de sécurité lorsque la prudence est de mise, et vous obtenez un rendement un peu plus élevé. Pour cette raison, ce sont aux obligations de sociétés de première qualité que nous accordons le plus de poids dans nos portefeuilles équilibrés et dans de nombreux portefeuilles de revenu de référence.

Christine W. : Brent, j’ai gardé pour la fin une question qui est particulièrement d’actualité, car elle porte sur les échanges commerciaux. Plus précisément, pouvez-vous nous faire part de vos commentaires sur les répercussions des enjeux commerciaux sur le Canada et sur la croissance mondiale en général? Nous ne pouvons pas y échapper. Depuis un certain temps, les nouvelles au sujet des échanges commerciaux se succèdent. Qu’elles portent sur un nouveau gazouillis ou d’autres négociations difficiles entre les pays, la plupart ne semblent pas encourageantes pour le Canada, un pays qui mise grandement sur les exportations.

Christine W. : Qu’avez-vous à dire au sujet des échanges commerciaux et de ce qui se dessine pour le Canada et l’économie mondiale dans son ensemble?

Brent Joyce : Oui, c’est un sujet d’actualité. Les médias en parlent abondamment. Tout d’abord, nous devons faire la part des choses. Les médias misent sur la crainte et la cupidité pour capter notre attention. Je pense donc qu’une bonne partie des discussions…

Christine W. : Oui, bien sûr.

Brent Joyce : … dont les grands titres font mention mettent en relief des conséquences extrêmes fondées sur la spéculation qui, selon la plupart des spécialistes, ont peu de chances de se produire. Tout n’est pas au beau fixe, sauf que les médias ont tendance à tout amplifier.

Christine W. : Ils vont à l’extrême, effectivement.

Brent Joyce : Voilà donc une mise en garde que je ferais.

Brent Joyce : Et de façon plus générale, il s’agit simplement d’un autre facteur de risque qui s’ajoute aux autres dont nous avons parlé lorsqu’il a été question de la fin du cycle économique et qui nous incite d’autant plus à recommander aux investisseurs de tendre vers une position de portefeuille neutre.

Brent Joyce : En général, si les pires scénarios se produisaient sur le plan des échanges commerciaux – à savoir des mesures visant à nuire aux consommateurs – ils freineraient la croissance mondiale et toucheraient directement les excellents bénéfices que j’ai mentionnés pour les actions. Dans l’ensemble, le résultat serait un ralentissement de la croissance économique, ce qui nuirait aux actions et profiterait aux valeurs refuges à revenu fixe. Voilà qui nous ramène au même constat : il faut nous assurer que nous avons un portefeuille qui repose sur des bases solides et qui est équilibré.

Christine W. : C’est vrai, car la poursuite des négociations commerciales cause beaucoup d’incertitude non seulement chez les investisseurs, mais également pour les entreprises et ce dans quoi elles investissent.

Brent Joyce : Je pense que « négociations » est le mot juste. Actuellement, l’incertitude demeure quant à ce qui se produira, mais la perspective d’une guerre commerciale repose largement sur des spéculations et des manœuvres politiques. Évidemment, les négociations entourant l’ALENA sont en cours et c’est tant mieux. De plus, les États-Unis et la Chine semblent ouverts aux négociations et, déjà, les deux pays montrent leurs cartes et se positionnent en prévision de celles-ci.

Brent Joyce : Pour l’instant, les résultats auxquels donneront effectivement lieu les déclarations tenues sur les échanges commerciaux ne sont que pure spéculation. Par contre, comme vous le dites, les marchés n’aiment pas l’incertitude, et des épisodes de volatilité commerciale à court terme commencent à se manifester sur le marché des actions en particulier, mais également sur celui des obligations. Les titres à revenu fixe remplissent le rôle qu’on attend d’eux dans un contexte d’aversion au risque : ils atténuent les effets du recul des actions.

Christine W. : Exact : ils nous rappellent à quel point il est avantageux de détenir des obligations dans son portefeuille, n’est-ce pas?

Brent Joyce : Oui. Plus tôt cette année, il a probablement été frustrant pour les gens de perdre de l’argent sur leurs placements en actions et d’en perdre également sur leurs placements en obligations pendant quelques semaines. Il ne s’agissait pas de la relation dont nous parlons. Maintenant, la relation entre les titres à revenu fixe et les actions est plus conforme à ce à quoi on peut s’attendre lorsqu’il est question des obstacles à la croissance que les enjeux commerciaux risquent de causer.

Brent Joyce : L’incertitude pèse donc sur les marchés et, vous l’avez mentionné, elle complique également les décisions des entreprises. Il s’agit de relations complexes, d’éléments interreliés qui peuvent avoir des conséquences inattendues.

Christine W. : Vous parlez de conséquences inattendues, mais, si vous écoutez le président Donald Trump, il affirme que les guerres commerciales sont faciles à gagner. Croyez-vous qu’il a raison?

Brent Joyce : Pas selon moi. Pensez à certains événements survenus au cours des dernières semaines. Prenons l’exemple de Harley Davidson : l’entreprise réagit aux mesures de représailles des Européens et affirme ce qui suit : « Nous allons devoir produire nos motos à l’extérieur des États-Unis pour éviter les tarifs qui ont été instaurés là-bas ».

Brent Joyce : C’était astucieux de la part des Européens : ils ont ciblé des biens américains de renom, sachant que cela ferait des vagues. Harley Davidson est une marque américaine emblématique.

Christine W. : C’est exact.

Brent Joyce : Mais il y a d’autres événements qui n’ont pas nécessairement attiré l’attention. Daimler Chrysler, un constructeur automobile allemand, a émis un avertissement à l’égard de ses prévisions de bénéfices : « Nous fabriquons des véhicules utilitaires sport en Alabama, nous les exportons en Chine et ceux-ci vont faire l’objet de tarifs imposés par les Chinois en guise de représailles. » Dans ce cas-ci, une compagnie allemande produit des voitures en Alabama et essaie de les vendre en Chine. Qui est-ce qui gagne la guerre commerciale dans ce genre de situation?

Christine W. : Ces cas mettent en lumière toute la question des conséquences indirectes des enjeux commerciaux et leur complexité. Ils créent des failles dans la relation entre les entreprises et les pays qui sont visés par des tarifs. Tout est en fait interrelié.

Brent Joyce : Pour le Canada en particulier, nous devons faire la distinction entre l’incidence possible de ces enjeux sur l’économie de notre pays et leurs effets sur les sociétés canadiennes dans lesquelles nous investissons sur le marché boursier canadien ou qui font partie de l’indice composé S&P/TSX.

Christine W. : Hum hum (affirmative).

Brent Joyce : Je pense qu’il est difficile pour les gens de faire cette distinction, mais, en réalité, bon nombre des sociétés canadiennes emblématiques bien connues ont une exposition ou des activités importantes aux États-Unis, c’est-à-dire qu’elles y sont présentes physiquement. Et parmi les sociétés qui ont enregistré les meilleurs résultats cette année, il y en a qui pourraient surprendre les gens : Suncor, la Banque TD, Shopify, Bombardier et Magna. Ces faits nous rappellent que ces sociétés sont directement visées par les questions commerciales.

Brent Joyce : Leurs actions se portent bien, et c’est parce qu’elles ont des liens et des activités aux États-Unis.

Christine W. : En effet.

Brent Joyce : Les emplois et investissements de ces sociétés continueront d’être bien accueillis au sud de la frontière, tandis que leurs activités en sol américain auront des retombées pour les actionnaires canadiens.

Brent Joyce : Nous devons donc être conscients que les gros titres se veulent plutôt sensationnalistes et que les résultats réels par rapport aux menaces restent à voir. De plus, il ne faudrait pas conclure immédiatement que le pire scénario serait aussi nuisible aux actions canadiennes qu’on le prétend.

Christine W. : Je suis tout à fait d’accord.

Brent Joyce : Notre devise se retrouve également prise dans un cercle vicieux. L’abrogation de l’ALENA représente nécessairement un risque de baisse pour le dollar canadien, ce qui suppose que les entreprises canadiennes qui gagnent des revenus en dollars US à l’étranger devront les convertir en dollars canadiens pour les déclarer, et les sommes ainsi converties représenteront des revenus plus élevés.

Christine W. : Exact.

Brent Joyce : Il y aura des répercussions.

Christine W. : C’est juste.

Brent Joyce : C’est une raison fondamentale pour laquelle le marché canadien, malgré le discours ambiant et le fait que nous ayons été choisis pour cible, s’est peut-être ressaisi et qu’il atteint des sommets record.

Christine W. : Tout à fait. Et nous sommes heureux de le constater.

Brent Joyce : Hum hum (affirmative).

Christine W. : Brent, voilà essentiellement votre point de vue sur la menace de guerre commerciale, mais quelles conclusions tirez-vous sur les titres à revenu fixe, la volatilité du marché ou tout autre sujet connexe?

Brent Joyce : Oui, il s’agit du thème de nos perspectives de mi-année : c’est le moment de tendre vers une position neutre qui correspond à votre tolérance au risque et à votre horizon de placement. Une position neutre vous procure une exposition à la croissance du marché des actions sans vous faire courir un risque excessif pour votre niveau de tolérance.

Christine W. : Absolument.

Brent Joyce : Adopter une position neutre ne signifie pas ne rien faire, n’est-ce pas? C’est faire preuve de rigueur. C’est revoir votre tolérance au risque. C’est réexaminer vos besoins à court terme si vous en avez, comme nous en avons parlé. C’est comprendre les placements ce que vous possédez et la façon dont ils devraient se comporter dans les divers scénarios possibles.

Christine W. : C’est en fait se mettre en position de force pour aborder le marché actuel.

Brent Joyce : Exactement.

Christine W. : Brent, pour les auditeurs qui voudraient en savoir plus sur les sujets et les perspectives dont vous avez parlé, où peuvent-ils trouver des renseignements supplémentaires?

Brent Joyce : Ils peuvent consulter le site Web de GLC, où ils trouveront un document sur les échanges commerciaux ainsi que nos perspectives de mi-année. Ils peuvent également nous suivre sur LinkedIn.

Christine W. : Parfait. Merci, Brent. J’ai très hâte à notre prochaine discussion sur les questions qui touchent les marchés financiers au Canada et ailleurs. Les conversations avec vous sont toujours très agréables et instructives, et je vous en remercie.

Brent Joyce : De rien. Au plaisir de vous reparler, Christine. Merci.

Christine W. : Cette baladodiffusion a été enregistrée le 27 juin 2018 à London et à Toronto en Ontario.

Troisième intervenant :  Les opinions exprimées dans le présent commentaire n’engagent que GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée (GLC) à la date de leur publication et peuvent changer sans préavis. Ce commentaire n’est présenté qu’à titre d’information générale et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des produits de placement précis, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Tout investisseur potentiel devrait étudier avec soin les documents de placement avant de prendre la décision d’investir et s’adresser à son conseiller pour obtenir des conseils en fonction de sa situation particulière.

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