Comment éviter 4 erreurs courantes commises actuellement par les investisseurs

Un homme est assis, la tête baissée, devant un graphique

Les derniers stades des cycles de marché sont particulièrement difficiles à traverser pour les investisseurs. Nous vous présentons nos perspectives sur les marchés et nos conseils en matière de placement afin que vous puissiez continuer de faire avancer votre programme de placement, vous rapprocher de vos objectifs et mettre les erreurs derrière vous.

Pour consulter le rapport complet sur les perspectives, avec la  totalité de ses sections, tableaux et diagrammes, veuillez ouvrir les fichiers PDF paraissant à la fin de cet article.

Stratégies clés pour effectuer des placements à la fin d’un cycle de marché :

  • Diminuez la surpondération des actions et n’abandonnez pas vos positions en titres à revenu fixe
  • Tournez-vous vers les solutions à faible volatilité gérées activement
  • Réduisez l’exposition aux créances à risque élevé et axez la sélection de titres à revenu fixe sur les créances de bonne qualité
  • Si vous avez besoin de revenus à court terme (c.-à-d. d’ici trois ans), éliminez le risque d’une portion de votre portefeuille en la convertissant en espèces

Certains investisseurs sous-estiment les risques du marché boursier et oublient les avantages de la gestion active. D’autres placent leurs espérances dans des titres à revenu fixe risqués et cherchent le rendement à tout prix en se disant que « cette fois-ci, c’est différent ». Dans tous les cas, il s’agit d’erreurs potentiellement nuisibles à un programme de placement à court et à long terme.

Voici comment vous pouvez reconnaître, et surtout éviter, quatre erreurs courantes que les investisseurs font actuellement, même lorsque la conjoncture est difficile. 

1. Rappelez-vous ce qui est normal

L’erreur

Sous-estimer le risque du marché boursier

Faible volatilité, rendements élevés – qui n’aime pas ça? Malheureusement, par définition, les rendements supérieurs à dix pour cent et les mesures de volatilité exceptionnellement faibles ne sont pas la norme. Les marchés évoluent, changent et suivent des cycles. Même si c’est normal, il est facile de l’oublier. Les investisseurs peuvent rapidement être désillusionnés par ce qu’ils considèrent comme des rendements médiocres dans certaines composantes de leur portefeuille, ce qui peut les amener à réduire ces « sources de déception ». En réalité, ils défont ainsi de bonnes stratégies de diversification en évitant les placements de premier ordre et en surpondérant les actions à forte croissance et à risque élevé, dans l’espoir que le rendement récent dictera les résultats futurs.

Le signal d’alarme

Les investisseurs qui ont un ratio actions-titres à revenu fixe supérieur à leur tolérance au risque et dont le portefeuille affiche une pondération démesurée dans des régions ou des segments précis ou très risqués, comme les marchés émergents ou les secteurs américains de la santé et des technologies de l’information, sont probablement en quête de rendements élevés. Ils peuvent aussi laisser la composition de leur portefeuille dévier au gré des rendements élevés en présumant que ce qui fonctionne maintenant fonctionnera aussi plus tard.

La solution

Évitez de parier gros sur des placements pour lesquels on s’attend à des rendements irréalistes simplement parce qu’ils ont récemment affiché un rendement exceptionnel. Comme nous l’avons expliqué dans notre rapport Perspectives des marchés financiers de 2018 S’ouvre dans une nouvelle fenêtre, nous pensons que c’est le bon moment de vous positionner en fonction d’attentes de rendement modestes et de respecter votre horizon de placement.

2. Réexaminez les avantages de la gestion active

L’erreur

Miser sur les placements passifs en toute situation et à tout moment

L’augmentation de la volatilité qui caractérise les placements en fin de cycle entraîne des défis particuliers pour les stratégies de placement passives tout en améliorant les avantages des stratégies actives de gestion de portefeuille. Toute stratégie de placement passive se fonde sur le principe qu’il n’y aura pas de sélection méthodique des titres, ni de préférence pour une entreprise, une industrie, un secteur ou une région en particulier. Ainsi, les stratégies de placement passives fonctionnent particulièrement bien dans les marchés qui présentent une faible volatilité et une tendance à la hausse, mais moins bien dans les marchés baissiers ou latéraux.

Dans les marchés baissiers, les placements passifs n’offrent pas de marge de manoeuvre, de solutions provisoires ou de possibilités d’intervention pour atténuer les effets négatifs d’une correction du marché. Ils suivent la direction que prend le marché ou le secteur précis qu’ils ciblent. Ils sont conçus précisément dans ce but (c’est-à-dire que le rendement sera toujours presque aussi bon en période de hausse, et toujours légèrement moins bon en période de baisse). De plus, la prédominance des ventes automatisées ou déclenchées par des algorithmes sur le marché actuel peut exagérer la vitesse et la vigueur d’une vente massive et entraîner une chute qui se perpétue elle-même, un facteur qui a fréquemment servi d’explication pour la liquidation de février.

Dans les marchés latéraux, les FNB passifs et les fonds indiciels ne permettent pas de sélectionner les « bons » placements plutôt que les « mauvais » placements. Vous ne profiterez pas de la volatilité pour acheter de bons titres au rabais et prendre vos bénéfices sur ceux-ci lorsque leur cours grimpe (afin de générer de l’alpha ou un rendement excédentaire, selon les termes employés en finance). Au contraire, les stratégies de placement passives sont par nature stimulées par des circonstances favorables, ce qui augmente l’exposition à des titres dont le prix est élevé.

Le signal d’alarme

Vous transférez des actifs vers des options de placement passives (p. ex. des FNB ou des fonds indiciels) en vous fondant sur l’hypothèse qu’ils offriront toujours de meilleurs rendements que les portefeuilles gérés activement.

La solution

Ne sous-estimez pas les avantages des stratégies de gestion active. L’expertise, les points de vue à contre-courant et la capacité de faire preuve de patience ou de saisir les occasions grâce à un processus actif de prise de décision peuvent se traduire par une valeur réelle qui se présente sous la forme de meilleurs rendements ou d’un parcours plus harmonieux. Il s’agit d’avantages non négligeables si l’on tient compte des conditions et des perspectives actuelles du marché.

3. Évitez les tentations dictées par la peur de rater quelque chose

L’erreur

Rechercher un rendement élevé à tout prix

La peur de rater quelque chose fait partie de la psyché humaine. Si vous la ressentez, c’est normal et vous n’êtes pas seul.

Nous recherchons tous le succès et il est facile de céder à l’attrait de la nouveauté. Cependant, si vous placez de l’argent que vous n’avez pas les moyens de perdre dans le tout dernier placement à la mode (valeurs technologiques recherchées, titres liés au cannabis, cryptomonnaies et titres liés aux cryptomonnaies), vous prenez des risques considérables.

Depuis un certain temps, les professionnels des placements de GLC mettent en évidence les risques liés aux actions pour lesquels la montée fulgurante des cours semble fondée sur la confiance des investisseurs plutôt que sur la capacité de l’entreprise de réaliser des bénéfices et ses perspectives à cet égard (voir la figure 1.0).

Le signal d’alarme

Vous attribuez des fonds normalement destinés à votre stratégie de placement de base à des secteurs très pointus du marché dans lesquels le rendement a été particulièrement élevé dernièrement.

La solution

Protégez votre portefeuille de placements de base, c’est-à-dire l’épargne que vous avez accumulée au prix de tant d’efforts. Continuez de suivre les principes de base des placements à long terme et assurez-vous que votre portefeuille est diversifié par région, par secteur et par catégorie d’actifs. En matière de placements, la fébrilité est rarement souhaitable, tandis que la monotonie est parfaitement acceptable. Si vous voulez garder un peu d’argent en réserve pour le placer dans un titre ou un secteur qui vous paraît réellement prometteur, il n’y a aucun mal à le faire, et investir peut ainsi devenir un passe-temps agréable. Mais lorsqu’il s’agit de respecter votre programme financier global, les risques inutiles sont, justement, inutiles.

4. N’essayez pas d’aller contre votre nature

L’erreur

Accepter plus de risques que ceux que vous pouvez assumer

À mesure que les marchés progressent, les investisseurs ont tendance à acquérir un faux sentiment de confiance quant à leur capacité à demeurer à l’aise avec des résultats de placement volatils. Ces émotions les amènent souvent à conserver une surpondération en actifs risqués (titres à revenu fixe compris) jusqu’à la toute fin du cycle du marché.

Depuis un certain temps, le rétrécissement des écarts des produits de crédit (en particulier les obligations à rendement élevé) permet d’atténuer les effets de la hausse des rendements obligataires. Par conséquent, il est possible que les investisseurs estiment mal la volatilité et les risques excessifs associés aux obligations à rendement élevé. À ce stade avancé du cycle du marché, nous croyons que les écarts de taux des obligations à rendement élevé ont diminué à un point tel que leur capacité de continuer à offrir cet avantage est limitée, et nous considérons que leur rapport risque-rendement actuel n’est pas intéressant. En d’autres termes, nous pensons que le potentiel de hausse est faible, tandis que le risque de baisse est considérable. Lorsque des événements invitent à la prudence et que la plupart des investisseurs se tournent vers la stabilité de la portion à revenu fixe de leur portefeuille pour atténuer la volatilité des marchés boursiers, les obligations à rendement élevé ne leur procurent pas la protection contre les baisses que les obligations de premier ordre vont quant à elles leur offrir.

Protégez votre portefeuille de placements de base, c’est-à-dire l’épargne que vous avez accumulée au prix de tant d’efforts.

Le signal d’alarme

Souvent, lorsque vous ne rééquilibrez pas votre portefeuille en fonction de votre tolérance au risque, vous n’avez pas de plan pour éviter de subir des pertes démesurées et de vendre sous le coup de la panique des positions risquées au cours d’une correction du marché. Surveillez les signes qui indiquent que vous essayez de vous convaincre que votre tolérance au risque (déterminée à la fois par votre horizon de placement et votre tolérance aux fluctuations du rendement de votre portefeuille) est plus élevée qu’elle ne l’est en réalité. Vous pourriez par exemple vous dire : « je vais laisser aller les choses un peu plus longtemps », « cette fois-ci, ce sera différent » ou « si les choses tournent mal, je tiendrai le coup ».

La solution

Rétablissez la composition de votre portefeuille afin qu’elle se rapproche le plus possible d’une répartition de l’actif neutre selon votre horizon de placement et votre tolérance au risque. Tout le monde peut oublier un ou deux jours de baisses. Mais comment vous sentirez-vous lorsque les marchés se porteront mal pendant quelques mois, voire une année? En répondant à cette question, vous découvrirez certainement quelle est la bonne « répartition de l’actif neutre » pour vous.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Les besoins et les préoccupations investisseurs varient d’une étape de la vie à l’autre. Prenez connaissance des portraits d’investisseurs qui suivent.

1. Investisseurs qui ont une tolérance au risque et un horizon de placement suffisants (c’est-à-dire qui sont encore dans la phase d’accumulation)

Logiquement, vous devez conserver un portefeuille diversifié d’actions et de titres à revenu fixe adapté à un profil modéré à dynamique et continuer d’y faire des ajouts régulièrement. Vous profiterez des baisses du cours des actions et des obligations attribuables aux rendements élevés et aux corrections du marché, tout en atténuant votre exposition à un marché donné grâce à la diversification.

2. Investisseurs qui se situent à l’extrémité prudente du spectre

Vous courez surtout le risque de dévier des cibles ou d’étirer vos revenus et vos rendements pendant les derniers stades d’un cycle de marché, même si vous ne pouvez pas vous permettre de supporter des baisses importantes de capital. Dans le cas des obligations, les difficultés liées à la hausse des rendements seront pénibles à court terme, mais le mot « revenu » finira par reprendre tout son sens. À ce stade-ci du cycle du marché, nous soutenons que les obligations d’État et de sociétés de qualité supérieure demeurent appropriées et constituent un puissant outil d’atténuation des risques, tandis que les obligations à rendement élevé (obligations de pacotille) n’offrent pas ce même avantage. La hausse des rendements obligataires fait partie des règles du jeu en cette fin de cycle du marché. La tendance s’inversera lorsque le cycle ralentira ou se terminera et que les prix des obligations de haute qualité augmenteront, ce qui favorisera les portefeuilles équilibrés qui n’abandonnent pas ces positions.

3. Investisseurs ayant des besoins de revenu immédiats (moins de trois ans)

Si vous avez besoin de revenus provenant de votre portefeuille pour répondre à vos besoins immédiats, constituez-vous un bon pécule en plaçant des sommes dans des instruments à court terme sûrs (comme le marché monétaire ou les CPG). Vous pourrez ainsi mieux supporter les faibles rendements obligataires et la volatilité globale des marchés financiers qui accompagnent habituellement les placements en fin de cycle. Ainsi, les actifs destinés à être utilisés plus tard (dans trois à cinq ans au moins) seront conservés dans un portefeuille diversifié comportant une certaine proportion d’actions. Si les actions montrent de la vigueur en fin de cycle, vous aurez prévu le coup et pourrez en profiter pour générer de la croissance pour votre portefeuille. Dans un contexte d’aversion pour le risque, vous pourrez compter sur vos positions en titres à revenu fixe de base. En fin de compte, vous bénéficiez d’une certaine souplesse pour l’avenir, car vous évitez de devoir exploiter l’une ou l’autre des catégories d’actifs à un moment désavantageux.

4. Tous les investisseurs

Peu importe votre profil d’investisseur, si vous pensez vraiment qu’il est approprié de vous déplacer vers un profil plus énergique du spectre de risque, allez-y progressivement et examinez dans quels cas vous prenez possiblement des risques excessifs. Un rajustement important de la composition de votre portefeuille, comme le passage des titres à revenu fixe aux actions, des titres canadiens aux titres étrangers, ou encore des obligations d’État et des obligations de bonne qualité aux obligations à rendement élevé, à rendement réel ou à taux variable, suppose un changement fondamental de votre horizon de placement ou de votre tolérance au risque. Demandez-vous si un tel changement s’est réellement produit.

Vous éviterez ainsi certaines des erreurs les plus courantes que font actuellement les investisseurs.

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Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.