Les gestionnaires de portefeuille de GLC examinent les fluctuations des marchés

Les marchés boursiers, qui étaient en forte hausse, ont commencé à fléchir à la fin de janvier et ont fait l’objet d’une liquidation massive le lundi 5 février 2018 en après-midi. On peut comprendre que les corrections rapides du marché puissent causer de l’anxiété, en particulier lorsque les bulletins de nouvelles font état de chiffres et de faits impressionnants. Bien qu’elles ne soient pas inhabituelles, les corrections du marché nous obligent tous à vérifier de nouveau les faits et les hypothèses concernant nos placements. Nous avons donc demandé à quelques-uns des gestionnaires de portefeuille en chef et au chef des stratégies de placement de GLC de nous faire part de leur opinion sur la récente liquidation survenue sur les marchés et de leurs réactions à la suite de celle-ci. Voici ce qu’ils avaient à dire :

Que pensez-vous de la liquidation qui s’est produite sur le marché?

Clayton Bittner, vice-président, Actions

Elle aurait dû survenir depuis longtemps et les gros titres faisant mention du « plongeon du marché boursier » ne tiennent absolument pas compte du contexte. Une année complète s’est écoulée sans un seul mois de résultats négatifs, sans parler du fait que le rendement de janvier était presque suffisant pour toute une année dans un marché type. Cela dit, mis à part le fait que ces ventes massives ont permis de calmer un peu l’effervescence sur un marché qui est devenu plutôt parabolique, elle ne signifie rien pour la santé générale de l’économie, qui reste bonne. Les bénéfices des entreprises se portent aussi plutôt bien grâce aux réductions d’impôts. En réalité, les mouvements des marchés dépendent des fondamentaux et de l’attitude des investisseurs, et ces derniers se sont beaucoup trop emballés. On le constatait depuis un certain temps en voyant la volatilité du bitcoin, l’envolée des actions d’entreprises de cannabis et, plus récemment, l’intérêt pour le marché de détail. Le marché a même passé outre à des bénéfices convenables, ce qui indique habituellement qu’il est allé trop loin.

Janet Salter, vice-présidente, Revenu fixe

Bien que la baisse d’un jour ait été impressionnante, il n’est pas rare que les marchés affichent des reculs importants après une remontée spectaculaire des rendements, comme celle que nous avons observée au cours des dernières semaines. Les marchés n’évoluent jamais en ligne droite. Je pense qu’on s’attendait à un certain recul, mais le moment et l’élément déclencheur étaient difficiles à prévoir. En ce qui concerne la liquidation de lundi après-midi, les rendements ont baissé en raison de l’aversion pour le risque, conjuguée à des signes d’une fuite classique vers les titres de bonne qualité qui s’est traduite par une hausse des bons du Trésor américain et de l’or.

Dylan Fricker, vice-président, Actions

C’est le marché obligataire, en particulier le recul des rendements, qui a provoqué les ventes massives. L’état d’esprit des investisseurs à court terme a changé du tout au tout, si bien que l’appât du gain a fait place à la peur. Je pense qu’une liquidation était souhaitable depuis longtemps. Les investisseurs étaient beaucoup trop confiants. Même si cette liquidation a entraîné une diminution des évaluations, elles sont encore élevées selon presque toutes les mesures (sauf peut-être par rapport au passé récent, car, justement, les évaluations étaient déjà beaucoup trop hautes). Au cours des derniers mois, les facteurs fondamentaux de l’économie et les bénéfices se sont améliorés, tandis que les évaluations ont connu le sort inverse. Le « risque » est donc devenu élevé et, par conséquent, nous considérons que la correction actuelle permet de ramener les évaluations des sociétés à des niveaux plus sains.

Que faites-vous dans les portefeuilles que vous gérez à la suite de cette liquidation?

Clayton Bittner

En ce qui concerne le positionnement, nous avons réduit le risque cyclique, car nous avons atteint un stade avancé du cycle du marché. Puisque la faiblesse a été dictée par les taux, les actions sensibles aux taux d’intérêt, comme les actions à dividendes, ont été les plus durement touchées. Nous nous sommes donc tournés vers celles-ci. Les actions du secteur des services aux collectivités et les sociétés de placement immobilier ont particulièrement été malmenées, comme toutes les actions assimilables à des obligations d’ailleurs. Elles pourraient continuer de l’être à court terme, le temps que la Fed procède à l’assainissement de son bilan et augmente ses taux; par conséquent, nous ne ressentons pas le besoin de précipiter les choses. Nous croyons que les actions à dividendes que nous détenons dans le portefeuille regagneront la faveur des investisseurs en raison du recul des actions cycliques. En attendant, nous achèterons pour le portefeuille des placements à rendement élevé à un prix de plus en plus bas par rapport à leur valeur réelle.

Janet Salter

Contrairement à ce qui s’est produit sur le marché boursier, lundi a été le premier jour où nous avons vu le marché obligataire du Canada réagir au fait que les investisseurs tournent le dos au risque (les taux sont redescendus). À mon avis, il est trop tôt pour déterminer si des rajustements à court terme doivent être apportés aux portefeuilles d’obligations que je gère. Les fluctuations du marché d’une journée n’indiquent pas une tendance. Comme toujours, nous suivons attentivement les marchés. Nous faisons preuve d’agilité et nous sommes prêts à tirer parti des occasions liées aux réévaluations sur le marché dans les principaux secteurs visés par notre stratégie à long terme pour le portefeuille. Quelle est cette stratégie à long terme? Le positionnement du portefeuille sur la courbe de rendement fait en sorte que nous utilisons une stratégie de concentration des échéances en prévision de l’accentuation de la courbe. Le portefeuille présente actuellement une duration plus courte que celle de l’indice et une surpondération en obligations de sociétés à court et à moyen terme.

Dylan Fricker

Comme je l’ai mentionné, rien ne presse puisque les évaluations sont encore élevées. Cependant, cela ne nous empêche pas de « magasiner ». Nous cherchons activement des points d’entrée intéressants pour nos titres préférés. Les circonstances rappellent aux investisseurs de revoir leur profil de risque, mais pas de renoncer complètement à leur programme.

Est-ce que cela change les perspectives de GLC à l’égard des marchés financiers pour 2018? 

Non. Nous avons admis que la politique monétaire accommodante avait joué un rôle important dans la hausse du marché et que, par conséquent, la remontée des taux devrait freiner les rendements boursiers. « Bien que nous puissions voir un certain changement en ce qui concerne les prévisions absolues, mes commentaires généraux sur le positionnement et la préférence pour les actions par rapport aux obligations n’ont pas changé. Nous considérons la faiblesse actuelle du marché boursier comme un repli sain et normal qui n’est pas du tout surprenant. » Brent Joyce, chef des stratégies de placement de GLC.

Pouvez-vous expliquer le contexte dans lequel ces fluctuations du marché se sont produites?

Les marchés boursiers enregistraient des gains spectaculaires depuis un certain temps. Le recul qui vient de se produire annule les gains réalisés pendant des jours et non des années. L’indice S&P 500 et l’indice composé S&P/TSX ont maintenant retrouvé les niveaux observés pour la dernière fois au début de décembre et à la mi-septembre 2017 respectivement. Il est bon de se rappeler que les niveaux actuels du marché étaient eux-mêmes des niveaux records il n’y a pas si longtemps. De plus, ce sont les marchés américains qui avaient progressé le plus rapidement, et ils figurent parmi ceux qui ont été les plus durement touchés lundi. L’indice S&P 500 des États-Unis a reculé de 4,1 % le lundi 5 février 2018, ce qui a effacé plus que les importants gains de janvier (en ramenant le rendement depuis le début de l’année à -0,9 %). En revanche, l’indice composé S&P/TSX du Canada n’a pas réagi autant lors de la liquidation de lundi. En effet, le repli d’une journée de l’indice de référence canadien a été limité à -1,7 %, mais, depuis le début de l’année, le rendement de l’indice est de -5,4 %.

J’ai entendu parler du rôle que jouent les FNB (c’est-à-dire la gestion passive) dans les corrections du marché. Qu’en est-il exactement? 

Quelques articles soulèvent la question des FNB et de leur rôle dans l’accélération des ventes massives en raison des algorithmes et des fonctions de négociation automatisées. Nous pensons que d’autres facteurs sont en cause, mais il s’agit d’une bonne occasion de nous rappeler ce que les FNB sont et ce qu’ils ne sont pas. Contrairement à un portefeuille géré activement, les fonds gérés de façon passive comme les FNB achètent et vendent le marché dans son ensemble, et ces achats et ces ventes sont généralement déclenchés par des facteurs précis plutôt que par l’évolution réelle de la conjoncture des marchés. Par conséquent, un FNB peut accélérer les ventes en perpétuant un effet boule de neige qui fait en sorte que des ventes en entraînent d’autres. Cette réaction en chaîne se produit sans égard au risque du portefeuille dans son ensemble et n’offre pas l’avantage d’une sélection active de positions qui peuvent protéger contre les baisses et offrir de meilleures occasions de gains lorsque les marchés sont à la hausse.

Que conseillez-vous aux investisseurs de faire?  

Les corrections du marché sont déstabilisantes, mais nous mettons les investisseurs en garde contre les réactions émotives qui les éloigneraient de leur programme de placement bien équilibré et élaboré selon leur tolérance au risque. De même, les équipes de gestion de portefeuille et de placements de GLC n’abandonnent pas leurs stratégies de placement mûrement réfléchies. Au contraire, elles leur sont d’autant plus précieuses pendant les périodes de volatilité qu’elles leur permettent de tirer parti des possibilités qui se présentent sur le marché.

Source : Bloomberg. Données au 5 février 2018. 

 

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Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.