Dans un horizon un peu plus éloigné, les rendements sont-ils susceptibles d’augmenter? (Oui, mais pas de beaucoup.)

Perspectives des marchés financiers de mi-année 2020 de GLC :

Il y a une possibilité que les rendements des obligations augmentent à long terme. Les rendements pourraient subir une pression à la hausse en raison de l’augmentation des déficits publics (avec la diminution des revenus) et des dépenses liées aux mesures d’encouragement fiscal et de relance budgétaire sans précédent. Toutefois, les pressions déflationnistes (faiblesse du prix des marchandises et ralentissement de l’activité économique) compenseront les pressions inflationnistes pendant la durée de notre horizon de prévision qui s’étend jusqu’en 2021.

Par ailleurs, plusieurs banques centrales, à commencer par la Réserve fédérale américaine (la Fed), discutent ouvertement de la possibilité de mettre en œuvre une stratégie de contrôle de la courbe de rendement afin de limiter les rendements obligataires à long terme si les marchés commencent à se soustraire à l’inflation ou à gonfler les déficits publics. Cette stratégie a été adoptée par la Fed pendant et après la Seconde guerre mondiale1 et est appliquée avec un certain succès par la Banque du Japon depuis la fin de 2016 (la stratégie demeure en vigueur à l’heure actuelle). La Banque de réserve d’Australie s’est récemment engagée dans cette même direction en raison de la crise de la COVID-19. 

Outre ces facteurs qui pourraient limiter les rendements obligataires, le niveau de la dette dans le monde est susceptible de restreindre les rendements des obligations souveraines et faire en sorte qu’ils demeurent bas pendant une période prolongée. L’économie mondiale lourdement endettée ne peut tout simplement pas faire face à une hausse marquée des rendements. Un tel scénario plomberait la croissance et ferait rapidement baisser les rendements. Cependant, un coût est associé à cela : nous ne considérons pas l’endettement sans conséquences comme un « laissez-passer » permettant aux gouvernements d’emprunter indéfiniment (comme certains pourraient le suggérer). Les conséquences de la faiblesse des rendements obligataires se répercutent sur les autres catégories d’actifs et sur la société dans son ensemble. Au-delà des contraintes pour les épargnants et les fonds de pension, les faibles rendements obligataires pèsent sur les taux de rendement des autres catégories d’actifs à long terme, comme en témoignent les rendements des obligations et des actions japonaises3 (le rendement total de l’indice des actions Tokyo Nikkei 225, en monnaie locale, pour la période de 1991-2019, est de 1,2 %; et depuis sa création en 1998, l’indice obligataire S&P Japan (qui comprend des obligations de l’État et de sociétés) a enregistré un taux de rendement annualisé de 1,6 % en monnaie locale). Ils peuvent aussi freiner les « esprits animaux » et la « destruction créative » si nécessaires à l’innovation, à l’entrepreneuriat et au progrès. Si l’expansion fiscale et monétaire soutient une consommation improductive, et que les flux de capitaux soutiennent des entreprises ou des industries « zombies »2, cela peut fausser des indicateurs utiles des prix du marché, entraîner une mauvaise affectation du capital et donc ralentir la croissance future. 

1. En 1942, la Réserve fédérale américaine, en collaboration avec le département du Trésor, a fixé la courbe de rendement américaine selon une tendance haussière, soit à 0,375 % pour le début de la courbe et à 2,5 % pour le segment à plus longue échéance. Les mesures de contrôle de la courbe de rendement se sont poursuivies jusqu’en février 1951, date à laquelle le dernier ancrage a été supprimé. 

2. Sociétés « zombies » : entreprises dont le coût du service de la dette est supérieur à leurs bénéfices et qui sont maintenues en activité à coup d’emprunts – aux États-Unis, ces sociétés représentaient moins de 5 % des entreprises avant 2009 alors qu’elles représentent aujourd’hui plus de 18 % des entreprises. Source : Datastream, Worldscope, DB Global Research via Axios. 

3. Le rendement total de l’indice des actions Tokyo Nikkei 225 est de 1,2 %, en monnaie locale, de 1991 à 2019; et depuis sa création en 1998, l’indice obligataire S&P Japan (qui comprend des obligations d’État et de sociétés) a enregistré un taux de rendement annualisé de 1,6 % en monnaie locale.

Perspectives des marchés financiers de mi-année 2020 de GLC :

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