Actions canadiennes

Nous avons une opinion neutre sur les actions canadiennes. En regard de l’indice, les actions canadiennes sont relativement bon marché et génèrent des attentes raisonnables en matière de croissance bénéficiaire (reportez-vous aux diagrammes Prévisions de croissance des bénéfices mondiaux, et Évaluations dans les marchés des actions mondiales). Le ratio C/B prévisionnel sur 12 mois se situe dans la moyenne des dix dernières années, alors que les ratios cours/flux de trésorerie et cours/valeur comptable sont tous deux légèrement en deçà de la moyenne sur dix ans. Le rendement des capitaux propres est en hausse et est actuellement d’un écart type au-dessus de la moyenne des dix dernières années. Sous la surface, les actions canadiennes ont toutefois fait les frais d’une certaine segmentation sectorielle. En effet, l’indice est généralement composé de trois groupes de secteurs : les secteurs coûteux, les secteurs fortement sous-évalués et les quelques secteurs affichant des données fondamentales mitigées.

Les scénarios de rendement de l’indice composé S&P/TSX sont fondés sur une croissance de 7 % du BPA en 2020, qui se traduirait par un bénéfice de l’indice de 1 138 $. Le scénario de référence de GLC est fondé sur un ratio implicite actuel de 16,5 donnant lieu à une hausse des cours de 10 % du 30 novembre 2019 à la fin 2020. La cible de l’indice S&P/TSX s’établit à 18 781 points.

Près du quart de l’indice S&P/TSX (23 %) se situe dans la partie coûteuse de la fourchette, dans les secteurs des services aux collectivités, de l’immobilier, des services de communication, des biens de consommation de base et des technologies de l’information. Parmi ces secteurs, ceux des services de communication et des biens de consommation de base sont composés d’entreprises solides affichant une robuste croissance des bénéfices et une stabilité qui appellent des niveaux d’évaluation élevés, et ce, depuis assez longtemps. Le secteur des technologies de l’information comporte une poignée de sociétés dont le sort est lié à leurs avantages concurrentiels uniques. Les secteurs des services aux collectivités et de l’immobilier ont bénéficié d’un contexte de rendement à la baisse et du grand nombre d’investisseurs adoptant une attitude défensive. Nous craignons que ces deux secteurs fassent les frais de la perte d’intérêt pour les secteurs défensifs, qui découlerait de l’amélioration de l’économie que nous prévoyons pour 2020. Heureusement, ces deux secteurs ne représentent que 9 % du marché.

Dans la catégorie des secteurs présentant des données fondamentales mitigées, on retrouve les secteurs des matériaux et de la consommation discrétionnaire, qui représentent un autre quart de l’indice (26 %). Le secteur des matériaux comporte deux volets : les sociétés aurifères ont affiché de bons résultats et ont bénéficié du contexte de rendement à la baisse et du mouvement vers les secteurs défensifs (comme l’immobilier et les services aux collectivités). Nous craignons toutefois que le cours de l’or pâtisse lorsque les investisseurs délaisseront les secteurs défensifs. En plus de l’or, le secteur des matériaux regroupe les sous-secteurs des produits forestiers et des métaux de base, qui répondraient tous deux positivement à notre scénario de base d’amélioration de l’économie en 2020. Les titres du secteur de l’industrie sont bon marché sous l’aspect du ratio cours/flux de trésorerie, mais plutôt coûteux sous l’aspect des bénéfices. Le secteur affiche toutefois une accélération de la croissance des bénéfices qui atténuent ces préoccupations. Le secteur des biens de consommation discrétionnaire (qui représente seulement 4 % de l’indice) regroupe quant à lui des évaluations variées se situant à des niveaux allant de raisonnable à légèrement dispendieux et présentant des rendements anémiques. Toutefois, parce que ce secteur présente une croissance des bénéfices supérieure à la moyenne et reprend en vitesse, il ne constitue pas une grande source d’inquiétude.

Du côté des bonnes nouvelles, les secteurs de la finance, de l’énergie et de la santé présentent des évaluations intéressantes, les deux premiers (constituant 49 % de l’indice) étant susceptibles de bénéficier de notre scénario d’amélioration de l’économie pour 2020.

Finance – Le secteur de la finance continue de pâtir des craintes liées à la perspective d’une récession et à l’endettement des entreprises et des ménages canadiens. Notre scénario d’amélioration de l’économie en 2020 permet toutefois d’éloigner ces perspectives de récession ou « d’heure de vérité » et le secteur devrait continuer à être soutenu par le marché de l’emploi canadien qui génère une croissance importante en matière d’emplois et de salaires. De plus, la croissance démographique robuste continue de soutenir les activités de prêt des banques canadiennes. Les banques (et les assureurs) bénéficieront d’une accentuation de la courbe de rendement et de rendements obligataires légèrement supérieurs. Nous n’attendons aucun exploit des titres du secteur canadien de la finance composant 33 % de l’indice : un ratio dividende/cours estimé de 4,5 % en 2020 et une appréciation additionnelle des prix de 5 à 7 % permettraient de générer un rendement global au-dessus de la barre des 10 %. Une appréciation de cet ordre est un objectif raisonnable compte tenu des évaluations actuellement sous la moyenne.

Énergie – Le secteur de l’énergie est extrêmement bon marché et d’aucuns craignent qu’il constitue un piège de la valeur classique. Ce secteur peut-il encore atteindre les niveaux des évaluations moyennes du passé? La confiance des investisseurs mondiaux plombe le secteur et beaucoup d’incertitude demeure à savoir si celui-ci a passé le point de non-retour quant aux préoccupations écologiques et aux pressions liées aux technologies des carburants de remplacement. Les grandes pétrolières occupent ainsi une position semblable à celle des grandes cigarettières dans les années 1980. Nous savons cependant que 30 ans plus tard, les sociétés productrices de tabac sont toujours là. Si tous les fumeurs abandonnaient immédiatement cette habitude, ces sociétés disparaîtraient et le monde (tel que nous le connaissons) ne changerait pas outre mesure. On ne peut pas en dire autant des sociétés du secteur de l’énergie – le monde continue à avoir besoin des énergies fossiles (la récente grève des employés du CN l’a rappelé à de nombreux Canadiens). La question est donc de savoir si les cours du secteur de l’énergie (qui sont très bas compte tenu du prix des marchandises) réagiront comme par le passé à un contexte de croissance. Tandis que les titres du secteur de l’énergie ne se négocient pas aux niveaux historiquement bas associés à des cours pétroliers en deçà de la barre des 30 $ (et les cours pétroliers atteignent actuellement deux fois ce prix), ils se négocient à des niveaux beaucoup plus bas que ceux dont nous avons été témoins au cours des quatre dernières années (reportez-vous au diagramme Prix du baril de pétrole brut WTI). Au cours de cette période, le secteur a connu trois hausses importantes et son rendement a évolué dans une fourchette de 20 % à 50 % pendant de nombreux mois, et non pas de nombreux trimestres. Nous croyons que le rapport risque/récompense est assez intéressant pour justifier une exposition à ce secteur.

Santé – En raison des vicissitudes de l’industrie du cannabis, la pondération pour ce secteur a été ramenée à 1 % (elle n’a jamais dépassé la barre des 3 %). Nous continuons de croire que les risques et l’incertitude propre à ce secteur ne justifient pas les occasions qu’il présente. Pour en apprendre davantage sur le sujet, consultez l’article Sous la loupe de GLC : La ruée vers l’or vert –Exploration de l’industrie canadienne du cannabis.

En résumé

Les actions canadiennes continuent de se négocier à un escompte par rapport à la valeur important comparativement aux actions américaines. La composition sectorielle risque de bénéficier d’un contexte caractérisé par une légère amélioration de la croissance mondiale et une atténuation de l’incertitude liée aux échanges commerciaux, notamment advenant la ratification d’une nouvelle ALENA. La possibilité de surrendement dépend largement du secteur de l’énergie, pour lequel les risques liés à l’incertitude et à la volatilité nécessitent une certaine prudence. En fonction de ces différents facteurs, nous conservons une opinion neutre et un scénario de base selon lequel l’indice composé S&P/TSX devrait connaître un rendement basé sur les cours de 7 %; en tenant compte d’un rendement en dividende estimé annuel de 3 %, nous prévoyons un rendement global de 10 % pour 2020.

Actions internationales

Nous avons une opinion neutre des actions de marchés développés de l’extérieur de l’Amérique du Nord, dont le rendement est couramment comparé à celui de l’indice MSCI Europe, Australasie et Extrême-Orient (indice MSCI EAEO). Nous conservons une perspective optimiste à l’égard des actions internationales. Dans l’ensemble, nous ne nous attendons pas à ce que les actions de l’EAEO surclassent les actions canadiennes et celles des marchés émergents. Toutefois, deux sujets brûlants en matière de géopolitique influencent nos perspectives pour les actions internationales en 2020.

  1. Tout relâchement des tensions commerciales est bénéfique aux actions EAEO (non seulement le relâchement des tensions entre les États-Unis et la Chine, mais aussi entre les États-Unis et le reste du monde). Nous croyons que les États-Unis souhaitent redéfinir leurs relations commerciales avec la plupart des pays du monde, et certainement avec la Chine et l’Europe, qui affichent les plus importants excédents commerciaux avec les États-Unis. Toutefois, parce que l’année 2020 est une année électorale, et que les entreprises et le public américains sont las des guerres commerciales, nous croyons qu’il serait nuisible à l’administration américaine actuelle d’accentuer les tensions commerciales au-delà du mois  de novembre 2020.
  2. La fin des préoccupations relatives au Brexit devrait aider à libérer les investissements des entreprises et leurs entraves. Ainsi, la situation est susceptible de provoquer une appréciation des devises européennes dont les titulaires d’actifs en euros et en livres sterling bénéficieraient (bien qu’une telle appréciation constitue un désavantage pour les sociétés européennes dont les bénéfices diminueraient en raison de la conversion des devises étrangères et d’exportations moins compétitives).

Le cours des actions EAEO est grandement influencé par des facteurs mondiaux, mais aussi par certains facteurs intérieurs, dont le plus important est le secteur financier. Nous entrevoyons une possibilité d’éclaircie pour ce secteur ayant connu des moments difficiles (le secteur conserve une pondération de 18,5 % au sein de l’indice EAEO et le cours des actions des banques européennes se situe à des niveaux 40 % moins élevés que ceux observés en 2015, alors ces titres se remettaient à peine de la crise bancaire européenne). La croissance économique européenne semble déjà atteindre un creux, mais les contextes de taux d’intérêt négatifs européens et japonais ont été particulièrement pénibles pour les prêteurs. Bien que les banques centrales européennes et japonaises (la BCE et la BDJ) continueront de faire sentir leur influence en 2020 pour que les taux demeurent négatifs, elles se préoccupent de plus en plus des conséquences négatives de ces politiques sur les secteurs bancaires. En fait, la BCE a déjà pris des mesures afin de donner un peu d’air au système bancaire en adoptant une structure de taux d’intérêt par catégories. Plus généralement, en raison des attentes à l’égard d’une amélioration des conditions de croissance économique, les cours obligataires mondiaux s’éloignent des niveaux atteints à la mi-2019, ce qui provoque une accentuation de la courbe de rendement dans plusieurs parties du globe – un autre événement bienvenu pour le secteur financier.

Passez à la section sur les actions des marchés émergents.

Tables des matières

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