Podcast : Huit raisons d’aimer les actions canadiennes

Notre invité est Brent Joyce, stratège en chef des investissements de GLC.

Webdiffusion audio (en anglais).

Bonjour. Je m’appelle Christine Wellenreiter, et je suis vice-présidente, Marketing et Communications au sein de GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée. Dans la baladodiffusion d’aujourd’hui, nous allons discuter avec le chef des stratégies de placement de GLC, M. Brent Joyce. Bonjour M. Joyce, je suis heureuse de vous avoir au bout du fil.

C’est un plaisir pour moi d’être à nouveau ici avec vous Mme Wellenreiter.

1.       M. Joyce, vous avez récemment rédigé un article énonçant les huit raisons d’aimer les actions canadiennes. Pourquoi aborder ce sujet maintenant?

Il y a d’abord le manque d’éclat des rendements au chapitre des actions canadiennes à ce jour pour l’année, à un peu plus de 2 %, surtout dans le contexte actuel où les gens entendent que les marchés boursiers américains ont établi des sommets records. Je dois vous dire que je perçois une certaine frustration à l’égard des actions canadiennes lorsque je discute avec nos clients. Ce qui me préoccupe, c’est que les gens n’ont pas un regard objectif sur l’état actuel des choses; ils ne regardent pas le rendement relatif récent de manière impartiale et à la lumière des fluctuations que nous avons vues du côté de la monnaie. À mon avis, tout cela mène à une vision exagérément pessimiste des actions canadiennes qui, je le crains, peut inciter les gens à prendre des décisions que je qualifierais de mauvaises. Ce pessimisme se manifeste également à travers les données que nous analysons à l’échelle du secteur des fonds de placement; jusqu’à maintenant cette année, nous assistons à un abandon des actions canadiennes par les investisseurs.

Je crois que les gens doivent étudier les faits tels qu’ils se présentent actuellement, garder le cap sur leurs objectifs à plus long terme et réfléchir plus longuement sur les occasions éventuelles plutôt que de s’apitoyer sur le passé récent. Et là, nous ne parlons que du passé récent. Les actions canadiennes ont produit parmi les meilleurs rendements en 2016. Lorsque nous prenons en considération la forte appréciation du dollar canadien, qui influe ultimement sur les rendements que les Canadiens voient sur leurs relevés, nous constatons que depuis janvier 2016, l’indice composé S&P/TSX, à savoir l’indice de référence, a produit de meilleurs résultats pour les investisseurs canadiens que l’indice S&P 500 ou encore l’indice de référence des actions internationales de MSCI, l’indice Europe, Asie et Extrême-Orient (MSCI EAEO). Il n’y a que les marchés émergents qui ont mieux fait que le Canada, et ce n’est qu’au cours des sept derniers mois. L’indice composé S&P/TSX a atteint un nouveau sommet en février et s’est alors hissé en première place parmi les quatre indices du marché élargi pour cette période. Voilà un bel exemple de perspective faussée.

Encore plus important, ce sont les occasions que nous voyons pour les actions canadiennes qui m’ont incité à écrire le billet qui vient de paraître.  

2.       Plutôt que de passer en revue une à une les huit raisons pour lesquelles les actions canadiennes présentent un attrait en ce moment, j’aimerais que nous discutions de quelques-uns des grands thèmes que vous avez soulignés dans l’article. Plus précisément, la valeur relative des actions canadiennes comparativement à d’autres options, comme les actions américaines par exemple. Puis, un autre grand thème, à savoir le rôle que joue la croissance mondiale dans le façonnement de vos perspectives pour les actions canadiennes.

Commençons d’abord par la valeur relative, c’est-à-dire, ce que vous obtenez pour le prix payé : comment trouvez-vous que le Canada s’en tire par rapport aux marchés comparables des pays développés, notamment le marché américain des actions?

L’argument en faveur du Canada sur la base de la valeur relative est plutôt simple et concret. Les taux de dividende des actions canadiennes sont plus intéressants que ceux des actions américaines. Le ratio dividende/cours de l’indice composé S&P/TSX est de 2,8 %.C’est 40 % de plus que le ratio dividende/cours de 2 % affiché par l’indice S&P 500.

Les actions canadiennes ont des cours raisonnables, et leurs évaluations sont attrayantes par rapport à celles des actions américaines. Les ratios cours/bénéfice prévisionnel et actuel sur douze mois de l’indice composé S&P/TSX sont bien en deçà de ceux de l’indice S&P 500. En fait, l’écart entre les deux est pratiquement le plus important depuis la crise financière (et exception faite de celle-ci, il correspond aux niveaux des écarts les plus importants des 15 dernières années). En nous appuyant sur ces évaluations plus faibles pour élaborer les scénarios de rendements des douze prochains mois pour les deux marchés, nous constatons un plus grand potentiel à la hausse pour le Canada. 

3.       Donc,  à la lumière de ce constat, pourquoi croyez-vous que le marché américain a aussi nettement surpassé le marché canadien au cours des trois premiers trimestres de 2017?

Il faut ultimement regarder du côté des types de sociétés cotées à la bourse qui composent l’indice. En somme, il s’agit de voir quels secteurs ont trouvé la faveur des investisseurs dernièrement comparativement aux secteurs laissés pour compte, et d’examiner les pondérations de ces secteurs au Canada. Les secteurs que cela a avantagés le plus cette année sont les technologies de l’information et la santé. Tous deux ont en effet connu un rendement exceptionnel, non seulement cette année, mais également au cours des trois dernières années. Malheureusement, l’exposition de l’indice composé S&P/TSX à ces deux secteurs combinés est de seulement 4 %. Or leur pondération est de près de 40 % pour l’indice S&P 500, ce qui explique une grande part de la contre-performance du marché canadien. Les conditions économiques sont constamment en mutation, et aucune tendance n’est appelée à perdurer. Les investisseurs doivent faire preuve de prudence lorsque certains titres deviennent trop populaires; c’est ce que nous appelons alors une similarité des positions. Les secteurs des technologies de l’information et de la santé affichent une telle similarité des positions, ce qui peut devenir néfaste lorsque le vent tourne.

4.       D’accord, parlons maintenant de croissance mondiale. Dans l’article, vous avez exposé votre argumentaire pour les actions canadiennes, notamment compte tenu de ce qui les unit aux perspectives de croissance mondiale, et vous l’avez fait en adoptant une multitude de points de vue intéressants. Les perspectives de croissance mondiale nous paraissent plutôt bonnes en ce moment. Dites-moi comment vous percevez l’actuel tableau de croissance mondiale en ce qu’il alimente vos perspectives optimistes pour les actions canadiennes,  puis expliquez-moi vos mêmes perspectives optimistes pour les actions canadiennes par rapport à d’autres marchés.

Lorsque nous examinons les données, nous voyons de nombreux autres indicateurs qui pointent vers d’excellentes conditions économiques. Ces conditions favorables sont mondiales; c’est ce que nous appelons une croissance mondiale synchronisée. Les mesures prévisionnelles de l’activité économique mondiale, comme les enquêtes auprès des directeurs d’achat, les grands indicateurs économiques et les sondages sur la confiance des consommateurs et des investisseurs, envoient toutes le signal d’une croissance à venir. Mentionnons que, pour la première fois depuis 2007, aucun des 35 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe à la fois des économies développées et des économies en développement, n’est en récession. Il est également estimé qu’environ les deux tiers de ces 35 pays verront une accélération de leur croissance. Cette proportion ne paraît peut-être pas grande, mais une telle synchronisation de la croissance mondiale est rare. Il ne s’en est pas produit depuis 2007, et les dernières occurrences avant cela remontent au début des années 1970 et à la fin des années 1980. Toutes les fois où une telle croissance a eu lieu dans le passé, le marché boursier canadien a alors profité d’un rendement solide.

Ce contexte devrait être favorable aux cours des marchandises et s’accompagner d’une hausse des taux d’intérêt. Revenons maintenant aux pondérations des secteurs canadiens mentionnées auparavant. Ce qui retient les actions canadiennes est précisément la chose qui, je crois, transformera un vent de tête en vent arrière.

Les pondérations sectorielles de l’indice composé S&P/TSX sont fortement axées sur les secteurs à croissance cyclique et tendent à donner de bons résultats pendant les périodes d’expansion économique mondiale, quand tant les taux d’intérêt que les prix des marchandises sont à la hausse. Il faut se rappeler que notre exposition aux secteurs des technologies de l’information et de la santé s’établit à 4 % seulement, tandis que notre exposition au secteur de la finance, le plus fortement pondéré, s’élève à 34 %; or, les banques et les assureurs profitent généralement de taux d’intérêt plus élevés. Au chapitre des marchandises, nous avons une exposition à l’énergie de l’ordre de 20 %, et une exposition aux matériaux, aux métaux et aux mines s’établissant à 12 %.

Les entreprises œuvrant dans ces secteurs sont présentes dans d’autres marchés également, mais dans une moindre mesure. À titre d’illustration, l’exposition de l’indice composé S&P/TSX à la hausse des taux d’intérêt et à la demande accrue de marchandises est 20 % plus forte que dans tout autre marché développé.

Notre marché n’est toutefois pas le seul qui profite d’une telle synchronisation de la croissance mondiale. Lorsque nous regardons les marchés émergents, par exemple, nous constatons qu’ils sont trop endettés dans ce contexte de croissance économique mondiale et nous y voyons une importante rupture. Depuis le printemps 2017, les marchés émergents qui évoluaient de près avec les actions canadiennes ont continué de faire bonne figure, tandis que les actions canadiennes ont bifurqué. Il s’est alors creusé un écart de plus de 12 % entre la façon dont les marchés émergents et les actions canadiennes se comportent dans le contexte de la croissance économique mondiale. De telles divergences ne durent pas éternellement sur le marché, et nous nous attendons à ce que le Canada rattrape du terrain et réduise l’écart.

5.       M. Joyce, je perçois dans votre enthousiasme que vous avez une vision plutôt haussière des actions canadiennes et ce, comme nous venons de l’entendre, pour une foule de bonnes raisons. Soyons clairs, vous ne dites pas aux gens d’abandonner l’idée d’avoir un portefeuille diversifié, composé d’une variété de catégories d’actif et de régions.

Non, absolument pas. Il s’agit de gérer ses émotions et comportements, à la lumière des récents événements, et de ne pas laisser les émotions embrouiller son jugement à l’avenir. Les résultats peu reluisants des actions canadiennes ont certainement mis la patience des investisseurs à rude épreuve. Par contre, si on se tourne vers l’avenir pour entrevoir d’où pourraient provenir les gains de demain, on constate que ces mêmes actions sont bien positionnées pour la croissance.

Si, comme investisseur, vous aimez acheter des titres qui ont vu leur cours baisser pour rééquilibrer votre portefeuille, nous croyons que vous devriez envisager les actions canadiennes. Les actions canadiennes ont reculé de 6,1 % de février à la fin d’août 2017. Le rendement de près de 3 % en septembre affiché par l’indice composé S&P/TSX corrobore notre opinion et reflète un changement d’attitude pour le mieux envers les actions canadiennes.

Nous encourageons surtout les investisseurs à éviter de baser leurs décisions sur le rendement passé. Comme les prix des avoirs ont fluctué, les portefeuilles équilibrés ne devraient pas s’éloigner de leur position de base; en outre, leur composition pourrait devoir être revue pour que les titres ayant connu une contre-performance y soient rééquilibrés.

Voilà de bons conseils! Merci M. Joyce. Vous avez soulevé de judicieux points de réflexion pour les investisseurs qui sont à revoir leurs programmes de placement à long terme. Où doivent se tourner les investisseurs qui souhaitent faire une lecture approfondie des huit raisons pour lesquelles vous estimez que les actions canadiennes font belle figure?

(Site Web et page LinkedIn de GLC. La plus récente publication de GLC, intitulée Huit raisons pour aimer les actions canadiennes selon GLC)

M. Joyce, j’ai bien hâte de discuter à nouveau avec vous de vos impressions des événements et conditions des marchés.

© GLC, 2017. Vous ne pouvez ni reproduire, ni distribuer, ni utiliser autrement toute partie du présent article sans l’autorisation écrite préalable de GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée.

Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.