Profiter du marché haussier qui tire à sa fin aux États-Unis

Une courbe de rendement inversée, une économie prête à redécoller en cette année du Cochon et un marché haussier qui tire à sa fin : Trois grands thèmes actuels du marché, les conclusions qu’il faut en tirer et les mesures à prendre.

Partie 3 : Profiter du marché haussier qui tire à sa fin aux États-Unis

Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini!

Si cela n’est pas fait, nous vous suggérons de commencer par la lecture
de la partie 1 - La courbe de rendement inversée ou la partie 2 - Une année chinoise placée sous le signe du Cochon.  

Pour voir le rapport complet, avec la totalité de ses sections, tableaux et diagrammes, veuillez consulter le document PDF ci-joint, figurant à la fin de cet article. Toutes les données sont en date du 15 avril 2019.

Si vous le souhaitez, vous pouvez également écouter un balado au sujet de cet article (en anglais seulement). Une transcription audio en français est accessible en cliquant sur le lien « Afficher la transcription audio ».

Amin : Bonjour, ici Amin Barakat, vice-président chez GLC Groupe de gestion d’actifs.

Bienvenue au troisième et dernier volet d’une série de balados, où nous vous parlons de trois grands thèmes des marchés actuels, des conclusions à en tirer et des mesures à prendre. Ces thèmes sont la courbe de rendement inversée, les perspectives pour les économies américaine et chinoise et, sujet du présent balado, l’anatomie d’un marché haussier.

Avant de commencer, mentionnons qu’il est possible d’accéder à tous les balados de GLC dans notre site Web ou de s’y inscrire dans iTunes, Google Play ou Spotify, en cherchant « GLC Asset Management ». Si vous vous abonnez, vous obtiendrez les nouveaux épisodes automatiquement dès leur sortie.

J’aimerais accueillir notre invité, qui est avec nous pour les trois balados de la série : Brent Joyce, chef des stratégies de placement de GLC. 

Brent : Bonjour Amin, bien content d’être ici une fois de plus.

Amin : Brent, nous avons exprimé à plusieurs reprises notre impression d’être à la fin du présent cycle économique. Les investisseurs sont à l’affût de signes partout – notamment l’inversement de la courbe de rendement le mois dernier, les perspectives pour la Chine ou les nouvelles au sujet des échanges commerciaux mondiaux – pour savoir comment positionner leurs portefeuilles de façon optimale. Quels sages conseils aimeriez-vous offrir à quelqu’un qui tente de déchiffrer l’actuel contexte d’investissement?

Brent : Si vous décrivez par là une personne qui recherche des indices ou des signaux dans une optique de synchronisation des marchés, je la mettrais en garde contre cette stratégie. Il est déconseillé de se servir d’un seul signal pour tenter d’anticiper les mouvements des marchés. Une telle stratégie dépend de la prise de deux bonnes décisions : à quel moment sortir du marché et à quel moment y revenir. Les données empiriques indiquent que les investisseurs sont en proie à des émotions (avidité et peur) bien trop fortes pour permettre aux stratégies de synchronisation des marchés d’être fructueuses.

L’idée de cette série de balados est née après que nous avons constaté toute l’attention médiatique dont faisait l’objet la courbe de rendement inversée en mars. Nous voulions ainsi expliquer à nos investisseurs les trois éléments à considérer avant de céder à toute réaction irréfléchie et impulsive à l’égard de leurs portefeuilles de placements. Dans la première partie, nous discutons d’un certain nombre de considérations sur l’inversion de la courbe de rendement, pour conclure que le bref épisode d’inversion partielle dont nous avons été témoins récemment est davantage un effet de l’actuelle politique monétaire que le signe avant-coureur d’une récession. Nous soulignons que l’examen des cinq dernières fois où la courbe de rendement s’est inversée depuis 1978 nous indique qu’une moyenne de 21 mois a séparé la première inversion et le début de la récession. Puis, 16 mois et demi se sont écoulés en moyenne entre la première inversion et le sommet suivant de l’indice S&P 500, une période pendant laquelle l’indice a connu des gains moyens de 24 %.

Dans la deuxième partie, nous avons présenté un scénario où les économies américaine et chinoise verraient une meilleure croissance dans la seconde moitié de 2019, justifiant du coup les mouvements que nous voyons dans les marchés des actions et permettant aux rendements obligataires d’augmenter dans le deuxième semestre de l’année.

La combinaison de ces thèmes fait ressortir un contexte où nous ne croyons pas qu’il soit nécessaire de changer considérablement la direction d’un portefeuille équilibré bien conçu et adapté aux objectifs de placement, à l’horizon de placement et à la tolérance au risque de l’investisseur. Compte tenu de l’importance des risques et des incertitudes, les investisseurs dont l’horizon de placement est court (moins de 3 à 5 ans) et ceux qui ont besoin de capital à très court terme (ou sur une base récurrente) devraient voir à consacrer une partie correspondante de leur portefeuille à la trésorerie ou aux équivalents de trésorerie.

Amin : Donc, le marché boursier américain a réalisé des gains moyens de 24 % à la suite de l’inversion de la courbe de rendement. J’imagine que de nombreux investisseurs seraient étonnés d’apprendre que de vigoureux gains, parfois même une accélération du rendement, peuvent s’observer à la fin d’un marché haussier. 

Brent : Oui. En analysant les données comme nous l’avons fait, force est de reconnaître que les marchés des actions ont historiquement produit des gains massifs dans la première et la dernière années d’un marché haussier. Si nous nous reportons à 1949, nous remarquons que le gain moyen dans la première année était de 36 %; par la suite, quel que soit le nombre d’années, le gain annualisé moyen était de 13 %, puis dans la dernière année d’un marché haussier, le gain s’établissait en moyenne à 20 %! Nous ne sommes certainement pas dans la première année d’un marché haussier. Nous nous trouvons plutôt en territoire inconnu pour le présent marché haussier de l’indice S&P 500, confortablement installé dans sa dixième année. Nous savons par contre que le gain pour la première année, du 9 mars 2009 au 9 mars 2010, a franchi le cap faramineux des 69 %. Pour vous mettre en contexte, ce rendement est survenu immédiatement après une saignée de l’ordre de 56 %. Nous savons également où nous nous sommes situés dans l’intervalle, soit au-dessous de la moyenne de 13 % : le rendement annuel composé de l’indice S&P 500 s’est établi à 11 % de mars 2010 à mars 2019. Le problème, c’est que nous ignorons à combien se chiffrera le rendement de la dernière année et à quel moment cette dernière année aura lieu.

Amin : Effectivement, mais nous avons vu à quel point la synchronisation des marchés peut être un exercice difficile et comment les risques associés à une sortie du marché influent autant sur le bien-être financier des clients que les risques d’investir dans le marché. Vous illustrez de manière percutante l’importance de fonder ses décisions quant à la composition des placements sur les plans à long terme plutôt que sur le flot incessant de données économiques et de manchettes.

Brent : Voilà qui est exact Amin. Nous n’avons pas recours à des dates arbitraires ni à de supposés signaux des marchés. Nous misons plutôt sur les données et les preuves à notre disposition. Notre approche consiste à prendre en considération tous les éléments de preuve, à bien les comprendre et à les examiner objectivement; il ne s’agit pas d’isoler un ou deux prétendus signaux pour guider notre prise de décisions. Notre méthode nous amène à conclure qu’une position neutre est de mise à présent. Le maintien d’une position neutre pour les actions et les titres à revenu fixe (selon les proportions qui concordent avec votre tolérance au risque et votre horizon de placement) vous permettra de bien prendre en compte les occasions et les risques que présente le marché actuel compte tenu de la conjoncture.

Amin : Merci Brent. Les trois parties de cette série de balados portant sur les grands thèmes des marchés actuels, d’abord la courbe de rendement inversée, suivie des perspectives pour la Chine et les États-Unis et enfin l’anatomie d’un marché haussier, nous ont offert une perspective plus large des sujets incontournables avec lesquels les investisseurs tentent de composer dans la gestion de leurs programmes de placements.  

Nous avons bien hâte d’en apprendre plus à l’occasion de notre prochain balado.

Pour ceux qui seraient tentés de voir dans la courbe de rendement inversé l’indication d’alléger ou de liquider leurs placements en actions, nous nous devons de faire valoir les véritables coûts d’opportunité associés au fait de laisser tomber les actions aux premiers signes d’une inversion de la courbe de rendement.

Habituellement, les actions enregistrent des rendements supérieurs à la moyenne pendant plusieurs mois après la première inversion de la courbe de rendement (diagramme 3.1).

3.1 │Rendement de l’indice S&P 500 après une inversion de la courbe de rendement

Les rendements demeurent généralement solides pendant des mois après les inversions de la courbe de rendement.

Tableau illustrant les chiffres associés à des inversions précédentes de la courbe de rendement et montrant leur lien avec les sommets de l’indice S&P et les débuts de récession.

Après un examen détaillé des données du diagramme 1, les investisseurs devraient plutôt voir d’un bon œil les inversions de la courbe de rendement.

Par ailleurs, même si nous soutenons depuis plus d’un an que les risques augmentent en raison de la longueur de l’expansion actuelle, il est aussi vrai que les marchés boursiers enregistrent habituellement des gains exceptionnels (diagramme 3.2) dans un contexte de marchés haussiers qui tirent à leur fin.

3.2 │Anatomie d’un marché haussier

Habituellement, les marchés boursiers enregistrent des gains exceptionnels au début et à la fin des marchés haussiers.

Graphique illustrant les distributions de rendement de l’indice S&P 500 lors d’un marché haussier depuis la Deuxième Guerre mondiale. Indique que les rendements de l’actuel marché haussier sont plus élevés dans la première année et légèrement plus bas dans la période intermédiaire.

En résumé :

Compte tenu de ces observations historiques jumelées à des considérations fondamentales, nous estimons que le récent signal envoyé par la courbe de rendement s’avère être une fausse alerte – ce que nous expliquons en détail dans la partie 1 de notre série « Trois grands thèmes du marché » :
La courbe de rendement inversée. Par ailleurs, les éléments de preuve que nous présentons dans la partie 2 de notre série « Trois grands thèmes du marché » : Une année chinoise placée sous le signe du Cochon nous permettent d’expliquer l’affaiblissement des données économiques récemment observé mondialement et les raisons qui motivent nos perspectives positives pour la Chine et les États-Unis. Nous concluons donc que l’inversion éphémère de la courbe de rendement qui s’est produite à la fin de mars ne constitue pas une raison suffisante pour laisser tomber les marchés boursiers.

Mise en pratique :

Il ne faut pas laisser tomber vos placements en actions adaptés au risque en ce moment. Autrement dit, moins vous êtes sensible à la volatilité du marché et plus votre horizon de placement est long avant de devoir tirer un revenu de vos placements, plus la pondération en actions de votre portefeuille devrait être élevée. Les investisseurs dont l’horizon de placement est plus court (moins de trois à cinq ans) ou ceux qui sont soumis à des exigences particulières en matière de capital à court terme (ou récurrents) devraient s’assurer d’avoir des placements en trésorerie et en équivalents de trésorerie pour satisfaire à leurs besoins à court terme. Cela vous permettra de correctement prendre en compte les occasions et les risques que présente le marché actuel compte tenu de la conjoncture.

© GLC, 2019. Vous ne pouvez ni reproduire, ni distribuer, ni utiliser autrement toute partie du présent article sans l’autorisation écrite préalable de GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée.

Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.