Quatre grands mythes de l’investissement responsable

L’investissement responsable a de plus en plus la cote. Mais peut-on concilier la morale et l’argent? La réponse : Oui!

Les investisseurs institutionnels n’ont pas à sacrifier le rendement pour trouver une façon significative de contribuer à un environnement durable et de promouvoir des changements sociaux positifs dans les collectivités et les entreprises.

Dans cet article, nous déboulonnons les mythes les plus courants au sujet de l’investissement responsable.

Mythe no 1 - L’investissement responsable signifie qu’on accepte des rendements inférieurs  

C’est faux. Il est démontré qu’une approche d’investissement responsable robuste peut être source de valeur ajoutée lorsqu’elle s’inscrit dans un processus de placement rigoureux.

Autrement dit, l’ajout de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) aux efforts de recherche et d’analyse visant les actions et obligations enrichit les connaissances du gestionnaire de portefeuille. En effet, il saisit mieux les risques et possibilités de la société et, ultimement, sa valeur à long terme pour les actionnaires. Bref, une société qui décide d’accorder une plus grande attention à la réduction de son impact environnemental, à l’amélioration de ses politiques relatives aux questions sociétales et à l’application de politiques et de pratiques de bonne gouvernance peut en réalité augmenter sa valeur actionnariale.

Chez GLC Groupe de gestion d’actifs, nous avons intégré les facteurs ESG à nos processus de placement existants afin de pouvoir évaluer plus à fond les risques et possibilités devant lesquels se trouvent les sociétés. Nous estimons que cela accroît le potentiel de majoration des rendements à long terme.

Des recherches indépendantes abondent dans le même sens. Selon une étude de l’Université Carleton (en anglais seulement), les fonds communs de placement socialement responsables du Canada avaient surclassé leurs indices de référence respectifs dans 63 % des cas, en plus d’offrir de meilleures caractéristiques de risque.

Qu’est-ce qu’un facteur ESG?

Facteurs environne-mentaux

Facteurs sociaux

Facteurs de gouvernance d’entreprise

Émissions de carbone

Changements climatiques

Protection des habitats

Consommation énergétique

Gestion des déchets et du recyclage

Gestion de l’eau

Relations avec la collectivité

Questions de diversité

Relations avec les employés

Santé et sécurité

Droits de la personne

Responsabilité
relative aux produits

Structure du conseil d’administration

Corruption

Cumul des fonctions de chef de la direction et de président du conseil
d’administration

Rémunération des hauts dirigeants

Droits des actionnaires

Mythe no 2 - L’investissement responsable nous fait perdre les avantages de la diversification

Encore une fois, c’est faux. Bien que certains fonds suivent une approche voulant qu’ils excluent les titres de certaines industries, comme le tabac, l’armement ou la pornographie (ce qu’on appelle des fonds d’investissement socialement responsable), un nombre croissant d’options de placement suivent plutôt une approche d’investissement responsable intégré, sans exclure de secteurs précis. En lieu et place, le gestionnaire de portefeuille intègre les risques et occasions ESG à l’analyse fondamentale d’ensemble de la société. Les risques et efforts ESG de la société, tant absolus que relatifs, sont évalués par rapport à ceux des pairs du secteur et de l’industrie. Il s’ensuit que le portefeuille pourrait encore comporter des avoirs du secteur de l’énergie, mais qu’il s’agira généralement de sociétés ayant de meilleures cotes ESG, donc faisant montre de pratiques exemplaires pour l’industrie.

Tous les gestionnaires de portefeuille de GLC ont accès à de la recherche spécialisée sur les facteurs ESG et aux cotes obtenues en la matière par les divers titres. Cette information provient de ressources internes spécialisées (notamment un analyste, ESG), ainsi que des services d’un tiers, chef de file mondial de l’investissement responsable. Les facteurs ESG sont pris en compte dans chacun des portefeuilles de GLC, dont les portefeuilles de catégories d’actif non classiques et les fonds de répartition de l’actif, des fonds spécialisés dont les gestionnaires suivent une approche structurée d’investissement responsable.

Mythe no 3 - L’investissement responsable ne fait aucune différence  

L’argent a du poids. La sélection des titres n’est pas la seule façon dont les gestionnaires d’actifs influent sur le sort des sociétés. Les votes par procuration et l’engagement des actionnaires incitent de plus en plus les dirigeants des entreprises à apporter des changements positifs, à diffuser leurs politiques et leurs gestes relativement aux facteurs ESG, ainsi qu’à se montrer plus sensibles aux conséquences environnementales et sociales de leurs stratégies.

Dans la plupart des sociétés cotées en bourse, les intérêts des actionnaires comptent pour beaucoup. Les gestionnaires d’actifs qui suivent les Principes pour l’investissement responsable de l’Organisation des Nations Unies (UN PRI) ou encore les normes de l’Association pour l’investissement responsable (AIR) du Canada, par exemple, se prononcent généralement sur le sérieux des facteurs ESG. 

C’est là une différence clé entre beaucoup de fonds négociés en bourse et les fonds de placement à gestion passive. Ces derniers vous vaudront généralement des frais inférieurs, soit. Par contre, ils vous font passer à côté d’une gestion active des actifs où les facteurs ESG sont pris en compte pour investir votre argent. Avec un fonds indiciel passif, vous obtenez généralement les « mauvaises » sociétés avec les « bonnes », sans prise de décisions actives relativement au vote par procuration et aux possibilités d’engagement en vue de susciter des changements positifs.

Approches d’investissement responsable

Le principal obstacle est la confusion qui règne chez les investisseurs quant à ce qui distingue une approche d’investissement responsable intégré d’une stratégie d’investissement socialement responsable avec filtres d’exclusion, voire de la dernière tendance, l’investissement à impact social (parfois appelé « investissement thématique »). Ces approches distinctes d’élaboration de portefeuille font intervenir les facteurs ESG différemment dans la sélection ou l’exclusion de titres pour composer le portefeuille. 

Stratégies d’investissement socialement responsable (ISR) avec filtres d’exclusion :

  • Excluent des industries entières en fonction de valeurs ou de convictions
  • Excluent souvent les « mauvais secteurs », soit le tabac, l’alcool, la pornographie et l’armement
  • Peuvent être difficiles à mettre en place à grande échelle en raison des différences entre les échelles de valeurs des investisseurs  

Investissement responsable intégré :

  • Intègre les facteurs de risque ESG dans l’analyse des placements, à titre de facteur qualitatif
  • Peut être mis en application dans toutes les catégories d’actif
  • Est assujetti aux politiques internes de chaque gestionnaire d’actifs  

Investissement à impact social / investissement thématique :

  • Cherche à atteindre certains objectifs sociaux ou environnementaux en plus d’un objectif d’ordre financier
  • Peut s’entendre de fonds visant des objectifs ESG précis, p. ex. la rareté de l’eau, la diversité des genres parmi les dirigeants, l’énergie renouvelable, etc.
  • Encore considéré comme un type d’investissement spécialisé, avec des actifs relativement limités

Une approche d’investissement responsable intégré peut englober toutes les catégories d’actif. Les clients qui désirent exclure les titres de secteurs particuliers jugés immoraux ou qui visent un objectif sociétal précis devraient plutôt se tourner vers un fonds d’ISR à l’approche reposant sur les filtres d’exclusion ou vers un fonds d’investissement à impact s’harmonisant avec leurs objectifs.

Mythe no 4 - L’investissement responsable est une mode passagère

Les stratégies de placement axées sur la valeur et celles ayant recours à certains filtres d’exclusion existent aussi depuis des dizaines d’années. GLC a été parmi les premières sociétés à adopter de telles stratégies, bien avant leur récente vague de popularité. En effet, nos stratégies de portefeuille Actions canadiennes socialement responsable et Obligations socialement responsable existent depuis 19 ans et 12 ans respectivement et satisfont aux besoins d’investisseurs institutionnels sélectifs en leur offrant des rendements bruts annualisés se situant fréquemment au-dessus de l’indice de référence selon un horizon à long terme.

En plus d’offrir des portefeuilles d’investissement socialement responsable reposant sur l’exclusion de certains types d’avoirs, nous de GLC considérons l’intégration des facteurs ESG à l’analyse des placements comme un outil clé pour nous acquitter de notre responsabilité fiduciaire dans le cadre de tous nos portefeuilles. En 2016, nous avons officialisé l’intégration de l’investissement responsable et des facteurs ESG dans tous les portefeuilles de GLC – c’est d’ailleurs un engagement durable de notre part. Forts de notre rôle de gestionnaire d’actifs canadien au service de clients individuels, collectifs et institutionnels, nous croyons que l’approche de placement disciplinée que nous suivons dans le respect des principes de l’investissement responsable fait partie intégrante de nos processus de placement rigoureux et éprouvés.

Faire le bien, ça fait du bien

Selon le dernier sondage mené par l’AIR auprès des investisseurs canadiens, un pourcentage impressionnant d’entre eux (77 %) veulent que leurs placements favorisent davantage les facteurs ESG. Pourquoi alors n’y a-t-il pas plus de gens investissant auprès de gestionnaires d’actifs munis d’une stratégie d’investissement responsable? Cela s’explique par des mythes coriaces et un manque d’information à ce sujet.

Les gestionnaires d’actifs qui incorporent des stratégies d’investissement responsable à leurs processus de placement rigoureux existants ouvrent la voie vers un système financier mondial plus durable. En attaquant de front les mythes qui perdurent et en offrant aux investisseurs de l’information claire sur les diverses approches d’investissement responsable, nous faisons notre part pour qu’ils en viennent à rechercher les gestionnaires de placement intégrant les facteurs ESG à leurs processus de placement rigoureux et offrant une gestion active de portefeuille.

Faire le bien, ça fait du bien, n’est-ce pas? Vous pouvez appliquer ce même principe à votre stratégie de placement à long terme. D’ailleurs, tous les gestionnaires d’actifs devraient s’en inspirer pour offrir une valeur ajoutée aux investisseurs, en plus de chercher à leur procurer de bons rendements en fonction du risque.

© GLC, 2019. Vous ne pouvez ni reproduire, ni distribuer, ni utiliser autrement toute partie du présent article sans l’autorisation écrite préalable de GLC Groupe de gestion d’actifs Ltée.

Ces commentaires sont l’expression de l’opinion de GLC à la date de leur publication et sont susceptibles d’être modifiés sans préavis. De plus, rien ne garantit que les tendances décrites dans ce document se maintiendront ou que les prévisions se réaliseront, parce que les conditions de l’économie et des marchés changent fréquemment. Ce document représente une source d’information d’ordre général et n’a pas pour but d’inciter le lecteur à acheter ou à vendre des placements spécifiques, ni de fournir des conseils juridiques ou fiscaux. Avant de prendre une décision de placement, les investisseurs potentiels devraient passer en revue avec soin tous les documents de placement pertinents et demander l’avis de leur conseiller.